Le Président de la République, Son Excellence Ismaïl Omar Guelleh, prend part aujourd’hui, jeudi 10 septembre, au Grand Palais à Paris, à la deuxième journée du premier Sommet international sur l’Espace, organisé à l’invitation de son homologue français, Emmanuel Macron. Réunissant des délégations venues de plus de 120 pays, ce rendez-vous inédit rassemble chefs d’État et de gouvernement, responsables institutionnels, scientifiques, opérateurs économiques ainsi que représentants de la société civile autour des grands enjeux liés à l’Espace, à ses applications et à son avenir.

La participation du Chef de l’État à ce premier sommet international consacré à l’Espace traduit l’importance accordée par Djibouti au développement des sciences et technologies spatiales et à leur contribution au développement national. Elle s’inscrit également dans la volonté du pays de prendre pleinement part aux réflexions internationales sur l’utilisation pacifique, responsable et durable de l’Espace ainsi que sur le partage équitable des opportunités qu’il offre.

Au cours de cette deuxième journée du sommet, le Président Ismaïl Omar Guelleh prononcera un important discours dans lequel il devrait mettre en lumière la vision de Djibouti en matière spatiale, les avancées enregistrées depuis le lancement du programme spatial national et les perspectives ouvertes par les technologies d’observation de la Terre.

Le Chef de l’État devrait notamment rappeler la conviction qui guide l’engagement national dans ce domaine : « l’espace est un patrimoine scientifique dont les bénéfices doivent contribuer au progrès de notre peuple et de l’humanité ».

L’engagement de Djibouti dans le domaine spatial s’est progressivement structuré depuis le lancement du programme spatial national en 2020. Celui-ci repose sur une double ambition : permettre au pays d’acquérir et de maîtriser progressivement les technologies spatiales grâce au transfert de compétences, tout en développant des applications concrètes répondant aux besoins de la population et de l’économie.

Cette orientation accorde une place centrale à la formation de la jeunesse et au développement des compétences nationales. La coopération engagée avec l’Université de Montpellier et son Centre spatial a notamment permis de former dix jeunes Djiboutiens aux systèmes spatiaux. Ces compétences ont ensuite été mobilisées dans la conception et le développement des premières missions satellitaires nationales.

Le lancement des nanosatellites DJIBOUTI-1A, en novembre 2023, puis DJIBOUTI-1B, en décembre 2024, a constitué une étape majeure de cette trajectoire. Au-delà de la mise en orbite de satellites, cette expérience a permis d’engager un processus de constitution progressive d’une expertise nationale dans un secteur considéré comme stratégique pour l’avenir scientifique et technologique du pays.

L’ambition affichée ne se limite ainsi pas à disposer d’équipements spatiaux. Elle vise également à former des ingénieurs, développer des compétences spécialisées et construire progressivement une expertise djiboutienne capable de maîtriser les technologies et d’en exploiter les applications au bénéfice du développement national.

Une nouvelle étape se profile désormais avec les travaux engagés, avec l’appui de la France, en vue de la création d’un Centre Géospatial National. Celui-ci doit contribuer au développement des capacités nationales d’exploitation des données issues notamment de l’observation de la Terre.

L’Espace au service du climat et des ressources

Pour un pays confronté à des contraintes climatiques et à la rareté des ressources naturelles, les applications spatiales revêtent une importance particulière. Les données satellitaires offrent en effet des possibilités considérables pour améliorer la connaissance et la gestion des ressources en eau, suivre les épisodes de sécheresse et les inondations, mesurer les effets du changement climatique, protéger l’environnement et accompagner la planification urbaine et le développement des infrastructures. Cette dimension environnementale rejoint les initiatives engagées au niveau national et régional pour renforcer les capacités scientifiques face au changement climatique. La création d’un Observatoire Régional de Recherche pour le Climat ainsi que le lancement d’une Alliance Doctorale d’Adaptation pour le climat témoignent de cette volonté de soutenir la recherche et de former une nouvelle génération de chercheurs capables de proposer des solutions adaptées aux réalités africaines. La question de la coopération internationale occupe également une place centrale dans cette stratégie. Pour Djibouti, l’expérience acquise dans le domaine spatial montre l’intérêt d’une coopération fondée non seulement sur l’accès aux technologies, mais également sur le transfert de connaissances, la formation et la constitution de capacités nationales durables.

Cette approche prend une dimension particulière lorsqu’elle est replacée dans le contexte africain. Alors que le continent dispose encore d’une part limitée dans l’activité spatiale mondiale, les besoins liés au développement, à l’agriculture, à l’environnement, aux ressources en eau, à l’aménagement du territoire et à la gestion des risques rendent pourtant les technologies spatiales particulièrement importantes pour son avenir.

Le sommet de Paris constitue ainsi une occasion pour les pays africains de faire entendre leur voix sur les conditions d’un accès équitable aux opportunités offertes par l’Espace. Les ressources orbitales et le spectre des fréquences, de plus en plus sollicités avec la multiplication des satellites et le développement de nouvelles constellations, constituent notamment des enjeux majeurs pour la gouvernance spatiale mondiale.

Dans cette perspective, la position défendue par Djibouti s’inscrit dans une démarche visant à préserver les intérêts légitimes du continent africain et à garantir sa pleine participation au développement spatial mondial. L’enjeu n’est pas seulement technologique. Il touche également à la souveraineté scientifique, à l’accès aux données, à la formation des compétences et à la capacité des pays africains à utiliser les innovations spatiales pour accélérer leur développement.

La participation du Président Ismaïl Omar Guelleh à ce premier Sommet international sur l’Espace intervient donc à un moment où Djibouti entend franchir une nouvelle étape dans son parcours spatial. Après avoir engagé la formation de jeunes spécialistes et concrétisé ses premières missions satellitaires, le pays cherche désormais à renforcer ses capacités d’exploitation des données et à développer des infrastructures scientifiques capables de soutenir ses politiques publiques.

La présence du Chef de l’État à Paris témoigne ainsi de la volonté de Djibouti de participer activement aux débats internationaux sur l’avenir de l’Espace et de défendre une vision fondée sur la paix, la coopération, le partage des connaissances et l’accès équitable aux opportunités offertes par les technologies spatiales.

Le Président de la République est accompagné à Paris d’une importante délégation comprenant notamment le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, M. Nabil Mohamed Ahmed, et le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, M. Abdoulkader Houssein Omar. L’Ambassadeur de la République de Djibouti auprès de la République française, Son Excellence M. Ayeid Mousseid Yahya, fait également partie de la délégation.

Très attendu, le discours du Président Ismaïl Omar Guelleh constituera l’un des temps forts de cette participation. Le Chef de l’État devrait y exposer la vision de Djibouti sur l’avenir de l’Espace, les enseignements tirés de son expérience nationale ainsi que les ambitions du pays pour les prochaines années.

Le discours prononcé aujourd’hui par le Président de la République au Grand Palais sera reproduit dans son intégralité dans notre prochaine édition.