
« Notre jeunesse doit pouvoir considérer le sport comme une véritable possibilité de carrière » Souleiman Hassan Waberi
Dans cette interview, le président de la Fédération de Football, M. Souleiman Hassan Waberi répond aux critiques bilan, tout en dressant le bilan et dévoilant les perspectives du football djiboutien.
La Nation : Nous vous remercions d’abord, Monsieur le Président, pour cette interview que vous avez bien voulu nous accorder Comme vous le savez, votre nom est depuis plusieurs jours au centre d’une vive polémique sur les réseaux sociaux. Quelle a été votre première réaction en découvrant ces publications et comment les avez-vous perçues?
Souleiman Hassan Waberie : Ma première réaction a été de rester serein. Depuis mon élection à la présidence de la Fédération Djiboutienne de Football en septembre 2012, j’ai toujours considéré que l’exercice de responsabilités impliquait d’accepter la critique. Je respecte la liberté d’expression et le droit de chacun de porter un regard critique sur notre action. En revanche, il faut distinguer une critique ou une opinion, qui est parfaitement légitime, d’une accusation factuelle, qui doit être étayée par des faits. Je ne souhaite pas entrer dans des polémiques personnelles. Je préfère répondre par les faits, les documents et le bilan du travail réalisé depuis 2012. La FDF est une institution. Elle dispose de Statuts, d’organes élus, d’un Comité Exécutif, d’une Assemblée générale, de règlements et de mécanismes de contrôle.
La Nation : Que répondez-vous à ceux qui parlent d’un échec du football djiboutien ou d’un « football qui se meurt » ?
SHW : Je respecte les opinions et les critiques, mais je ne partage absolument pas cette affirmation.
Je ne prétends pas pour autant que le football djiboutien a atteint le niveau auquel nous aspirons. Nous avons encore beaucoup de travail, notamment concernant les performances de notre équipe nationale et le niveau de notre championnat.
Mais pour porter un jugement objectif, il faut comparer la situation du football djiboutien en 2012 avec celle d’aujourd’hui. Nous avons développé les compétitions masculines et féminines, les catégories de jeunes, le football scolaire, le futsal, le beach soccer et le football dans les régions.
Nous avons formé plus de 1 200 entraîneurs, de la Licence D jusqu’à la Licence A, et développé la formation des arbitres, des administrateurs, du personnel médical et des responsables de sécurité. Nous avons créé des départements spécialisés, développé les infrastructures, construit un nouveau siège et créé l’Académie nationale d’excellence de Douda.
On peut légitimement discuter de nos résultats et souligner nos insuffisances.
Nous devons même les reconnaître pour progresser. Mais un football qui forme, qui organise des compétitions, qui construit des infrastructures et qui investit dans ses jeunes n’est pas un football qui se meurt. C’est un football qui se construit.
Certains de vos détracteurs mettent l’accent sur les financements accordés à la FDF par la FIFA et s’interrogent sur leur utilisation. Pouvez-vous nous donner des détails sur ces financements et les mécanismes de contrôle ?
Il est important que le public comprenne que les financements de la FIFA ne constituent pas une enveloppe dont une Fédération peut disposer librement.
Les financements reçus dans le cadre des programmes FIFA sont encadrés par des règlements et procédures, notamment dans le cadre du programme FIFA Forward.
Ces ressources ont notamment permis de soutenir les compétitions, la formation, le développement du football, les équipements, les infrastructures et différents projets structurants. La FDF s’est également dotée d’outils internes de gouvernance financière : règlement financier, politique de gestion des achats et politique relative aux conflits d’intérêts.
La Fédération fait par ailleurs l’objet de contrôles et d’audits réguliers. Chaque année, nous sommes notamment soumis à un audit statutaire ainsi qu’à un audit centralisé dans le cadre des mécanismes de contrôle applicables.
Lorsqu’un audit formule une observation ou une recommandation, notre responsabilité est d’y répondre et de mettre en œuvre les mesures correctives nécessaires.
Nous considérons aujourd’hui avoir atteint un niveau élevé de structuration et de contrôle financier. À notre connaissance, les contrôles auxquels la Fédération est régulièrement soumise n’ont pas établi d’infraction majeure dans la gestion des fonds.
Pour moi, la bonne gouvernance consiste précisément à accepter les contrôles, à répondre aux observations et à améliorer continuellement nos procédures.
Malgré ces investissements, la sélection nationale reste au bas du classement FIFA. Comment l’expliquez-vous ?
C’est une réalité que nous devons reconnaître. Mais le classement d’une équipe nationale est le résultat de nombreux facteurs et il faut tenir compte des difficultés structurelles particulières du football djiboutien.
