Les opérateurs de télécommunications Djibouti Télécom, Ethio telecom et Sudatel ont franchi une nouvelle étape dans la concrétisation du projet de fibre optique « Horizon », une initiative régionale destinée à renforcer la connectivité numérique entre Djibouti, l’Éthiopie et le Soudan. Réunis lundi à Addis-Abeba, les trois opérateurs ont présenté le projet à plusieurs acteurs majeurs de l’économie numérique mondiale, dont Google, Meta, Microsoft et Amazon, ainsi qu’à de grands opérateurs et équipementiers internationaux.

Cette rencontre s’inscrit dans la phase de pré-commercialisation du projet. Elle visait notamment à présenter les caractéristiques techniques et les avantages de cette future infrastructure, à susciter l’intérêt de partenaires et de clients potentiels et à recueillir leurs observations avant le déploiement et le lancement commercial.

Aux côtés des trois opérateurs à l’origine de l’initiative, les échanges ont réuni des représentants de Bayobab, Airtel, WIOCC, Center3, Saudi Vision et China Mobile. Les équipementiers Nokia et Ciena ont également participé aux discussions, en présentant des solutions de transmission optique de nouvelle génération destinées à répondre aux besoins croissants de capacité, de fiabilité et de sécurisation des réseaux.

Une dorsale régionale pour renforcer la résilience numérique

Le projet Horizon prévoit la construction d’une liaison terrestre transfrontalière en fibre optique reliant Djibouti, l’Éthiopie et le Soudan. Dotée d’une capacité de plusieurs térabits et conçue selon une architecture redondante et sécurisée, cette infrastructure doit constituer une nouvelle voie numérique pour la Corne de l’Afrique.

L’un de ses principaux objectifs est de réduire la dépendance de la région aux câbles sous-marins de la mer Rouge, dont les perturbations peuvent affecter la continuité des services numériques.

Dans un contexte où les infrastructures de télécommunications sont devenues essentielles au fonctionnement des économies, la diversification des routes de connectivité apparaît comme un enjeu stratégique majeur. Le projet trouve son origine dans l’accord tripartite signé à Djibouti le 4 février dernier par le Directeur général de Djibouti Télécom, Mohamed Assoweh Bouh, la Présidente-Directrice générale d’Ethio telecom, Frehiwot Tamiru, et le Président-Directeur général du groupe Sudatel, Magdi Taha. Cet accord porte sur la construction et la maintenance de cette dorsale régionale à haute capacité.

À cette occasion, Mohamed Assoweh Bouh avait souligné la portée stratégique de cette infrastructure, présentée comme un symbole de coopération régionale et d’autonomie numérique. Pour le responsable de Djibouti Télécom, Horizon traduit la capacité des pays africains à développer leurs propres infrastructures stratégiques et à bâtir des solutions technologiques répondant à leurs besoins.

Plusieurs facteurs ont motivé le lancement du projet : les risques pesant sur la continuité des services dans la mer Rouge, les exigences croissantes en matière de sécurité et de protection des données, la nécessité de renforcer la souveraineté numérique ainsi que le besoin de disposer de réseaux plus résilients. Au-delà de la connectivité, Horizon ambitionne également d’accompagner l’accélération de l’économie numérique dans la région. La nouvelle infrastructure doit notamment favoriser le développement du cloud, de la fintech, du commerce électronique, de l’intelligence artificielle, de la diffusion de contenus et de la numérisation des entreprises et des services.

Lors de la réunion d’Addis-Abeba, les équipes techniques des trois opérateurs ont détaillé l’architecture du réseau, les interconnexions envisagées, les choix technologiques et les performances attendues. La faible latence, la capacité importante de transmission et la redondance figurent parmi les principaux atouts présentés aux futurs utilisateurs.

Les participants ont également été informés de la feuille de route du projet, de son calendrier de déploiement, de sa gouvernance et des dispositifs prévus en matière de supervision et de gestion des risques. Les études consacrées aux besoins des particuliers et des entreprises ainsi qu’au positionnement concurrentiel de l’infrastructure ont également été présentées afin d’adapter l’offre aux réalités du marché.

Les échanges avec les acteurs technologiques ont enfin permis d’aborder les normes de sécurité, les modalités de collaboration et les perspectives d’interconnexion. Les contributions de Nokia et Ciena ont apporté un éclairage supplémentaire sur les technologies optiques capables de soutenir la croissance rapide des volumes de données.

À travers Horizon, Djibouti Télécom, Ethio telecom et Sudatel entendent ainsi poser les bases d’une infrastructure régionale structurante. En reliant les trois pays par une nouvelle dorsale terrestre à haute capacité, le projet ambitionne de renforcer la résilience des communications, de soutenir la transformation numérique et de contribuer à une économie africaine plus intégrée, connectée et souveraine.