
L’allaitement maternel demeure l’un des investissements les plus simples et les plus efficaces en faveur de la santé de l’enfant. À Djibouti, les autorités sanitaires, avec l’appui de leurs partenaires, multiplient les initiatives pour encourager cette pratique, améliorer l’accompagnement des mères et faire reculer les habitudes susceptibles de compromettre l’allaitement exclusif.

Du 23 au 27 août 2026, la Semaine mondiale de l’allaitement maternel a été l’occasion de remettre au premier plan une pratique essentielle pour la santé de la mère et de l’enfant. Placée sous le thème « Prioriser l’allaitement, créer des systèmes de soutien durables », cette mobilisation a réuni professionnels de santé, familles et acteurs communautaires autour d’un même objectif : renforcer l’accompagnement des mères et favoriser l’allaitement dès les premières heures de la vie.
À Djibouti, l’allaitement maternel ne constitue pas seulement une pratique familiale. Il représente un enjeu majeur de santé publique. Les recommandations sanitaires encouragent la mise au sein dans la première heure suivant l’accouchement, l’allaitement exclusif durant les six premiers mois, puis sa poursuite jusqu’à deux ans ou plus, en complément d’une alimentation diversifiée.

Le lait maternel répond de manière particulièrement adaptée aux besoins nutritionnels du nourrisson. Il apporte de l’énergie et des nutriments nécessaires à sa croissance et contient des facteurs immunitaires qui contribuent à sa protection contre plusieurs infections, notamment les infections respiratoires et les maladies diarrhéiques.
L’allaitement contribue également au développement harmonieux de l’enfant et favorise le contact étroit entre la mère et le nouveau-né. Pour la mère, il participe à la récupération après l’accouchement et est associé à des bénéfices de santé à plus long terme. Mais si les bénéfices sont largement établis, la pratique reste confrontée à plusieurs obstacles. Le retard de la mise au sein, notamment après certains accouchements difficiles ou certaines césariennes, peut constituer un premier obstacle. À cela s’ajoute parfois l’introduction précoce d’eau, de préparations infantiles ou d’autres aliments. Certaines croyances restent également présentes dans les familles. Le colostrum, premier lait produit après l’accouchement, peut encore être mal compris ou considéré à tort comme insuffisant. D’autres mères peuvent douter de leur capacité à produire suffisamment de lait.

La fatigue, les douleurs liées à l’allaitement, l’engorgement mammaire, certaines difficultés techniques ou encore l’absence de soutien de l’entourage peuvent également fragiliser la poursuite de l’allaitement exclusif.
Dans ce contexte, l’accompagnement apparaît aussi important que la sensibilisation.
Former les professionnels, accompagner les mères
Face à ces défis, le ministère de la Santé met en œuvre différentes actions destinées à renforcer les compétences des professionnels et l’accompagnement des familles. La formation de professionnels dans le cadre de l’Initiative Hôpital Ami des Bébés (IHAB) constitue notamment un levier important. Elle vise à améliorer les pratiques dans les maternités et les services accueillant les nouveau-nés, tout en renforçant les capacités des médecins, sages-femmes et autres personnels de santé à conseiller les mères.
L’accompagnement doit également se poursuivre après la sortie de la maternité. Les structures de soins primaires et secondaires jouent ainsi un rôle essentiel dans le suivi post-partum, l’identification des difficultés et l’orientation des mères lorsqu’un problème survient.
La question nutritionnelle constitue un autre volet de cette politique. Le ministère de la Santé, avec l’appui de ses partenaires, notamment le Programme alimentaire mondial, mène des actions destinées à répondre aux besoins nutritionnels des femmes et des enfants vulnérables.
La réussite de l’allaitement ne dépend toutefois pas de la seule volonté de la mère. Le soutien du conjoint, de la famille et des professionnels de santé peut faire une différence déterminante.
Les grands-mères et les autres membres de la famille, qui jouent souvent un rôle important dans les décisions concernant le nouveau-né, doivent être associés aux actions de sensibilisation. L’objectif n’est pas d’opposer les traditions aux connaissances médicales, mais de favoriser le dialogue et de faire évoluer progressivement les pratiques lorsque celles-ci peuvent nuire à la santé de l’enfant.
La Semaine mondiale de l’allaitement maternel constitue un moment privilégié de sensibilisation.
Mais l’enjeu dépasse largement les quelques jours de campagne.
La formation continue des professionnels, l’éducation nutritionnelle, l’accompagnement post-partum, la sensibilisation des familles et la création de conditions favorables à l’allaitement pour les femmes qui travaillent doivent s’inscrire dans la durée.
Promouvoir l’allaitement, c’est donc agir simultanément sur les connaissances, les comportements et l’environnement dans lequel évolue la mère.
À travers cette mobilisation, un message se dégage : soutenir une mère qui allaite ne relève pas uniquement de la responsabilité individuelle. C’est une responsabilité partagée entre la famille, les professionnels de santé, les communautés et les institutions.
Djibril Abdi Ali










































