
La République de Djibouti franchit une nouvelle étape dans sa stratégie d’attractivité des investissements avec la signature d’un protocole d’accord avec le Groupe LinkWise pour la réalisation d’un vaste projet d’investissement intégré estimé à 1,35 milliard de dollars américains. Au cœur de cette initiative : l’intelligence artificielle, les énergies renouvelables, les infrastructures numériques, les télécommunications et l’agriculture innovante. Un projet d’envergure qui ambitionne de transformer les atouts géographiques du pays en un véritable avantage technologique et de conforter son rôle de plateforme stratégique entre l’Asie, l’Afrique et l’Europe. L’accord a été signé à l’issue d’une rencontre de haut niveau tenue dimanche 19 juillet à l’hôtel Ayla, entre le Gouvernement djiboutien, représenté par la ministre déléguée chargée des Investissements et du Développement du Secteur privé, Mme Mariam Hamadou Ali, et une délégation du Groupe LinkWise conduite par son fondateur, président du Conseil d’administration et PDG, Dr Thomas Wang.

Cette signature vient couronner une mission de travail menée du 14 au 20 juillet par la délégation chinoise. Celle-ci a consacré plusieurs jours à l’examen des conditions de réalisation du projet, à travers des réunions techniques avec les ministères, institutions et organismes publics concernés, mais également des visites de reconnaissance de sites susceptibles d’accueillir les différentes composantes du futur complexe.
Les échanges ont notamment porté sur les dimensions techniques, réglementaires, juridiques, foncières et environnementales du projet, afin d’évaluer les conditions de sa mise en œuvre conformément aux standards internationaux.

Un écosystème intégré autour de l’intelligence artificielle et de l’énergie propre
En ouvrant les travaux, Mme Mariam Hamadou Ali a salué la confiance accordée à Djibouti par le Groupe Link Wise et souligné la solidité du partenariat stratégique entre Djibouti et la Chine. Elle a rappelé que le projet s’inscrit pleinement dans les orientations de la Vision Djibouti 2035 et dans l’ambition nationale d’accélérer la transformation économique du pays.
Le projet devrait ainsi contribuer au renforcement de la souveraineté énergétique et numérique, au transfert de technologies et au développement des compétences nationales. Il vise également à conforter la place de Djibouti comme pôle régional dans les domaines de l’économie numérique, de l’intelligence artificielle et des énergies renouvelables.

Le projet présenté par LinkWise repose sur une architecture particulièrement ambitieuse. Il prévoit notamment la création d’un centre de calcul intensif dédié à l’intelligence artificielle, d’une capacité annoncée de 100 MW, associé à une infrastructure de production d’énergies renouvelables fondée sur le solaire et l’éolien, ainsi qu’à des systèmes de stockage de l’énergie.
À cet ensemble viendront s’ajouter un parc industriel numérique, des infrastructures avancées de télécommunications et des corridors internationaux de données. Le projet entend ainsi créer un écosystème cohérent dans lequel l’énergie propre alimente les capacités de calcul, tandis que celles-ci contribuent à attirer de nouvelles activités industrielles et numériques.
Une dimension environnementale et sociale complète cette vision avec le développement envisagé d’un projet d’agriculture hors-sol utilisant des technologies innovantes et respectueuses de l’environnement, destiné notamment à contribuer au renforcement de la sécurité alimentaire.
Des milliers d’emplois et une nouvelle génération de compétences
Estimé à 1,35 milliard de dollars, le projet sera intégralement financé par les investisseurs, selon les termes présentés par le Groupe LinkWise. Il ambitionne d’ajouter jusqu’à 500 MW de nouvelles capacités d’énergie propre et de faire émerger un centre de calcul de 100 MW appelé à figurer parmi les principaux pôles de calcul du continent. Le projet entend également renforcer la maîtrise par Djibouti des données générées sur son territoire et favoriser l’émergence d’un écosystème d’entreprises spécialisées dans le numérique et la transformation industrielle.
Sur le plan de l’emploi, les différentes phases de réalisation devraient générer entre 2 500 et 3 500 emplois directs et indirects, auxquels s’ajouteront des emplois qualifiés et durables durant la phase d’exploitation. L’un des enjeux majeurs sera également la formation et la montée en compétences des jeunes Djiboutiens dans des secteurs d’avenir tels que l’intelligence artificielle, les énergies renouvelables et la finance numérique.
La délégation de LinkWise a également été reçue en audience par le Premier ministre, Abdoulkader Kamil Mohamed, puis par le Secrétaire général de la Présidence, Mohamed Abdillahi Wais. Ces rencontres ont permis de réaffirmer l’importance stratégique accordée par les plus hautes autorités à ce projet et leur volonté d’accompagner sa concrétisation.
Pour le gouvernement, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification économique et de valorisation des infrastructures et des atouts stratégiques du pays. Grâce à sa position géographique, ses infrastructures portuaires et logistiques, son réseau de câbles sous-marins et son rôle croissant dans la connectivité régionale, Djibouti entend désormais renforcer son positionnement comme porte d’entrée numérique et énergétique de l’Afrique de l’Est.
La signature du protocole d’accord ouvre désormais la voie aux études techniques détaillées et aux procédures administratives nécessaires à la mise en œuvre du projet. Elle marque ainsi le début d’une nouvelle phase de coopération entre Djibouti et le Groupe LinkWise, avec l’ambition de faire émerger un modèle d’investissement combinant énergie propre, puissance de calcul, connectivité et innovation.
À travers ce partenariat, le gouvernement réaffirme sa volonté d’attirer des investissements structurants et durables et de consolider le positionnement du pays comme un pôle régional de référence dans les domaines de l’investissement, du numérique, de l’énergie et de l’industrie. Une ambition qui s’inscrit au cœur de la Vision Djibouti 2035 et qui pourrait, si le projet se concrétise selon les objectifs annoncés, ouvrir un nouveau chapitre dans la transformation économique et technologique du pays.








































