Du 23 au 27 août 2026, la Semaine mondiale de l’allaitement maternel a placé la santé de la mère et du nouveau-né au cœur d’une mobilisation nationale. Sous le thème « Prioriser l’allaitement, Créer des systèmes de soutien durables », la Direction de la Santé de la Mère et de l’Enfant, en collaboration avec la Direction de la Promotion de la Santé et avec l’appui de l’UNICEF, a multiplié les actions de proximité.

L’objectif était clair : rappeler que la réussite de l’allaitement ne repose pas uniquement sur la mère, mais sur tout un environnement familial, sanitaire et social. Le coup d’envoi de cette semaine de mobilisation a été donné le 23 août à la maternité du CHU Cheicko. Responsables sanitaires, représentants de l’UNICEF, professionnels de santé et membres de la communauté se sont réunis autour de la nécessité de faire de l’allaitement une priorité de santé publique.

Durant les jours suivants, les équipes sanitaires sont allées à la rencontre des familles, notamment dans les structures de santé et les quartiers. Des séances d’information ont permis de rappeler l’importance de la mise au sein dans la première heure de vie et de l’allaitement exclusif pendant les six premiers mois.

Les sages-femmes, nutritionnistes et autres professionnels de santé ont également répondu aux interrogations des mères et déconstruit certaines idées reçues.

Car allaiter ne va pas toujours de soi.

La fatigue, les contraintes professionnelles, les pressions familiales ou encore certaines croyances peuvent rendre difficile la poursuite de l’allaitement. C’est pourquoi les campagnes de sensibilisation cherchent désormais à toucher non seulement les mères, mais également leur entourage.

Le soutien de toute la famille

Le message porté durant cette semaine est simple : une mère qui allaite a besoin d’être accompagnée. Le conjoint peut contribuer à créer un environnement favorable. Les grands-mères et les autres membres de la famille peuvent, eux aussi, devenir des relais essentiels de bonnes pratiques. Quant aux professionnels de santé, leur rôle est d’apporter des conseils adaptés, de rassurer les mères et de les accompagner lorsqu’elles rencontrent des difficultés.

À travers les émissions, les affiches, les témoignages et les activités de proximité, la campagne a ainsi cherché à faire passer l’allaitement du domaine de la responsabilité individuelle à celui d’une responsabilité collective. Cette mobilisation intervient dans un contexte où des progrès restent nécessaires.

Selon les données de l’Enquête multisectorielle 2023 citées dans le cadre de cette campagne, le taux d’allaitement maternel exclusif à six mois s’établit à 22 %. Le pays s’est fixé, avec l’appui de l’UNICEF, un objectif de 65 % à l’horizon 2030.

L’écart entre la situation actuelle et cette ambition montre l’ampleur du travail à accomplir. Les campagnes de sensibilisation doivent donc être accompagnées de mesures concrètes : renforcement des compétences des professionnels, suivi des pratiques dans les structures sanitaires, accompagnement des mères après l’accouchement et amélioration des conditions permettant aux femmes qui travaillent de poursuivre l’allaitement.

L’allaitement s’inscrit dans un enjeu plus large : celui des mille premiers jours de la vie. Une alimentation adaptée durant cette période contribue à poser les bases d’une croissance et d’un développement favorables.

C’est pourquoi la promotion de l’allaitement ne doit pas être considérée comme une campagne ponctuelle. Elle relève d’une politique durable de santé, de nutrition et de développement humain. L’aménagement d’espaces adaptés dans les lieux de travail, la formation des soignants, l’information des familles et la protection des mères contre les pressions commerciales sont autant de leviers susceptibles de favoriser une évolution durable des pratiques.

La Semaine mondiale de l’allaitement 2026 aura ainsi permis de rappeler une évidence : pour qu’une mère puisse allaiter dans de bonnes conditions, elle doit pouvoir compter sur un environnement qui la soutient.

Car accompagner une mère aujourd’hui, c’est aussi investir dans la santé de l’enfant et dans le capital humain de demain.

Djibril Abdi Ali

L’allaitement maternel en quelques chiffres

47 % : environ 47 % des nourrissons de moins de 6 mois sont exclusivement allaités au sein dans le monde, selon les dernières estimations de l’OMS portant sur 2018-2025.

6 mois : l’OMS et l’UNICEF recommandent un allaitement exclusif pendant les six premiers mois de la vie, sans eau ni autres aliments ou boissons.

1 heure : l’allaitement devrait idéalement débuter dans l’heure qui suit la naissance.

2 ans et plus : après l’introduction des aliments complémentaires à partir de 6 mois, l’allaitement peut être poursuivi jusqu’à 2 ans ou  au-delà.

Près de 400 000 décès d’enfants pourraient être évités chaque année si tous les nourrissons étaient exclusivement allaités pendant les six premiers mois et continuaient à être allaités jusqu’à 2 ans ou plus.

58 % : les programmes de conseil et d’accompagnement en matière d’alimentation du nourrisson peuvent augmenter de manière importante les taux d’allaitement exclusif ; une revue de 16 études a constaté une hausse de 58 % lorsque ces interventions sont menées dans les structures de santé, les communautés et les foyers.

50 % : l’objectif mondial fixé par l’OMS est d’atteindre au moins 50 % d’allaitement exclusif au cours des six premiers mois, avec un nouvel objectif d’au moins 60 % d’ici 2030.