
La République de Djibouti a franchi hier une nouvelle étape dans sa réflexion sur l’avenir de son système énergétique. Les représentants de l’État, du secteur privé et des partenaires internationaux se sont réunis dans le cadre du Dialogue Public-Privé pour une séquence stratégique consacrée à l’énergie, placée sous le thème : « L’énergie, condition essentielle de la transformation économique de Djibouti ». Une rencontre qui traduit la volonté des pouvoirs publics de faire de la disponibilité, de la compétitivité et de la durabilité de l’énergie un levier central de la mise en œuvre du Plan national de développement ADEEG.

Au cœur des échanges, une question déterminante pour l’avenir économique du pays : comment faire évoluer le système énergétique national afin d’accompagner la croissance attendue de la demande, répondre aux besoins des entreprises et des grands projets, tout en préservant l’équilibre financier du secteur et en garantissant une énergie compétitive pour les opérateurs économiques ?
L’enjeu dépasse en effet le seul secteur énergétique. La stratégie de diversification économique portée par le gouvernement repose notamment sur le développement de l’industrie, de la logistique, du numérique et du tourisme. Or, la réussite de ces secteurs dépend largement de l’existence d’une alimentation énergétique fiable, accessible et compétitive.
Dans ce contexte, l’énergie apparaît comme l’un des fondements de l’attractivité économique du pays et de la concrétisation des investissements. Pour les entreprises, la disponibilité et le coût de l’électricité constituent des facteurs déterminants dans les décisions d’implantation et de développement.
La rencontre a réuni autour de la même table les représentants de l’État, d’Électricité de Djibouti (EDD), du secteur privé, du Groupe de la Banque mondiale ainsi que de la Société financière internationale (IFC). Cette diversité d’acteurs a permis d’aborder la question énergétique sous ses différentes dimensions : besoins futurs, capacités du système, financement, compétitivité et accompagnement du secteur privé.
Prenant la parole, le ministre de l’Énergie chargé des Ressources naturelles a exposé les orientations nationales dans ce domaine. Il a rappelé que l’accompagnement de la transformation économique passe inéluctablement par une politique énergétique robuste, capable d’absorber l’augmentation future de la demande tout en garantissant la viabilité du secteur.
Cette équation constitue l’un des principaux défis de la politique énergétique : répondre aux besoins croissants liés au développement économique sans compromettre l’équilibre et la pérennité de l’opérateur public.
De son côté, le ministre de l’Économie et des Finances, chargé de l’Industrie, Ilyas Moussa Dawaleh, a insisté sur le lien direct entre la politique énergétique et les ambitions de diversification de l’économie nationale. Il a souligné que l’industrie, la logistique, le numérique et le tourisme, secteurs appelés à jouer un rôle croissant dans l’économie, ne pourront se développer pleinement sans une énergie fiable, accessible et compétitive. L’ambition gouvernementale est ainsi de mettre en adéquation les besoins croissants des investisseurs avec les réalités techniques et financières du système énergétique national.
Mobiliser l’investissement privé pour accompagner la transition
La question du financement a occupé une place importante dans les échanges. M. Ary Naim, directeur de division pour l’Afrique du Nord et la Corne de l’Afrique à l’IFC, a présenté les perspectives de mobilisation du financement privé en faveur du secteur énergétique.
Cette intervention a permis de mettre en lumière le rôle que peuvent jouer les investissements privés dans l’accompagnement des transformations nécessaires du système énergétique. L’objectif est notamment de créer les conditions permettant de mobiliser davantage de capitaux et de favoriser l’émergence de solutions adaptées aux besoins futurs de l’économie.
La participation du secteur privé au Dialogue Public-Privé traduit, à cet égard, la volonté d’inscrire la réflexion énergétique dans une démarche concertée. Les entreprises sont directement concernées par les performances du système électrique, mais elles peuvent également contribuer, par leurs investissements et leur expertise, à son évolution.
En clôture des échanges, M. Ousmane Dione, vice-président régional du Groupe de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord, l’Afghanistan et le Pakistan, a réaffirmé l’engagement de son institution aux côtés de Djibouti dans cette transformation.
La séance interactive qui a suivi les différentes interventions a permis de faire émerger un consensus autour de la nécessité d’une action coordonnée entre les pouvoirs publics, l’opérateur national, le secteur privé et les partenaires au développement. Deux à trois axes prioritaires ont ainsi été identifiés et feront l’objet d’un approfondissement dans les prochaines étapes du Dialogue Public-Privé.
Cette séquence consacrée à l’énergie constitue ainsi une étape dans l’élaboration d’une feuille de route appelée à préciser les priorités du secteur. Au-delà des échanges institutionnels, l’ambition affichée est de parvenir à un système énergétique capable d’accompagner durablement la transformation économique du pays : une énergie plus fiable pour soutenir l’activité, plus compétitive pour renforcer l’attractivité des investissements et suffisamment robuste pour répondre aux besoins de l’économie de demain.











































