D’Ali-Sabieh à Tadjourah, en passant par Obock et Dikhil, les acteurs locaux sont invités à mieux exploiter l’information météorologique pour anticiper les risques. À travers le programme WISER Action First, l’Agence nationale de la météorologie et le Secrétariat exécutif chargé de la gestion des risques et des catastrophes engagent un processus de co-production destiné à rapprocher la prévision des réalités du terrain.

Comment mieux utiliser les prévisions météorologiques pour anticiper les risques, éclairer les décisions et protéger plus efficacement les populations ? Cette question a été au cœur des ateliers régionaux de co-production organisés à Ali-Sabieh et à Tadjourah dans le cadre du programme WISER Afrique.

Ces rencontres ont réuni les autorités locales, les services déconcentrés de l’État, les agriculteurs et les éleveurs, ainsi que les acteurs de la gestion des risques, de la société civile et les équipes techniques de l’Agence nationale de la météorologie (ANM). À Tadjourah, les représentants des régions de Tadjourah et d’Obock ont notamment participé aux échanges.

À Ali-Sabieh, la cérémonie d’ouverture a été marquée par la présence des préfets d’Ali-Sabieh, de Dikhil et d’Arta, Abdoul-Malik Mohamed Banoïta, Hassan Abdi Robleh et Hassan Dabaleh Ahmed, du président du Conseil régional, Charmake Hassan Allaleh, ainsi que de représentants des corps sécuritaires, de la gestion des risques et catastrophes, du réseau d’observation météorologique et du Croissant-Rouge. La présence des représentants de plusieurs régions illustre la volonté de renforcer la coopération territoriale autour d’un enjeu commun : faire de l’information météorologique un véritable outil d’anticipation.

De la prévision à la décision

La République de Djibouti est régulièrement exposée à différents phénomènes susceptibles d’affecter les populations et les activités économiques : pluies intenses et inondations soudaines, fortes chaleurs, vents violents, sécheresses ou encore risques côtiers. Dans ce contexte, disposer d’une information fiable ne suffit pas. Encore faut-il qu’elle soit comprise, transmise au bon moment et transformée en mesures concrètes.

C’est précisément l’objectif du programme « WISER Action First », mis en œuvre par l’Agence nationale de la météorologie en collaboration avec le Secrétariat exécutif chargé de la gestion des risques et des catastrophes. Soutenu financièrement par WISER Afrique, le programme vise à améliorer la qualité et l’utilisation des informations météorologiques et climatiques afin de mieux protéger les populations vulnérables.

Les ateliers constituent ainsi une étape importante dans la mise en place des prévisions basées sur les impacts (IBF) et de l’Action-Based Forecasting (ABF), conformément à l’initiative «Early Warnings for All » (EW4All).

L’approche repose sur un principe simple : identifier les aléas prioritaires, mesurer leurs conséquences et déterminer, avec les utilisateurs, les informations nécessaires pour agir avant que les événements ne produisent leurs effets.

À Ali-Sabieh, les participants ont travaillé en groupes selon leurs régions afin d’identifier les phénomènes climatiques les plus fréquents, leurs impacts et les moyens de communication les plus adaptés pour atteindre aussi bien les populations urbaines que rurales.

À Tadjourah, les échanges ont également permis aux autorités et aux services techniques d’exprimer leurs besoins et de préciser les informations indispensables à la préparation et à l’intervention. La démarche place ainsi les utilisateurs au centre du dispositif, en rapprochant l’expertise météorologique des réalités observées sur le terrain.

Cette concertation doit permettre d’identifier les éventuelles lacunes entre prévisions, alertes et actions, mais aussi de renforcer la coordination entre les différentes parties prenantes. Elle doit également contribuer à poser les bases d’une feuille de route nationale et régionale de l’Action-Based Forecasting.

Pour l’ANM, ce dialogue direct avec les acteurs locaux constitue un moyen d’adapter les services météorologiques et climatiques aux besoins réels des territoires. Pour les collectivités et les secteurs exposés, il s’agit de disposer d’informations suffisamment précises et accessibles pour mieux organiser la prévention.

Au terme des travaux d’Ali-Sabieh, les participants ont notamment identifié les principaux aléas météorologiques affectant leurs territoires et leurs impacts sectoriels. Cette validation collective constitue une étape vers un système d’alerte davantage orienté vers la décision.

De la même manière, la rencontre de Tadjourah, réunissant deux territoires aux réalités différentes, a permis de confronter les expériences et de faire émerger une approche fondée sur l’échange et la co-production. L’enjeu dépasse donc la seule production des bulletins météorologiques. Il s’agit désormais de construire le maillon qui relie la donnée scientifique à la décision locale. Une prévision prend toute sa valeur lorsqu’elle parvient à son destinataire suffisamment tôt pour permettre de prendre les dispositions nécessaires.

À travers ces ateliers, le programme WISER Action First entend ainsi contribuer à faire évoluer la culture de la prévention : mieux connaître les risques, mieux communiquer les alertes et surtout agir avant que les phénomènes météorologiques ne se transforment en catastrophes.

De l’observation à l’alerte, puis de l’alerte à l’action, la démarche engagée dans les régions d’Ali-Sabieh et de Tadjourah marque une étape dans le renforcement des systèmes d’alerte précoce et de la résilience des territoires. Une ambition qui trouve tout son sens dans un pays où l’anticipation demeure un élément essentiel de la protection des populations.

Ali Ladieh et Ali Salfa