
Sous le haut patronage du Premier ministre, M. Abdoulkader Kamil Mohamed, la république de Djibouti a lancé hier, lundi, à l’Ayla Grand Hôtel, son Compact AgriConnect, une initiative du Groupe de la Banque mondiale destinée à accélérer la transformation des systèmes agroalimentaires.

Placée sous le thème « Accélérer la transformation du système agroalimentaire djiboutien : mobiliser les investissements, renforcer les partenariats et passer à l’action », cette initiative entend mobiliser les acteurs publics et privés autour d’une vision commune, d’investissements stratégiques et de réformes prioritaires.La cérémonie de lancement a réuni plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de l’agriculture de l’eau de la pêche de l’élevage chargé des ressources halieutiques, M. Radwan Abdillahi Bahdon, le ministre de l’économie et des finances chargées de l’industrie, M. Ilyas Moussa Dawaleh,des représentants des corps diplomatiques et consulaires, du secteur privé et de l’agrobusiness, des organisations de producteurs, des institutions financières, de jeunes entrepreneurs, de la société civile, du monde académique ainsi que des partenaires techniques et financiers. Le vice-président régional pour le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord, l’Afghanistan et le Pakistan du Groupe de la Banque mondiale, M. Ousmane Dione, et le directeur divisionnaire de l’IFC pour l’Afrique du Nord et de l’Est, M. Ary Naim, ont également pris part à cet événement.
En effet l’Agriconnect est une initiative du Groupe de la Banque mondiale visant à accélérer la transformation des systèmes agroalimentaires en mobilisant les acteurs publics et privés autour d’une vision commune, d’investissements stratégiques, de réformes prioritaires et de partenariats renforcés. À travers cette initiative, le Groupe de la Banque mondiale accompagne les pays dans l’identification et la levée des contraintes qui freinent le développement du secteur agricole et agroalimentaire, tout en favorisant la création d’emplois, le renforcement de la sécurité alimentaire et la mobilisation de l’investissement privé.

Dans ce cadre, le gouvernement de la République de Djibouti, aux côtés du groupe de la Banque mondiale de représentants du secteur privé, d’institutions financières, d’organisations, de producteurs et de partenaires au développement, a lancé, le lundi , l’initiative Compact AgriConnect de Djibouti, une feuille de route nationale destinée à libérer le potentiel de l’agriculture et de l’agro-industrie en tant que moteur de création d’emplois, d’investissements privés et de sécurité alimentaire. Djibouti est le premier pays de la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan(MENAAP) à rejoindre l’initiative. Le compact identifie trois chaînes de valeurs prioritaires présentant un fort potentiel de croissance et de création d’emplois à Djibouti, l’élevage, l’horticulture et les dattes.
L’objectif du Compact est ainsi de contribuer à l’augmentation de la production nationale, au renforcement des chaînes de valeur prioritaires et à la création de nouvelles opportunités économiques au profit des communautés rurales. Son élaboration a été menée à travers des consultations associant les institutions gouvernementales, les organisations de producteurs et différents acteurs concernés.
Dans un discours prononcé à l’issue de la cérémonie, le vice-président régional,Moyen Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan du Groupe de la Banque mondiale, M. Ousmane Dione, a salué la performance de Djibouti, premier pays de la région MENAAP à finaliser et à lancer son pacte agricole.