Notre sélection est essentiellement composée de joueurs locaux. Nous disposons encore de très peu de joueurs professionnels évoluant dans des championnats étrangers. Nous ne bénéficions pas non plus du même vivier de joueurs binationaux que beaucoup d’autres sélections africaines.
Pendant longtemps, nous n’avions pas d’académie capable de former et de suivre des joueurs sur plusieurs années. Nous souffrons également d’une insuffisance de terrains d’entraînement et notre environnement économique offre encore peu de possibilités de sponsoring.
C’est précisément pour corriger ces faiblesses que nous investissons davantage dans la base : détection, compétitions scolaires, U15, U17, centres de perfectionnement, formation des entraîneurs et Académie nationale d’excellence.
Construire une sélection nationale compétitive demande du temps. Notre objectif est de préparer une nouvelle génération afin que les résultats futurs reposent sur des fondations durables.
Le championnat national est souvent critiqué pour son niveau et son manque de professionnalisation. D’où proviennent selon vous ces faiblesses ?
Plusieurs facteurs se cumulent. La majorité de nos clubs disposent de ressources financières limitées. Beaucoup n’ont pas leurs propres terrains d’entraînement ou de compétition. Le sponsoring reste insuffisant. Seuls quelques clubs, notamment environ six clubs de première division, bénéficient d’un soutien relativement structuré.
Nous avons également besoin de davantage d’entraîneurs professionnels et hautement qualifiés. Chaque club doit progressivement construire une identité propre, renforcer son administration, développer ses catégories de jeunes et disposer d’un véritable projet sportif.
Mais nous sommes confrontés à une autre difficulté fondamentale : la grande majorité de nos joueurs et de nos entraîneurs ne vivent pas du football.
Beaucoup ont un double emploi. Le matin, ils travaillent dans une administration, une institution publique ou une entreprise privée. L’après-midi ou le soir, ils viennent s’entraîner, jouer ou entraîner. Cette situation limite nécessairement leur disponibilité, le volume d’entraînement, la récupération, la préparation physique et finalement la progression vers le haut niveau.
Dans un environnement véritablement professionnel, le football est un métier à part entière.
Nous devons donc ouvrir une réflexion plus large sur la politique sportive de notre pays.
Le sport doit progressivement être considéré non seulement comme une activité sportive ou de loisir, mais également comme un secteur économique, une véritable industrie capable de créer des emplois et des perspectives d’avenir pour notre jeunesse.
Le sport peut créer des emplois pour les joueurs, mais également pour les entraîneurs, préparateurs physiques, médecins, kinésithérapeutes, arbitres, administrateurs, spécialistes de la communication et du marketing, responsables de sécurité et de nombreux autres métiers.
Notre jeunesse doit pouvoir considérer le sport comme une véritable possibilité de carrière. La professionnalisation du championnat nécessite donc une vision nationale associant la FDF, les clubs, les pouvoirs publics et le secteur privé.
Que fait concrètement la Fédération pour accompagner les clubs nationaux et rehausser le niveau du championnat ?
L’accompagnement des clubs constitue une part importante de l’action de la Fédération.
Nous assurons d’abord l’organisation régulière des compétitions : D1, D2, D3, U15, U17 ainsi que les compétitions féminines et les compétitions scolaires.
Mais notre accompagnement ne se limite pas à l’organisation des championnats.
La FDF accorde des subventions financières aux clubs de D2, de D3 et du football féminin. Nous apportons également un soutien aux deux clubs promus chaque saison en première division, afin de les accompagner dans leur passage au niveau supérieur.
Pour les compétitions de jeunes, la Fédération fournit des équipements et des moyens de transport aux équipes participantes, notamment dans les compétitions interscolaires et les championnats U15 et U17, filles et garçons.
La Fédération prend également en charge les récompenses et primes destinées aux lauréats des différentes compétitions organisées chaque saison.
À cela s’ajoute notre investissement dans la formation. Depuis 2012, plus de 1 200 entraîneurs ont été formés, de la Licence D jusqu’à la Licence A. Nous formons également les arbitres, les administrateurs et les autres cadres. La FDF accompagne enfin la participation de nos représentants aux compétitions interclubs régionales et continentales.
Notre ambition est maintenant d’aider progressivement les clubs à devenir plus autonomes, mieux structurés et plus professionnels.
La Garde Républicaine conteste la désignation de l’ASAS pour la prochaine Coupe de la Confédération de la CAF. Que répond la FDF ?
