
Entre passion et manque de sommeil, les supporters djiboutiens veillent jusqu’à l’aube pour ne rien manquer du plus grand rendez-vous du football mondial.
Quand le monde du football retient son souffle, les nuits djiboutiennes s’animent. Depuis le coup d’envoi de la Coupe du monde FIFA 2026, le 11 juin dernier, des milliers de supporters à Djibouti vivent au rythme des matchs diffusés en pleine nuit, conséquence du décalage horaire avec l’Amérique du Nord, hôte de cette édition historique.
Organisée pour la première fois par trois pays – les États-Unis, le Canada et le Mexique – cette 23e édition du Mondial se distingue également par un format inédit de 48 équipes et un total de 104 rencontres, contre 64 lors des précédentes éditions.
Aux États-Unis, onze villes accueillent la majorité des matchs, tandis que le Canada et le Mexique se partagent chacun treize rencontres. Mais pour les supporters africains, et particulièrement djiboutiens, ce calendrier implique de longues veillées, parfois jusqu’aux premières heures du matin.
La passion plus forte que le sommeil
Dans les cafés, les salons ou entre voisins, l’ambiance est souvent la même : écrans allumés, discussions animées et émotions partagées jusqu’à l’aube. Pour beaucoup, la Coupe du monde est un moment unique qui transcende les frontières et rassemble toutes les générations.
« Pour moi, la passion du football l’emporte. Je regarde les matchs tous les soirs avec deux de mes amis voisins. Nous sommes en vacances et cela crée un fort sentiment d’appartenance à une communauté de passionnés », confie Moussa, supporter inconditionnel.
Chez les plus jeunes, l’enthousiasme est tout aussi palpable. « À trois heures du matin, je m’en fiche, je regarde ! », lance un adolescent, déterminé à suivre toutes les grandes affiches, des huitièmes de finale jusqu’à la finale.
Pour de nombreux amateurs de football, le sacrifice de quelques heures de sommeil est un prix modeste à payer pour vivre l’intensité d’un événement qui ne revient que tous les quatre ans.
Quand le Mondial dérègle l’horloge biologique
Mais ces nuits blanches ne sont pas sans conséquences. Le manque de sommeil peut entraîner fatigue, baisse de concentration et difficultés de récupération physique et mentale. Le Dr Maktireh, spécialiste du sommeil au CHU de l’hôpital Peltier, rappelle l’importance de prendre certaines précautions pour limiter les effets de ces veillées répétées. Selon lui, l’une des meilleures stratégies consiste à dormir quelques heures avant le début du match, les premières heures de sommeil étant particulièrement réparatrices. Il recommande également de faire une courte sieste avant les rencontres programmées tard dans la soirée afin de réduire la fatigue accumulée. L’alimentation joue également un rôle essentiel. Le spécialiste conseille de privilégier un repas léger avant le match pour éviter une digestion difficile durant la nuit et maintenir une bonne vigilance. « Ces petits gestes permettent de lutter contre la somnolence et d’aider le cerveau à rester actif », souligne-t-il.
Avec ses 104 matchs et ses horaires parfois contraignants pour les téléspectateurs africains, la Coupe du monde 2026 est particulièrement exigeante pour les organismes. Mais pour les passionnés de ballon rond, l’événement demeure avant tout une fête planétaire.
Car au-delà des heures de sommeil perdues, le Mondial reste un rendez-vous exceptionnel, un moment de communion et de partage qui transforme, le temps d’un été, les nuits de Djibouti en véritables célébrations du football.
Saleh Ibrahim Rayaleh






































