
La capitale djiboutienne accueille un atelier régional du Projet d’Appui à la Surveillance des Subventions liées aux Initiatives Mondiales en matière de Santé (PASSIMS), réunissant magistrats, auditeurs et experts de neuf pays d’Afrique francophone. Organisée sous l’égide de la Cour des comptes de Djibouti et du Conseil régional de formation des Institutions supérieures de contrôle des finances publiques d’Afrique francophone subsaharienne (CREFIAF), cette rencontre vise à renforcer la transparence, la redevabilité et l’efficacité dans la gestion des financements internationaux destinés à la lutte contre les grandes pandémies et au renforcement des systèmes de santé.

Ouvrant les travaux, la Première Présidente de la Cour des comptes de Djibouti, Mme Ismahan Mahamoud Ibrahim, a souligné l’importance stratégique de cet atelier consacré à la revue et à la préparation du rapport d’audit financier du projet PASSIMS. « Ces financements, aussi précieux que conditionnés, exigent de notre part une redevabilité exemplaire, une transparence sans faille et une traçabilité irréprochable des fonds alloués », a-t-elle déclaré, rappelant que les ressources mobilisées par les partenaires internationaux doivent être gérées avec la plus grande rigueur.
Selon elle, cette démarche contribue à bâtir une véritable culture de l’excellence dans le contrôle des finances publiques, tout en consolidant la confiance des partenaires techniques et financiers et en renforçant la mission de conseil de la Cour des comptes auprès des autorités publiques. La représentante et cheffe du Secrétariat permanent du CREFIAF, Mme Rose Mbah Acha, a abondé dans le même sens. Elle a estimé que cette rencontre dépasse largement le cadre d’un simple atelier de renforcement des capacités.
« Notre ambition est de faire de la qualité de l’audit public le socle durable d’une gouvernance intègre, d’une transparence exigeante et d’une conscience au service de nos États et de nos populations », a-t-elle affirmé, saluant le leadership de la Première Présidente de la Cour des comptes de Djibouti et l’engagement des autorités djiboutiennes en faveur de la bonne gouvernance.
Une coopération régionale au service d’un contrôle public performant
L’atelier réunit des représentants du Burkina Faso, du Burundi, du Cameroun, de la République démocratique du Congo, de Madagascar, du Mali, du Sénégal, du Tchad et de Djibouti. Ensemble, ils examinent les mécanismes permettant d’améliorer le contrôle des fonds consacrés à la lutte contre le VIH/Sida, la tuberculose, le paludisme ainsi qu’au renforcement de la couverture vaccinale. Soutenu notamment par le Fonds mondial et l’Alliance GAVI, le projet PASSIMS vise à garantir une utilisation transparente et efficace des financements internationaux destinés au secteur de la santé. Pour les partenaires au développement, un contrôle indépendant constitue un élément essentiel pour assurer la pérennité de leurs appuis.
Les travaux s’inscrivent dans la continuité des précédentes sessions organisées à Douala, au Cameroun, ainsi que de plusieurs réunions techniques en visioconférence.
Les participants s’appuient sur les normes internationales de l’Organisation internationale des institutions supérieures de contrôle des finances publiques (INTOSAI), notamment les normes ISSAI, afin d’harmoniser les pratiques d’audit et d’élever les standards de contrôle dans l’espace francophone.
Pour Mme Ismahan Mahamoud Ibrahim, cet échange d’expériences contribue à créer une véritable communauté de pratiques en matière d’audit des projets de santé. L’objectif est de transformer les compétences individuelles des auditeurs en une intelligence collective capable d’améliorer durablement la gouvernance financière. Au-delà des aspects techniques, cette rencontre constitue également une opportunité pour la Cour des comptes de Djibouti de renforcer les compétences de ses magistrats et d’accroître la qualité de ses missions de contrôle et de conseil auprès des pouvoirs publics.
En accueillant cet événement régional, Djibouti confirme son rôle grandissant comme plateforme de coopération en matière de gouvernance financière en Afrique francophone.
Plus largement, les travaux du PASSIMS rappellent qu’une gestion rigoureuse des ressources publiques ne se résume pas à une exigence comptable : elle demeure l’une des conditions essentielles pour garantir des systèmes de santé performants et offrir aux populations un meilleur accès aux soins.
Djibril Abdi Ali








































