La réalisatrice, Lula Ali Ismaïl, vient d’entamer le tournage de son troisième long métrage, Ayaan, un film qu’elle présente comme un projet inédit dans sa carrière, entièrement consacré aux réalités sociologiques de son pays. Débuté le 14 avril pour s’achever le 22 mai 2026, ce tournage 100 % djiboutien se déroule entièrement sur place. Ayaan a été tourné au centre ville, à Arta, à la plage Douda, au quartier Djebel, Gachamaleh, etc. Entourée d’une équipe de production française et djiboutienne (Gs Films et Samawada Films), la cinéaste a voulu que cette œuvre soit intégralement djiboutienne, du scénario au message. Ce projet de film n’aurait pu se concrétiser sans le soutien indéfectible du secteur public et privé de notre pays.

Ayaan, c’est l’histoire d’une jeune architecte de 32 ans, célibataire, qui subit la pression familiale pour se marier. Entre son amie Idil fraîchement mariée, Filsan qui rêve de fuir à New York, et Fatouma qui cache une liaison avec un homme plus jeune, elle décide de reprendre sa vie en main et d’être heureuse, avec ou sans mari.

À travers Ayaan, la cinéaste explore avec justesse les débats sociétaux qui traversent la société djiboutienne, notamment la vie de couple et la condition féminine. Un regard intime et engagé qui promet de faire résonner les voix du pays au niveau continental et international.

En 2011, elle réalise Laan, un film engagé qui aborde les conséquences sociales de la consommation de khat à Djibouti. Mené avec des moyens limités mais porté par une forte conviction artistique, ce projet marque ses débuts remarqués. La reconnaissance s’élargit avec Dhalinyaro (Jeunesse), son premier long métrage de fiction, tourné intégralement à Djibouti. À travers le destin croisé de trois adolescentes issues de milieux différents, la cinéaste explore les dilemmes de la jeunesse, les pressions sociales et les espoirs d’émancipation.

Le film a été bien accueilli par le public local, tout en ayant un écho notable auprès des festivals internationaux, confirmant ainsi la capacité du cinéma djiboutien à raconter des histoires universelles à partir d’un ancrage local fort.  Au-delà de ses propres réalisations, Lula Ali Ismaïl s’est également illustrée par son engagement en faveur de la production nationale. Elle a notamment été productrice exécutive du film La Femme du fossoyeur, œuvre saluée à l’international et réalisée par Khadar Ayderus Ahmed.

Avec Ayaan, la cinéaste poursuit son travail de mémoire et de transmission, affirmant une fois de plus que le cinéma djiboutien a droit de cité sur la scène mondiale. Il convient de rappeler que la cinéaste et actrice djiboutienne a été élevée, il y a quelques mois, au rang de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres par l’ambassadeur de France à Djibouti, Jérôme Bresson, en guise de reconnaissance de son engagement artistique.

Notons également que son deuxième long métrage “Nuur”, tourné à Toronto, début 2025, est en post production.

NF