
Une nouvelle étape vient d’être franchie dans la concrétisation du projet du Nouvel Aéroport International de Bi’idley. Une table ronde réunissant hier, à l’Ayla Grand Hôtel, les membres du gouvernement, les partenaires techniques et financiers, le corps diplomatique et les principaux acteurs économiques a permis de faire le point sur l’état d’avancement du projet et d’examiner les conditions de mobilisation des ressources nécessaires à sa réalisation. Estimé à 411 millions d’euros, ce projet d’envergure est appelé à renforcer la connectivité du pays et à accompagner ses ambitions de plateforme logistique de référence en Afrique.

Il est des rencontres qui dépassent le simple cadre institutionnel pour engager des perspectives de long terme. La table ronde consacrée au projet du Nouvel Aéroport International de Bi’idley appartient à cette catégorie. Organisée par le Gouvernement de la République de Djibouti à l’Ayla Grand Hôtel, elle a réuni autour d’une même table les autorités nationales, les partenaires techniques et financiers, les représentants du corps diplomatique ainsi que les acteurs du secteur public et privé.
L’objectif était clairement défini : présenter de manière détaillée l’état d’avancement du projet, examiner ses différentes composantes et échanger avec les partenaires sur les conditions permettant de mobiliser les financements indispensables à sa réalisation.
La rencontre a enregistré la participation de plusieurs membres du gouvernement, parmi lesquels le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, M. Abdoulkader Houssein Omar, le ministre de l’Économie et des Finances, chargé de l’Industrie, M. Ilyas Moussa Dawaleh, le ministre des Infrastructures et de l’Équipement, M. Said Nouh Hassan, le ministre du Budget, M. Isman Ibrahim Robleh, ainsi que la ministre de la Ville, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Mme Amina Abdi Aden.
Étaient également présents la ministre déléguée chargée de l’Économie numérique et de l’Innovation, Mme Safia Ali Gadileh, la ministre déléguée chargée des Investissements et du Développement du secteur privé, Mme Mariam Hamadou, le secrétaire général du ministère du Budget et coordinateur du projet, M. Simon Mibrathu, ainsi que le président de l’Autorité des ports et des zones franches de Djibouti (APZFD), M. Aboubaker Omar Hadi, et le président de la Chambre de commerce de Djibouti, M. Youssouf Moussa Dawaleh.
Des secrétaires généraux de différents départements ministériels, des responsables d’organismes publics et privés et des représentants du corps diplomatique ont également pris part aux travaux. Les ambassadeurs de France, des États-Unis et du Japon figuraient notamment parmi les participants, aux côtés de représentants des institutions partenaires au développement. Cette forte mobilisation témoigne de l’importance accordée au projet et de sa dimension multisectorielle. Car au-delà de la construction d’un nouvel aéroport, Bi’idley s’inscrit dans une vision plus large de développement économique, de connectivité régionale et de consolidation de la position du pays dans les échanges internationaux.
Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, M. Abdoulkader Houssein Omar, a mis en avant la portée stratégique du futur aéroport.
« Le Projet de l’Aéroport International de Bi’idley constitue un investissement stratégique destiné à soutenir la croissance économique, à renforcer l’intégration régionale, à faciliter les échanges internationaux et à stimuler l’attractivité de notre pays », a-t-il déclaré.
La position géographique de la République de Djibouti constitue, dans cette perspective, un atout majeur. Situé au carrefour des routes commerciales reliant l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie, le pays dispose déjà d’un ensemble d’infrastructures portuaires et ferroviaires qui ont contribué à renforcer son rôle dans les échanges régionaux et internationaux.
Le futur aéroport est appelé à compléter cet écosystème en ajoutant une composante aérienne à un dispositif logistique déjà structuré. L’ambition consiste ainsi à favoriser une meilleure complémentarité entre les différents modes de transport et à renforcer la capacité du pays à accueillir et à traiter des flux de marchandises et de voyageurs.
Pour le ministre des Infrastructures et de l’Équipement, M. Said Nouh Hassan, le projet dépasse donc largement la seule réalisation d’une infrastructure aéroportuaire. Il s’inscrit dans une perspective de transformation économique et de développement à long terme.
Le futur aéroport devrait notamment contribuer à accroître les capacités d’accueil du trafic aérien, à améliorer la connectivité internationale et à renforcer la compétitivité de l’économie nationale. Il pourrait également accompagner la création d’emplois et l’émergence de nouvelles activités économiques autour des secteurs du transport, de la logistique et des services.
Cette complémentarité entre infrastructures portuaires, ferroviaires, routières et aériennes constitue l’un des fondements du projet. Elle traduit la volonté de consolider progressivement un système de transport intégré capable de répondre aux exigences d’une économie ouverte sur les marchés régionaux et internationaux.
