Sept semaines pour apprivoiser le code, construire des robots, découvrir l’intelligence artificielle et surtout apprendre à transformer une idée en solution.

Au Centre de Technologie et d’Innovation pour le Développement (CTID), la première cohorte du programme TechKid 2026 s’est achevée samedi 5 septembre sur une démonstration prometteuse : à Djibouti, une nouvelle génération de jeunes talents commence déjà à prendre place dans l’écosystème numérique.

Ils étaient dix, âgés de 9 à 16 ans. Samedi, devant leurs parents, leurs mentors et leurs formateurs, ces jeunes participants ont troqué leurs cahiers d’apprentissage pour leurs prototypes. Au terme de sept semaines d’immersion intensive, le Demo Day de TechKid 2026 a offert une scène à cette génération en devenir, venue présenter ce qu’elle avait appris, imaginé et construit.

Du 20 juillet au 3 septembre, le CTID, a proposé à ces jeunes Djiboutiens un parcours résolument tourné vers les technologies de demain. Coding, design web, robotique, intelligence artificielle : autant de disciplines qui peuvent sembler complexes, mais que le programme a cherché à rendre accessibles par la pratique et l’expérimentation.

Du jeu au code, du code à la création

Durant sept semaines, du dimanche au mercredi, les apprentis techniciens ont progressivement découvert les fondamentaux de la culture numérique. Avant de coder, il fallait comprendre : comment fonctionne un ordinateur ? Qu’est-ce qu’un algorithme ? Comment adopter les bons réflexes en matière de sécurité numérique ? Puis est venu le temps de passer à l’action.

Avec Scratch, les participants ont conçu leurs premiers mini-jeux interactifs, découvrant au passage les mécanismes de la programmation. Le HTML et le CSS leur ont ensuite ouvert les portes du design et de la création de sites web. La robotique a ajouté une dimension concrète à l’apprentissage. Concevoir un prototype, comprendre ses mécanismes, le programmer et observer le résultat : une manière ludique de transformer des notions abstraites en objets tangibles.

L’intelligence artificielle a constitué un autre temps fort du parcours. Les jeunes ont été initiés à ses principes et à certaines de ses applications, avec une attention portée à une utilisation responsable et éthique de ces technologies. Mais TechKid ne s’est pas limité à l’apprentissage technique. Créativité, résolution de problèmes, travail en équipe, prise de parole et leadership ont également occupé une place importante dans le programme.

Le Demo Day, révélateur de talents

Le point d’orgue de cette première cohorte aura été le marathon de prototypage et de coaching au pitch qui a précédé le Demo Day. Pour ces jeunes, l’enjeu n’était plus seulement de savoir ce qu’est le code ou l’intelligence artificielle. Il fallait désormais présenter une idée, expliquer une démarche et défendre une réalisation devant un public.

La cérémonie de clôture a ainsi pris des airs de petite scène entrepreneuriale. Les dix participants ont présenté leurs projets et prototypes, donnant à voir les acquis de plusieurs semaines d’apprentissage et d’expérimentation. La remise des certificats est venue officiellement clore cette première édition.

Pour Samatar Abdi Osman, directeur général du CTID, l’enjeu dépasse largement la réussite d’un programme estival : « Notre mission consiste à préparer dès aujourd’hui les talents de demain. »

Le responsable du CTID insiste notamment sur la nécessité de donner à cette génération les moyens d’apprendre à coder, de concevoir des sites web, de programmer des robots et de découvrir l’intelligence artificielle dans un cadre responsable et éthique.

Former des créateurs, pas seulement des utilisateurs

Depuis sa création en 2017, le CTID s’est donné pour ambition de contribuer au développement du capital humain et à l’émergence de talents technologiques à Djibouti. À travers ses programmes de formation, d’accompagnement et de promotion de l’entrepreneuriat innovant, le centre entend participer à la construction d’un écosystème où les jeunes ne se contentent plus de consommer la technologie. C’est précisément là que réside l’ambition de TechKid : déplacer le curseur, de l’usage vers la création.

Cette première cohorte n’est donc qu’un début. Derrière les certificats remis samedi se dessine une ambition plus vaste : familiariser très tôt la jeunesse djiboutienne avec les outils qui façonneront l’économie et les sociétés de demain.

À l’heure où le numérique et l’intelligence artificielle redessinent les métiers, les compétences et les modèles économiques, le CTID prépare aujourd’hui ceux qui devront inventer demain.

RACHID BAYLEH