
Réunis dans la métropole chinoise à l’occasion du 70e anniversaire des relations diplomatiques entre la Chine, l’Afrique et le monde arabe, diplomates, universitaires et journalistes ont réaffirmé leur volonté de bâtir une communauté d’avenir partagé. Les échanges ont également mis en lumière les acquis de la coopération sino-africaine et sino-arabe et la nécessité de renforcer les partenariats face aux défis mondiaux.

La semaine dernière, Beijing a accueilli un important séminaire d’échanges consacré au 70e anniversaire des relations diplomatiques entre la Chine, l’Afrique et le monde arabe, sous le thème : « Bâtir ensemble une communauté d’avenir partagé ». L’événement a réuni plus d’une trentaine de journalistes africains et arabes participant au Programme de formation 2026 du Centre international de presse et de communication de Chine (CIPCC), ainsi qu’une cinquantaine de diplomates, universitaires et représentants d’institutions internationales.
Dans une brève allocution faite sur place, le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Miao Deyu, a rappelé que les relations diplomatiques sino-africaines et sino-arabes ont débuté il y a 70 ans avec l’établissement des liens diplomatiques entre la Chine et l’Égypte. Selon lui, malgré les bouleversements internationaux, la Chine, les États africains et les pays arabes sont demeurés des partenaires solidaires, fondant leur coopération sur le respect mutuel, l’égalité souveraine et la recherche d’intérêts communs.
« Entrées dans une nouvelle ère sous l’impulsion du président Xi Jinping et des dirigeants africains et arabes, les relations sino-africaines et sino-arabes connaissent aujourd’hui leur meilleure période historique », a-t-il affirmé.
Le vice-ministre a mis en avant que la diplomatie des chefs d’État a permis de porter les échanges à un niveau inédit et de renforcer les mécanismes de coopération. Il a également insisté sur le rôle croissant de la coopération sino-africaine et sino-arabe dans l’émergence du Sud global et dans la promotion d’un ordre international plus équitable. Pour consolider ces acquis, Miao Deyu a proposé trois orientations majeures. La première consiste à renforcer la convergence des visions de développement afin de promouvoir une modernisation adaptée aux réalités nationales. Il a notamment évoqué la volonté de la Chine de renforcer la synergie entre son quinzième Plan quinquennal, l’Agenda 2063 de l’Union africaine et la Vision arabe 2045.
La deuxième orientation vise à approfondir les échanges humains et culturels. Rappelant que les civilisations chinoise, africaine et arabe entretiennent des liens séculaires remontant à l’ancienne Route de la soie, il a plaidé pour une intensification des échanges universitaires, culturels et intellectuels afin de renforcer la compréhension mutuelle entre les peuples.
Le responsable chinois a également appelé à une coopération accrue pour défendre le multilatéralisme, l’équité et la justice internationales. Il a réaffirmé l’engagement de la Chine en faveur d’un système international fondé sur le droit international et la Charte des Nations unies. Abordant les questions d’actualité internationale, Miao Deyu a évoqué le soutien humanitaire apporté par la Chine à la République démocratique du Congo face à la résurgence d’Ebola. Il a également rappelé la position de Pékin sur les crises du Moyen-Orient, notamment son soutien à la création d’un État palestinien indépendant et souverain sur la base des frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale. Le représentant permanent de l’Union africaine en Chine, Mohamed Sarjoh Bah, a rendu hommage au président chinois Xi Jinping pour son rôle dans le renforcement des relations sino-africaines. Pour le diplomate africain, ce 70ième anniversaire représente bien plus qu’une simple commémoration diplomatique. Il symbolise une relation forgée dans les luttes pour l’indépendance, consolidée par la solidarité politique et renforcée par une coopération économique et stratégique de plus en plus ambitieuse.
Un partenariat basé sur l’égalité souveraine
« L’évolution des relations sino-africaines démontre ce qu’il est possible de réaliser lorsque les partenariats reposent sur l’égalité souveraine, la non-ingérence, le respect mutuel et les intérêts communs », a-t-il déclaré. Mohamed Sarjoh Bah a rappelé le rôle historique joué par les pays africains dans le rétablissement du siège légitime de la République populaire de Chine aux Nations unies en 1971. Il a également souligné que le partenariat sino-africain est aujourd’hui devenu un partenariat stratégique global, mutuellement bénéfique et résilient.
Il a particulièrement insisté sur l’importance du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), devenu, selon lui, un mécanisme essentiel de dialogue et de coopération. « Le FOCAC a transformé une amitié de longue date en un cadre organisé et axé sur les résultats, propice au dialogue collectif et à la coopération concrète. Grâce à ce mécanisme, les engagements se traduisent de plus en plus par des réalisations dans des secteurs clés tels que les infrastructures, les transports, l’énergie, l’agriculture, la santé publique, les sciences et technologies, l’éducation et le développement des compétences », a-t-il expliqué.
Ces investissements contribuent directement à la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui ambitionne de faire de l’Afrique un continent intégré, prospère et pacifique.
Face aux défis géopolitiques, économiques, technologiques et environnementaux actuels, les intervenants ont souligné la nécessité de renforcer la coopération entre la Chine, l’Afrique et le monde arabe. Mohamed Sarjoh Bah a notamment plaidé pour une coordination accrue au sein des institutions multilatérales afin de défendre les intérêts du Sud global et de promouvoir une réforme de la gouvernance mondiale plus représentative.
« Si elle est pleinement exploitée, la coopération trilatérale entre l’Afrique, la Chine et le monde arabe contribuera à façonner l’avenir de l’humanité au cours du siècle à venir », a-t-il affirmé.
Selon lui, la tâche stratégique qui attend la Chine et l’Afrique ne consiste pas simplement à préserver les acquis, mais à approfondir leur mise en œuvre, à renforcer l’appropriation africaine et à veiller à ce que la coopération engendre une transformation durable. « L’Afrique se félicite de l’alignement continu des engagements du FOCAC sur le deuxième plan décennal de mise en œuvre de l’Agenda 2063 et sur le quinzième Plan quinquennal de la Chine », a-t-il conclu.
Mohamed Chakib Saad envoyé depuis Pékin. Chine








































