
Avec l’élargissement du tournoi à 48 équipes, l’Afrique disposait pour la première fois une chance de briller avec dix représentants. Ce nouveau format nourrissait l’espoir de voir le continent franchir un cap historique. Le verdict est tombé, la Coupe du monde 2026 entre dans une nouvelle dimension avec le début des huitièmes de finale, après plusieurs jours de suspense, de surprises et de spectacles.
En effet, seize nations sont encore en lice pour décrocher le plus prestigieux trophée du football mondial, tandis que les autres, dont le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Ghana ou encore l’Algérie, du côté africain, ont vu leur rêve s’arrêter prématurément.
La France, le Brésil, l’Argentine, l’Espagne et le Portugal poursuivent leur chemin, tandis que le Maroc et l’Égypte portent désormais les derniers espoirs du football africain.
Neuf des dix sélections africaines ont réussi à franchir la phase de groupes dans les premiers jours du mondial, un record inédit pour le continent. Cette performance confirme les progrès réalisés ces dernières années grâce aux investissements dans la formation, à l’amélioration des infrastructures et à l’expérience acquise par de nombreux joueurs évoluant dans les meilleurs championnats européens.
Cependant, le tableau change radicalement à partir des matchs à élimination directe. Plusieurs équipes africaines ont quitté la compétition malgré des prestations convaincantes. Le Sénégal a laissé échapper une avance de deux buts face à la Belgique, la République démocratique du Congo s’est inclinée de justesse contre l’Angleterre, la Côte d’Ivoire a été renversée par la Norvège, tandis que le Ghana et le Cap-Vert ont également quitté le tournoi après avoir livré une forte résistance.
Le Maroc apparaît une nouvelle fois comme le porte-drapeau du football africain. Après son parcours historique jusqu’en demi-finale en 2022, les Lions de l’Atlas confirment leur statut en atteignant les quarts de finale grâce à une victoire convaincante 3-0 contre le Canada. L’équipe marocaine impressionne par sa maturité tactique, sa solidité défensive et son efficacité offensive, autant de qualités qui en font un sérieux prétendant au dernier carré.
L’autre révélation du tournoi reste le Cap-Vert. Pour sa première participation à une Coupe du monde, la sélection capverdienne a surpris les observateurs par son organisation collective et son courage.
Malgré son élimination contre l’Argentine, elle a démontré que les petites nations africaines peuvent désormais rivaliser avec les meilleures équipes mondiales.
Cette Coupe du monde révèle néanmoins une faiblesse persistante : les équipes africaines peinent encore à gérer les moments décisifs. Plusieurs éliminations se sont jouées sur des erreurs de concentration, un manque de réalisme devant le but ou une baisse d’intensité dans les dernières minutes. À ce niveau de compétition, ces détails font toute la différence.
Le bilan est donc contrasté. D’un côté, l’Afrique confirme que son niveau moyen progresse et que ses sélections sont désormais capables de sortir des groupes en nombre. De l’autre, elle n’a pas encore franchi le cap qui lui permettrait d’installer régulièrement plusieurs représentants en quarts de finale, voire en demi-finales.
Cette édition 2026, nous montre l’évolution du football africain. Le potentiel est bien réel, les talents sont nombreux et les résultats de la phase de groupes le démontrent. Mais pour prétendre à une place parmi les grandes puissances mondiales, les sélections africaines devront apprendre à transformer leurs bonnes performances en victoires lors des matchs couperets. C’est désormais à ce niveau que se joue la prochaine étape du développement du football africain.
Souber Hassan








