Sur ce dossier, je souhaite m’en tenir strictement aux faits, aux textes et aux décisions des organes compétents.
La Fédération n’a aucun intérêt à favoriser un club au détriment d’un autre.
La Garde Républicaine a exercé les voies de recours qu’elle estimait appropriées. Les instances compétentes ont examiné le dossier et rendu leurs décisions.
Notre responsabilité, en tant que Fédération, est d’appliquer les règlements et les décisions rendues par les organes compétents.
Les réseaux sociaux ne peuvent pas se substituer aux procédures sportives et aux voies de recours prévues par nos textes.
La FDF reste attachée au respect des règlements et à l’égalité de traitement entre ses membres.
Vous dirigez la Fédération depuis 2012. Quel bilan tirez-vous de ces quatorze années ?
Lorsque j’ai été élu en septembre 2012, ma première priorité a été de construire les fondations d’une Fédération moderne et structurée. Nous avons commencé par la gouvernance et le cadre juridique. Nous avons progressivement mis en place et renforcé les Statuts, les règlements des compétitions, les règlements relatifs aux transferts des joueurs, le Code disciplinaire, le Code d’éthique, le Code électoral, le règlement financier, la politique de gestion des achats et la politique relative aux conflits d’intérêts. Nous avons ensuite structuré l’administration avec des départements spécialisés : arbitrage, entraînement et développement technique, médical, compétitions, football féminin, administration et finances, communication et sécurité. La transformation des ressources humaines est également considérable.
Lorsque je suis arrivé en 2012, j’ai trouvé trois employés administratifs et six femmes de ménage. Aujourd’hui, la FDF et son Académie comptent environ 90 collaborateurs, répartis dans différentes fonctions techniques et administratives. Nous avons également énormément investi dans la formation. Nous sommes passés d’un nombre très limité d’entraîneurs diplômés à plus de 1 200 entraîneurs formés, de la Licence D jusqu’à la Licence A. Nous avons parallèlement développé la formation des arbitres, des administrateurs, du personnel médical et des responsables de sécurité. Enfin, nous avons multiplié les compétitions, structuré le football dans les régions et développé considérablement les infrastructures.
Je ne prétends pas que tout est accompli. Mais lorsqu’on compare objectivement la Fédération de 2012 à celle d’aujourd’hui, la transformation est considérable.
Quel était l’état du football djiboutien lorsque vous avez pris les rênes de la Fédération ?
Nous partions de très loin.
La Fédération disposait de moyens humains et administratifs extrêmement limités : trois employés administratifs et six femmes de ménage. Il y avait très peu d’entraîneurs diplômés, peu de compétitions de jeunes et le football dans les régions était très peu structuré.
Le fonctionnement institutionnel devait également être renforcé, notamment la régularité des réunions du Comité Exécutif et des Assemblées générales ordinaires.
Dans les régions, nous avons progressivement créé et structuré des ligues régionales avec des responsables élus. Nous avons formé des entraîneurs, des arbitres et des administrateurs locaux, développé entre 10 et 12 équipes dans chaque région et créé des centres de perfectionnement.
Aujourd’hui, notre objectif est qu’un enfant talentueux, qu’il soit à Djibouti-ville, Ali Sabieh, Dikhil, Tadjourah, Arta ou Obock, puisse être détecté et intégré dans le système fédéral.
Quelle a été votre stratégie pour faire émerger des professionnels ?
Notre stratégie repose sur une vision à long terme. Un joueur professionnel ne se construit pas à 20 ans. Il faut commencer beaucoup plus tôt et créer tout un environnement permettant au talent de progresser.
Le premier axe est la restructuration progressive des clubs. Nous voulons des clubs mieux organisés administrativement et techniquement, avec des catégories de jeunes, une identité propre et un véritable projet sportif.
Le deuxième axe est la formation des entraîneurs. Nous avons déjà formé plus de 1 200 entraîneurs, de la Licence D jusqu’à la Licence A, mais nous devons poursuivre cet effort afin d’atteindre progressivement une véritable autosuffisance en entraîneurs qualifiés.
Le troisième axe est la détection et la formation des jeunes. Depuis la convention de partenariat signée avec le ministère de l’Éducation nationale en 2013, nous organisons chaque année des compétitions scolaires, formons les éducateurs et apportons des équipements et du matériel d’entraînement.
À cela s’ajoutent les compétitions U15 et U17, les centres de perfectionnement dans les régions et désormais l’Académie nationale d’excellence de Douda.
