
La voix de la jeunesse djiboutienne résonne cette semaine à Addis-Abeba, à l’occasion de la quatorzième Conférence sur le Changement Climatique et le Développement en Afrique (CCDA-XIV), qui se tient du 7 au 9 septembre 2026 au siège de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (UNECA). Parmi les participants à cette importante rencontre continentale figure Ahmed Mogola, Président du Mouvement de la Jeunesse Unie et Indivisible et coordinateur de la PACJA à Djibouti, qui prend part aux échanges consacrés à l’avenir climatique de l’Afrique.

Placée sous le thème « Des engagements à la mise en œuvre : la Feuille de route Belém-Antalya-Addis », la CCDA-XIV réunit décideurs, organisations de la société civile, représentants de la jeunesse, experts et partenaires techniques autour d’un objectif majeur : transformer les engagements climatiques en actions concrètes.
Organisée avec la participation de la Commission de l’Union africaine, de l’UNECA, de la Banque africaine de développement, d’Afreximbank et de l’Alliance panafricaine pour la justice climatique (PACJA), cette conférence constitue une plateforme stratégique pour faire avancer les priorités africaines en matière de changement climatique et de développement durable.
Au cœur des discussions figurent notamment les contributions déterminées au niveau national de nouvelle génération (CDN 3.0), les plans nationaux d’adaptation ainsi que la mise en œuvre de l’Article 6 de l’Accord de Paris. Autant de dossiers qui placent les pays africains face à la nécessité de passer d’une logique d’engagement à une véritable dynamique d’action.
La transition juste au cœur du plaidoyer djiboutien
Dans son intervention, Ahmed Mogola a mis en avant les opportunités offertes par la transition énergétique pour les pays africains, en prenant l’exemple de Djibouti et de son important potentiel éolien. Pour lui, le développement des énergies renouvelables représente non seulement une réponse aux défis climatiques, mais également une opportunité de créer de nouvelles perspectives économiques et professionnelles pour les jeunes. Cette transition, a-t-il souligné, ne pourra toutefois être durable que si elle s’accompagne d’un investissement conséquent dans les compétences et dans l’entrepreneuriat. La formation technique, le développement de l’entrepreneuriat vert et la participation citoyenne des jeunes doivent ainsi occuper une place centrale dans les politiques climatiques. Le plaidoyer d’Ahmed Mogola rejoint ainsi une préoccupation devenue incontournable à l’échelle du continent : faire de la jeunesse non pas une simple bénéficiaire des politiques climatiques, mais un acteur à part entière de leur conception et de leur mise en œuvre.
Avec une population africaine particulièrement jeune, le continent dispose d’un formidable potentiel humain pour accélérer sa transformation écologique. Encore faut-il offrir aux nouvelles générations les compétences, les outils et les opportunités nécessaires pour prendre part à cette mutation.
Financement, technologie et participation des communautés
Au-delà de la mobilisation de la jeunesse, le coordinateur de la PACJA à Djibouti a insisté sur les conditions nécessaires à la réussite d’une transition véritablement juste. Il a notamment plaidé pour des financements climatiques suffisants et prévisibles, des transferts de technologies adaptés aux réalités africaines et des politiques plus inclusives.
Pour les pays africains, l’enjeu ne consiste pas uniquement à adopter des engagements ambitieux, mais à disposer des moyens nécessaires pour les concrétiser.
Les contraintes financières, technologiques et institutionnelles continuent en effet de peser sur la capacité de nombreux États à renforcer leur résilience face aux effets du changement climatique.
Dans cette perspective, la justice climatique implique également de placer les communautés locales au centre des décisions. Les populations directement confrontées aux conséquences du dérèglement climatique doivent pouvoir participer à l’élaboration des solutions qui concernent leur avenir.
La participation d’Ahmed Mogola à la CCDA-XIV traduit ainsi la volonté de faire entendre une perspective djiboutienne dans les débats africains sur le climat, tout en portant une attention particulière au rôle de la jeunesse et de la société civile.
À Addis-Abeba, le message porté est clair : l’Afrique doit désormais accélérer le passage des engagements aux réalisations. Pour Ahmed Mogola, cette transformation ne pourra être pleinement réussie qu’en associant investissements, innovation, formation, financement climatique et participation citoyenne.
La transition juste apparaît dès lors comme un impératif autant environnemental qu’économique et social. Et dans cette dynamique, la jeunesse africaine entend prendre toute sa place, comme force de proposition, d’innovation et d’action pour construire une Afrique plus résiliente et durable.










































