Les relations entre Djibouti et la France connaissent une nouvelle dynamique. Réunis lundi 7 septembre au Quai d’Orsay, à Paris, dans le cadre des Consultations politiques bilatérales, le ministre djiboutien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, porte-parole du Gouvernement, Abdoulkader Houssein Omar, et son homologue français, Jean-Noël Barrot, ont passé en revue les principaux axes du partenariat entre les deux pays. Une rencontre qui témoigne de la volonté commune de consolider une relation ancienne et de l’adapter aux nouvelles réalités stratégiques, économiques et géopolitiques.

Ces consultations politiques s’inscrivent dans le cadre du renforcement des liens historiques d’amitié et de partenariat stratégique qui unissent Djibouti et la France. Les deux ministres se sont félicités de la dynamique soutenue de la coopération multisectorielle et ont réaffirmé leur volonté d’en élargir le périmètre à de nouveaux domaines.

Au-delà du caractère traditionnel de cette relation, les échanges ont ainsi permis d’ouvrir de nouvelles perspectives dans des secteurs appelés à jouer un rôle déterminant dans le développement de Djibouti et dans le renforcement de sa position stratégique dans la région.

Sur le plan économique, les discussions ont notamment porté sur la redynamisation des investissements français à Djibouti. Les deux parties ont évoqué le financement et la réalisation de projets d’infrastructures jugés prioritaires, avec un accent particulier accordé au secteur aéroportuaire.

Cette orientation traduit la volonté de donner une nouvelle impulsion à la coopération économique et de favoriser la mobilisation de nouveaux investissements français en faveur des infrastructures et du développement. La préparation de la prochaine mission économique de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à Djibouti a également figuré parmi les sujets abordés. Le volet de la défense et de la sécurité a occupé une place importante dans les discussions.

Les deux ministres ont examiné l’état d’avancement et la mise en œuvre du nouveau Traité de coopération en matière de défense (TCMD), considéré comme la pierre angulaire du partenariat sécuritaire entre les deux pays. Cette coopération est appelée à évoluer dans un environnement régional marqué par de profondes transformations et par des enjeux croissants en matière de sécurité. Djibouti, situé au carrefour de plusieurs espaces stratégiques, entretient avec la France une coopération de défense ancienne, dont le nouveau traité constitue désormais le cadre de référence. Les deux parties souhaitent parallèlement élargir leur partenariat à des domaines plus directement liés aux transformations technologiques et environnementales. L’espace et la recherche figurent ainsi parmi les nouveaux axes de coopération stratégique identifiés. La question environnementale, notamment le changement climatique et ses impacts, fait également partie des secteurs appelés à connaître un approfondissement. La coopération entre les ministères de l’Intérieur des deux pays a par ailleurs été rehaussée lors des discussions, témoignant de la volonté d’élargir le dialogue institutionnel et de renforcer les échanges dans les domaines relevant de leurs compétences respectives. L’un des résultats concrets de ces consultations a été la signature d’une convention relative au projet de réforme de l’enseignement secondaire à Djibouti et à la construction du lycée polyvalent de Balbala. Cet accord vient donner une traduction concrète à la volonté affichée par les deux pays de renforcer leur coopération dans le secteur éducatif. À travers ce projet, le partenariat bilatéral touche ainsi à l’un des leviers essentiels du développement humain, celui de la formation et de la préparation des jeunes aux exigences de l’avenir.

Un dialogue politique renforcé face aux enjeux régionaux

Les consultations politiques de Paris ont également constitué une importante plateforme de dialogue sur les grandes questions internationales. Les deux chefs de la diplomatie ont procédé à un examen approfondi de la situation géopolitique régionale et internationale. Les échanges ont particulièrement porté sur les développements récents dans la Corne de l’Afrique, région au cœur des intérêts stratégiques de Djibouti et de la France. Les évolutions majeures au Proche et au Moyen-Orient ont également été abordées, de même que les principaux dossiers qui devraient retenir l’attention lors de la prochaine Assemblée générale des Nations unies.

Cette dimension internationale illustre la volonté des deux pays de maintenir un dialogue politique régulier sur les grandes crises et transformations qui affectent leur environnement régional et le système international.

La régularité des consultations au niveau ministériel apparaît ainsi comme un instrument essentiel pour approfondir la concertation, coordonner les positions lorsque cela est possible et identifier de nouveaux domaines de coopération. Dans cette perspective, Abdoulkader Houssein Omar a invité son homologue français Jean-Noël Barrot à effectuer une visite officielle à Djibouti à l’occasion de la prochaine édition des consultations politiques entre les deux pays. Cette invitation devrait permettre de poursuivre directement le dialogue engagé à Paris et de donner une nouvelle impulsion aux différents dossiers examinés. En marge des consultations, le ministre djiboutien des Affaires étrangères a également effectué une visite à l’Assemblée nationale française.

Il a été accueilli au Palais Bourbon par la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet. Cette rencontre a permis de mettre en avant la vitalité des liens institutionnels et parlementaires entre les deux nations. Le président du groupe d’amitié parlementaire France-Djibouti, le député Yannick Favennec-Bécot, ainsi que les ambassadeurs des deux pays, Ayeid Mousseid Yahya et Jérôme Bresson, ont pris part à cette rencontre.

Ainsi, des échanges diplomatiques aux relations parlementaires, en passant par la défense, l’économie, l’éducation, l’environnement, la recherche et les nouvelles technologies, le partenariat Djibouti-France cherche à se projeter dans une nouvelle phase.

La tenue régulière des consultations politiques confirme, en définitive, la solidité d’une relation appelée à continuer d’évoluer. Pour Djibouti comme pour la France, l’enjeu est désormais de transformer cette proximité historique en une coopération toujours plus concrète, diversifiée et adaptée aux défis stratégiques du XXIe siècle.