« Bravo Djibouti. Je dois rappeler pour mémoire que la région MENAAP compte 24 pays. Et parmi ces 24 pays, aujourd’hui Djibouti est le premier », a-t-il déclaré.
Il a également adressé ses encouragements aux autorités et à la jeunesse djiboutienne, soulignant le rôle que peut jouer l’agriculture dans le développement économique du pays.
De son côté, le ministre de l’Économie et des Finances, chargé de l’Industrie, M. Ilyas Moussa Dawaleh, s’est réjoui du lancement d’AgriConnect, soulignant que Djibouti est le premier pays de la région MENAAP à franchir cette étape. Il a remercié l’ensemble des partenaires, en particulier le Groupe de la Banque mondiale, et insisté sur la nécessité de mobiliser davantage le secteur privé et d’engager une transformation profonde du secteur primaire. Prenant la parole le ministre de l’agriculture, M. Radwan Abdillahi Bahdon a réaffirmé sa reconnaissance Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État, pour les orientations stratégiques qu’Il a constamment fixées en faveur de la diversification de notre économie, du développement de notre agriculture et du renforcement de notre souveraineté alimentaire. « Je voudrais également, au nom du Ministère dont j’ai la charge, réaffirmer notre profonde reconnaissance à Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État, pour les orientations stratégiques qu’Il a constamment fixées en faveur de la diversification de notre économie, du développement de notre agriculture et du renforcement de notre souveraineté alimentaire ».
Le Ministre de l’agriculture a rappelé également que nous devons poursuivre les efforts en matière de mobilisation des ressources hydriques, de forages, d’irrigation, d’économie d’eau, d’énergie solaire, de réhabilitation des infrastructures hydrauliques et de gestion durable de la ressource.
« Dans notre pays, parler d’agriculture sans parler d’eau serait ignorer la principale contrainte structurelle de notre développement. Nous devons donc poursuivre nos efforts en matière de mobilisation des ressources hydriques, de forages, d’irrigation, d’économie d’eau, d’énergie solaire, de réhabilitation des infrastructures hydrauliques et de gestion durable de la ressource ».
Il a par ailleurs précisé que le lancement du Compact AgriConnect intervient à un moment décisif. « Notre pays a désormais besoin de passer d’une ambition légitime à une accélération concrète de la transformation de son secteur primaire ».
« Le Président de la République nous a donné une orientation essentielle : « nous donner les moyens d’affermir aussi notre souveraineté alimentaire ».À nous maintenant de traduire cette ambition en actions, à nous de produire davantage, de mieux utiliser chaque goutte d’eau, à nous de mobiliser davantage d’investissements privés, à nous de développer des filières compétitives et à nous de créer des emplois pour notre jeunesse ».
Dans son discours de clôture, le Premier ministre, M. Abdoulkader Kamil Mohamed, a salué l’adhésion de Djibouti à l’initiative AgriConnect, qu’il considère comme une réelle opportunité de transformer durablement les pratiques agricoles, de renforcer la sécurité agroalimentaire et de promouvoir une agriculture durable.
« La sélection de Djibouti parmi les pays africains bénéficiaires du programme AgriConnect nous honore et constitue une réelle opportunité de transformer sur le long terme les pratiques agricoles, de renforcer la sécurité agroalimentaire et de promouvoir une agriculture durable.Cette initiative ouvre désormais la voie à un nouveau paradigme. Il ne s’agit pas de reproduire les modèles agricoles des grands pays producteurs, il s’agit de construire le modèle agricole qui correspond aux réalités de Djibouti mais notre responsabilité est aujourd’hui de franchir une nouvelle étape ».
« L’initiative AgriConnect que nous engageons aujourd’hui ne disperse pas nos efforts : Elle les concentre sur trois filières choisies pour leur adéquation avec les réalités de Djibouti.L’élevage d’abord, qui reste le socle de l’économie rurale et de notre commerce régional de bétail.L’horticulture sous serre ensuite, ombragée et climato-intelligente, qui nous permet de produire des fruits et légumes frais malgré nos contraintes climatiques.La phœniciculture enfin, particulièrement adaptée à nos conditions arides, qui valorise nos oasis et nos terres irriguées.Ce choix n’est pas un pari : c’est la reconnaissance lucide de nos atouts réels ».
Le Premier ministre a enfin rappelé que le lancement du Compact AgriConnect ne constitue pas une fin en soi, mais marque « le début d’une obligation de résultats ».
La journée s’est achevée par des panels et des discussions consacrés à la mobilisation des différentes parties prenantes et à l’appropriation nationale de l’initiative par les institutions publiques, le secteur privé et les partenaires au développement.
SOUBER HASSAN










































