À travers un témoignage inédit, l’ancienne ministre et diplomate  djiboutienne dévoile les coulisses des grandes médiations africaines conduites entre 2010 et 2023. Un récit qui éclaire les défis de la diplomatie de crise et célèbre l’engagement des femmes au service de la paix.

Pendant plus d’une décennie, Hawa Ahmed Youssouf a été l’une des figures les plus discrètes mais aussi les plus influentes de la diplomatie africaine.

 Aujourd’hui, l’ancienne ministre de la Promotion de la Femme et du Bien-être familial, puis ministre déléguée à la Coopération internationale de la République de Djibouti, ouvre les portes d’un univers rarement accessible au grand public avec la publication de son livre Diplomate djiboutienne au cœur des tumultes africains (RCA, Madagascar, Comores, Mali) 2010-2023, paru aux Éditions L’Harmattan.

Sur près de 300 pages, l’auteure retrace un parcours exceptionnel qui l’a conduite au cœur des principales crises politiques et sécuritaires du continent africain.

Première femme africaine nommée Représentante spéciale de l’Union africaine en 2010, Hawa Ahmed Youssouf raconte de l’intérieur les efforts de médiation, les négociations de paix et les initiatives diplomatiques menées en République centrafricaine, à Madagascar, aux Comores et au Mali.

Loin d’un simple récit autobiographique, cet ouvrage constitue un véritable témoignage historique sur les mécanismes de prévention et de résolution des conflits en Afrique. Il plonge le lecteur dans les coulisses de la diplomatie, là où se négocient souvent, dans la discrétion, les compromis susceptibles d’éviter l’escalade de la violence.

Dans sa préface, Maman Sidikou, ancien Représentant spécial de l’Union africaine et des Nations unies, salue le courage et le professionnalisme de celle qu’il décrit comme une « combattante pour la paix ».  Il souligne la capacité de Hawa Ahmed Youssouf à instaurer la confiance entre les parties adverses, à coordonner les partenaires internationaux et à maintenir le dialogue dans des contextes particulièrement instables.

Le livre met également en lumière les contraintes auxquelles sont confrontés les médiateurs africains : rivalités politiques, intérêts géostratégiques des puissances étrangères, fragilité des institutions et souffrances des populations civiles.  À travers ses souvenirs, Hawa Ahmed Youssouf rappelle que chaque avancée diplomatique est souvent le fruit d’une patience infinie, d’une écoute attentive et d’une détermination sans faille.  Mais l’ouvrage est aussi un récit profondément personnel. L’auteure revient sur son enfance, les obstacles rencontrés au cours de sa formation et la résilience qui lui a permis de gravir les plus hautes marches de la diplomatie continentale. Elle rend notamment hommage à sa mère, dont le soutien et la foi dans l’éducation ont été déterminants dans son parcours.

Cette dimension humaine confère au livre une portée universelle. Au-delà des crises africaines,

Hawa Ahmed Youssouf raconte le cheminement d’une femme qui a su transformer les difficultés en moteur de réussite et mettre ses compétences au service de la paix.

La publication de Diplomate djiboutienne au cœur des tumultes africains revêt une signification particulière pour Djibouti.  Elle met en lumière l’apport de l’un de ses plus éminents diplomates au rayonnement du pays sur la scène africaine et internationale. Elle rappelle également la place croissante des femmes dans les instances décisionnelles du continent et leur contribution essentielle aux processus de médiation et de consolidation de la paix.  À travers ce témoignage, Hawa Ahmed Youssouf enrichit la mémoire diplomatique africaine d’un document précieux.  Son récit offre aux chercheurs, aux étudiants, aux diplomates et aux jeunes générations une lecture éclairante des réalités du terrain, tout en portant un message d’espoir : celui d’une Afrique capable de résoudre ses crises par le dialogue, la coopération et la volonté politique.

À une époque où les défis sécuritaires demeurent nombreux sur le continent, ce livre apparaît comme une invitation à mieux comprendre les ressorts de la paix et le rôle souvent méconnu de celles et ceux qui œuvrent, dans l’ombre, pour rapprocher les peuples et préserver la stabilité.