Avec l’Académie, notre ambition va plus loin que de former uniquement des joueurs destinés à notre championnat national. Nous voulons former à Djibouti des joueurs capables d’intégrer des centres de formation et des championnats professionnels à l’étranger. Ils pourront ainsi poursuivre leur progression dans des environnements plus compétitifs, acquérir l’expérience du haut niveau et, à terme, revenir renforcer notre sélection nationale.
Notre objectif est donc de détecter et former le joueur à la base, de lui permettre d’évoluer ensuite dans un environnement professionnel à l’étranger et de récupérer en équipe nationale un joueur arrivé à maturité et préparé aux exigences du haut niveau. C’est une stratégie de long terme, mais c’est l’une des clés pour réduire progressivement l’écart avec les nations africaines plus avancées.
L’Académie de Douda est devenue l’un des symboles de votre politique de développement. Quelle est sa mission et quels résultats en attendez-vous ?
L’Académie de Douda constitue l’un des projets les plus importants de notre politique de développement. Pendant longtemps, l’une de nos principales faiblesses était l’absence d’une structure permanente capable d’identifier un jeune talent et de l’accompagner pendant plusieurs années.
L’Académie accueille actuellement une première promotion de 40 jeunes talents, composée de 20 filles et 20 garçons. Dès la rentrée de septembre 2026, les effectifs seront portés à 80 jeunes : 40 filles et 40 garçons. Cette montée en puissance traduit notre volonté de construire une véritable filière de formation sur plusieurs années, avec une place importante accordée aussi bien au football féminin qu’au football masculin. Nous voulons identifier les meilleurs jeunes très tôt et leur offrir un environnement structuré associant entraînement, compétition, préparation physique, suivi médical, éducation, scolarité et discipline. Les résultats d’une académie ne se mesurent pas après une ou deux saisons. C’est un investissement sur plusieurs années.
L’objectif est de préparer une nouvelle génération de joueurs et de joueuses capables d’intégrer progressivement nos sélections nationales et, pour les meilleurs, d’accéder au football professionnel à l’étranger.
La première promotion compte des garçons et des filles. Comment assurer leur suivi jusqu’aux équipes nationales ?
Nous voulons précisément éviter qu’un jeune talent soit détecté puis disparaisse du système faute de suivi.
Nous construisons donc un parcours continu. La détection commence dans les écoles, les clubs, les compétitions de jeunes, à Djibouti-ville et dans les régions. Les meilleurs peuvent intégrer les centres de perfectionnement puis l’Académie. À l’Académie, leur progression est suivie sur les plans technique, physique, médical, scolaire et éducatif. Ils pourront ensuite intégrer progressivement nos sélections de jeunes puis, lorsque leur niveau le permettra, les sélections supérieures.
Le football féminin s’est développé ces dernières années. Quels sont vos objectifs ?
Le football féminin constitue une composante importante de notre politique. Nous avons développé les compétitions féminines, notamment la D1, les U17 et les U15, et nous intégrons pleinement les filles dans notre politique de détection et de formation. Le fait que l’Académie nationale d’excellence accueille des garçons et des filles est un choix volontaire.
Notre ambition est qu’une jeune fille djiboutienne talentueuse puisse disposer d’un parcours structuré allant de l’école ou du club jusqu’à l’équipe nationale et, pour les meilleures, vers le football professionnel.
La FDF développe également le futsal et le beach soccer. Ces disciplines constituent-elles de véritables filières ?
Oui, absolument. Nous avons développé à Djibouti-ville des structures et des compétitions de futsal et de beach soccer. Ces disciplines permettent de diversifier la pratique et de toucher davantage de jeunes.
Le futsal est notamment très intéressant dans la formation technique : maîtrise du ballon, rapidité d’exécution, prise de décision et jeu dans les petits espaces. Le beach soccer constitue également une discipline dans laquelle Djibouti peut développer ses propres ambitions. Ces disciplines font donc pleinement partie de notre politique de développement.
Comment comptez-vous éviter que les talents détectés ne disparaissent ensuite du système ?
C’est précisément l’une des raisons pour lesquelles nous avons construit progressivement une chaîne complète de développement. Nous disposons des compétitions scolaires, des championnats de jeunes, des clubs, des ligues régionales, des centres de perfectionnement, de l’Académie et des sélections nationales. Notre objectif est de connecter toutes ces structures.
Un enfant détecté à 12 ou 13 ans doit pouvoir être suivi pendant plusieurs années. Nous devons suivre son évolution sportive, physique, médicale et scolaire et lui permettre de franchir progressivement les différentes étapes.
La détection seule ne suffit pas. Ce qui compte, c’est la continuité de la formation.
Quelles avancées souhaiteriez-vous présenter au public djiboutien pour lui dire : « Voilà ce que nous avons accompli » ?
