Le Gouvernement djiboutien a officiellement pris en main la gestion de la Base logistique humanitaire, jusque-là administrée par le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM). La cérémonie de remise de gestion, tenue hier à Djibouti, marque une nouvelle étape dans le renforcement des capacités nationales en matière de sécurité alimentaire, de préparation aux situations d’urgence et de gestion des chaînes d’approvisionnement.

La plateforme, désormais placée sous la responsabilité du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, devient ainsi un actif stratégique sous gestion nationale. Cette transition vient consacrer une décennie de coopération étroite entre Djibouti et le PAM et ouvre une nouvelle phase dans l’utilisation de cette infrastructure au service des priorités nationales et régionales.

Avec cette reprise en main, Djibouti dispose désormais d’un outil supplémentaire pour renforcer ses capacités de stockage et de gestion des réserves alimentaires, notamment en période de crise. La plateforme pourra également contribuer à maintenir l’acheminement des produits essentiels lorsque les chaînes d’approvisionnement sont perturbées par des catastrophes, des conflits ou d’autres chocs. À terme, cette infrastructure pourrait constituer l’un des fondements d’une réserve alimentaire nationale. Un tel dispositif permettrait à notre  pays de disposer de stocks mobilisables rapidement en cas d’urgence et de renforcer sa résilience face aux risques susceptibles d’affecter l’approvisionnement. Depuis son ouverture en 2016, la Base logistique humanitaire de Djibouti a joué un rôle majeur dans l’organisation des opérations du PAM dans la Corne de l’Afrique. Elle s’est notamment révélée déterminante lors des réponses humanitaires engagées face aux épisodes de sécheresse et aux crises qui ont touché la région entre 2022 et 2024.

Avec une capacité de stockage de 65 000 tonnes métriques, l’infrastructure dispose de silos à céréales en vrac, d’entrepôts destinés aux produits alimentaires et non alimentaires, d’espaces de stockage de conteneurs ainsi que d’équipements dédiés à la manutention des marchandises. Cette capacité a permis au PAM de soutenir les opérations de plusieurs organisations humanitaires et de faciliter l’acheminement de l’aide vers les populations affectées, notamment à Djibouti et au Yémen. La plateforme s’est ainsi imposée comme un maillon important des chaînes logistiques humanitaires régionales, permettant de prépositionner les stocks et de réduire les délais d’intervention lorsque survient une urgence.

La transition vers une gestion nationale s’effectuera progressivement. Afin d’assurer la continuité des opérations et de consolider les compétences nationales, le PAM prévoit d’apporter, pendant six mois, une assistance technique ainsi que des formations dans les domaines liés à la gestion des infrastructures humanitaires, des opérations et des systèmes de la base. Cette période d’accompagnement doit permettre aux équipes nationales de prendre pleinement en charge les différentes composantes de la plateforme et d’assurer son fonctionnement dans la durée.

Le PAM a par ailleurs exprimé sa reconnaissance aux partenaires ayant contribué à la création, au développement et au fonctionnement de cette infrastructure, notamment le Canada, les États-Unis, la Norvège, la Finlande, le Japon, l’Union européenne, le Royaume d’Arabie saoudite et Djibouti.

Avec cette nouvelle étape, une infrastructure conçue initialement comme un instrument de réponse humanitaire régionale entre désormais dans une nouvelle phase de son histoire. Pour Djibouti, l’enjeu est de valoriser cet outil stratégique afin de consolider sa sécurité alimentaire, renforcer sa capacité d’anticipation face aux crises et conforter sa position de plateforme logistique au service de la Corne de l’Afrique.