Le ministre de l’Économie et des Finances, chargé de l’Industrie, M. Ilyas Moussa Dawaleh, a replacé le projet dans le cadre plus global de la transformation et de la diversification de l’économie nationale. Il a notamment insisté sur la nécessité de valoriser davantage les avantages liés à la position géographique du pays en développant les capacités productives, les exportations, l’emploi et la création de valeur.
La réalisation de Bi’idley est ainsi présentée comme une composante d’une stratégie économique plus large visant à diversifier les activités et à renforcer les capacités du pays à tirer parti de son positionnement géographique.
411 millions d’euros à mobiliser
Les travaux de la table ronde ont également permis d’entrer dans le détail des dimensions techniques, financières et institutionnelles du projet. M. Charmarke Yacin Elmi, ingénieur en génie civil et membre du Bureau de gestion du projet, a présenté les principaux éléments techniques de l’infrastructure envisagée. M. Simon Mibrathu a, pour sa part, exposé les dimensions financières et institutionnelles du projet ainsi que les perspectives de coopération avec les différents partenaires.
Le coût estimatif du Nouvel Aéroport International de Bi’idley est établi à 411 millions d’euros. La mobilisation d’un montant aussi important constitue naturellement l’un des principaux enjeux de la phase actuelle.
Les échanges avec les partenaires techniques et financiers ont donc porté en priorité sur les conditions de financement et les mécanismes permettant de réunir les ressources nécessaires à la mise en œuvre du projet.
À ce stade, Djibouti, la France et le Japon figurent parmi les partenaires de la coalition financière identifiée pour accompagner le projet. Les bailleurs de fonds ont manifesté leur intérêt ainsi que leur volonté de contribuer à son financement.
Les discussions doivent se poursuivre avec les autres institutions financières afin de préciser les modalités de leur éventuelle participation et de compléter la mobilisation des ressources nécessaires.
Pour les responsables du projet, cette étape est déterminante. Il s’agit désormais de consolider la structuration du projet, de préciser ses différents volets et de poursuivre un dialogue étroit avec les partenaires afin de préparer les prochaines étapes.
Les échanges de la première journée se sont déroulés dans un climat constructif, laissant apparaître des perspectives positives. Après les présentations générales et les discussions collectives, les autorités djiboutiennes ont engagé des échanges bilatéraux avec les différents partenaires afin d’approfondir les discussions et d’examiner les modalités concrètes de la coopération.
Cette séquence bilatérale doit permettre de préciser les attentes de chacun, d’identifier les mécanismes financiers envisageables et de poursuivre le travail de structuration engagé autour du projet.
Si l’idée d’un nouvel aéroport international à Bi’idley n’est pas nouvelle, les travaux engagés ces dernières années et la mobilisation actuelle des partenaires donnent une nouvelle dimension à cette ambition.
Le projet est désormais abordé comme un élément d’une stratégie globale de connectivité et de transformation économique. Son intérêt ne réside pas uniquement dans l’augmentation des capacités aéroportuaires. Il tient également à sa capacité potentielle à renforcer les connexions entre les différents réseaux de transport et à accompagner le développement de nouvelles activités économiques.
Dans un environnement régional marqué par l’intensification des échanges et par une demande croissante en matière de connectivité, la question des infrastructures de transport demeure au cœur des stratégies de développement.
Pour Djibouti, la réalisation du projet de Bi’idley s’inscrit dans cette dynamique. Elle vise à consolider les acquis liés aux infrastructures portuaires, ferroviaires et routières tout en ouvrant une nouvelle perspective dans le domaine du transport aérien.
La table ronde constitue ainsi une nouvelle étape dans le dialogue engagé entre le Gouvernement et ses partenaires. Elle ne marque pas l’aboutissement du processus, mais plutôt une phase importante dans la préparation de la réalisation d’une infrastructure dont les enjeux dépassent largement le secteur aérien.
La mobilisation des financements, la poursuite des études et la consolidation des différents volets techniques et institutionnels demeurent les prochaines étapes essentielles.
À travers Bi’idley, l’enjeu est donc de donner corps à une ambition : faire de la connectivité un levier supplémentaire de croissance, d’intégration régionale et de diversification économique. Le futur aéroport est appelé à prendre place aux côtés des infrastructures existantes pour renforcer l’architecture logistique nationale et accompagner, à plus long terme, la volonté de faire de la République de Djibouti une plateforme de référence entre l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie.
Sadik Ahmed











