Je résumerais notre bilan autour de cinq grandes transformations.
Premièrement : la gouvernance et l’institution.
Nous avons doté la Fédération des textes et procédures nécessaires à une organisation moderne : Statuts, règlements des compétitions, règlements relatifs aux transferts des joueurs, Code disciplinaire, Code d’éthique, Code électoral, règlement financier, politique d’achats et politique relative aux conflits d’intérêts.
Nous avons renforcé le fonctionnement institutionnel avec des réunions régulières du Comité Exécutif et des Assemblées générales ordinaires. Notre gestion financière est également soumise à des mécanismes réguliers de contrôle et d’audit.
Deuxièmement : les ressources humaines et la formation.
En 2012, la Fédération comptait seulement trois employés administratifs et six femmes de ménage. Aujourd’hui, la FDF et son Académie disposent d’environ 90 collaborateurs. Nous avons formé plus de 1 200 entraîneurs, de la Licence D jusqu’à la Licence A, ainsi que des arbitres, administrateurs et cadres dans les domaines médical et sécuritaire.
Troisièmement : les compétitions et le développement.
Nous organisons aujourd’hui les championnats masculins D1, D2 et D3, les catégories U15 et U17, les compétitions féminines, le football scolaire, le futsal et le beach soccer. Nous avons structuré le football dans les régions avec des ligues, des équipes, des cadres formés et des centres de perfectionnement. Nos sélections masculines et féminines participent aux compétitions régionales et internationales dans les différentes catégories, et nos clubs participent aux compétitions interclubs.
Quatrièmement : les infrastructures.
Depuis 2012, nous avons réalisé neuf terrains synthétiques à Djibouti-ville et dans les régions. À ces neuf terrains viennent s’ajouter deux mini-terrains FIFA Arena, à la Palmeraie et à Dogley, soit onze infrastructures de terrain. Nous avons également construit le nouveau siège de la Fédération et créé l’Académie nationale d’excellence de Douda.
Cinquièmement : notre présence internationale.
Lorsque je suis arrivé, nous avions très peu d’arbitres, de commissaires de match ou de représentants djiboutiens présents dans les structures régionales et internationales. Aujourd’hui, des Djiboutiens représentent notre football dans différentes compétitions, commissions et instances régionales, continentales et internationales. Voilà ce que nous avons construit.
Le jour où je quitterai mes fonctions, je souhaite que mon successeur hérite d’une Fédération structurée et professionnelle, disposant de ses textes, de cadres formés, de ses infrastructures, de compétitions régulières, de son siège et de son Académie. Les infrastructures peuvent se construire en quelques années. Construire une génération de joueurs de haut niveau demande beaucoup plus de temps. Les fruits de certains investissements que nous réalisons aujourd’hui pourront être pleinement visibles dans dix ou vingt ans. C’est pourquoi notre action doit aussi être jugée sur les fondations que nous laissons aux prochaines générations.
Enfin, quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes footballeurs djiboutiens qui rêvent de devenir professionnels et de porter un jour le maillot national?
Je voudrais d’abord leur dire de croire en eux et de travailler. Nous devons être conscients de notre réalité. Il existe encore un écart considérable entre Djibouti et les grandes nations du football africain.
Notre population est limitée, nous avons très peu de joueurs professionnels évoluant à l’étranger et nous ne disposons pas du même vivier de joueurs binationaux que de nombreux autres pays. C’est précisément pour cela que nous devons investir davantage dans nos propres enfants. Le talent seul ne suffit pas. Il faut travailler, être discipliné, respecter ses entraîneurs, poursuivre ses études et accepter les sacrifices nécessaires au sport de haut niveau.
Notre ambition est de former à Djibouti des jeunes capables d’intégrer ensuite des centres de formation et des championnats professionnels à l’étranger et, un jour, de mettre cette expérience au service de l’équipe nationale.
Les investissements que nous réalisons aujourd’hui dans la formation, la détection et l’Académie ne porteront pas tous leurs fruits immédiatement. Construire une génération peut prendre dix ans ou davantage.
Mais je veux dire à chaque jeune Djiboutien et à chaque jeune Djiboutienne : si vous avez du talent, si vous travaillez sérieusement et si vous êtes disciplinés, notre responsabilité est de vous donner la possibilité d’aller aussi loin que votre potentiel vous le permettra. C’est cette ambition que nous avons pour l’avenir du football djiboutien.
Propos recueilli par RB









































