Face à l’arrivée massive de réfugiés yéménites sur les côtes djiboutiennes, le Premier ministre, M. Abdoulkader Kamil Mohamed, s’est rendu hier  dans la région d’Obock pour évaluer directement l’ampleur de la situation et suivre le dispositif d’accueil mis en place par les autorités.  Accompagné du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale ainsi que du ministre de l’Intérieur, le Premier ministre  a visité les sites d’accueil et échangé avec les acteurs mobilisés pour répondre à cette nouvelle urgence humanitaire.

Depuis le week-end dernier, plus de 2 000 migrants et réfugiés en provenance du Yémen ont déjà débarqué sur les côtes d’Obock. D’autres embarcations pourraient encore rejoindre le littoral djiboutien, selon les informations recueillies par les autorités, qui suivent la situation en mer grâce aux moyens de surveillance de la Marine nationale. Cette nouvelle vague d’arrivées intervient dans un contexte régional particulièrement préoccupant. Hommes, femmes et enfants ont traversé le golfe d’Aden pour fuir les conséquences du conflit et trouver refuge à Djibouti. Face à cet afflux, l’État djiboutien a rapidement activé son dispositif d’urgence afin d’assurer leur accueil et leur prise en charge dans les meilleures conditions possibles. À Obock, le Premier ministre a pu constater de visu l’organisation déployée sur le terrain. Il a notamment visité les centres d’accueil et rencontré les représentants des agences des Nations unies et des structures humanitaires engagées aux côtés des autorités djiboutiennes.

Les échanges ont porté principalement sur les besoins immédiats des nouveaux arrivants, mais également sur les capacités du dispositif à faire face à une éventuelle poursuite des débarquements. La prise en charge nécessite en effet une mobilisation importante en matière de sécurité, de santé, d’alimentation, d’hébergement et de protection.

Un appel à renforcer la solidarité internationale

La réponse mobilise plusieurs composantes de l’État. La Préfecture d’Obock, les différents corps des forces de défense et de sécurité, les services de santé et l’Office national d’assistance aux réfugiés et sinistrés (ONARS) sont pleinement engagés dans les opérations. Ils travaillent en coordination avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le Programme alimentaire mondial (PAM) et les autres partenaires du système des Nations unies.

Sécuriser les arrivées, enregistrer et identifier les personnes, assurer les premiers soins, fournir une assistance alimentaire, organiser l’hébergement et garantir la protection des personnes vulnérables constituent les principales priorités du dispositif. Au cours de sa visite, le Premier ministre a souligné que Djibouti demeurait fidèle à sa politique d’accueil et de solidarité envers les populations déplacées par les conflits. Cette politique, inscrite dans la durée, a déjà conduit le pays à accueillir des populations venues de plusieurs pays de la région, notamment lors de précédentes crises au Yémen. Mais l’ampleur des arrivées actuelles pose également la question des capacités nationales. Pour un pays aux ressources limitées, l’accueil de plusieurs milliers de personnes en quelques jours représente un effort humain, logistique et financier considérable. C’est dans ce contexte que le Premier ministre  a lancé un appel à la communauté internationale pour un renforcement de l’appui apporté à Djibouti.

« Djibouti ne détourne pas le regard. Mais nous ne pouvons pas porter seuls ce fardeau. J’appelle nos partenaires internationaux à renforcer leur appui financier et matériel pour que notre dispositif d’accueil reste à la hauteur de cette crise », a déclaré le Premier ministre lors de sa visite à Obock. Cet appel vise à permettre au dispositif national de maintenir son niveau de réponse alors que la situation demeure évolutive. La surveillance maritime se poursuit et les autorités restent mobilisées face à l’éventualité de nouvelles arrivées. À Obock, la visite du Premier ministre traduit ainsi la volonté du gouvernement de suivre au plus près l’évolution de cette urgence humanitaire et d’assurer une coordination étroite entre les services nationaux et les partenaires internationaux.  Elle rappelle également que, face à des crises régionales dont les conséquences dépassent les frontières, la solidarité internationale demeure indispensable pour accompagner les pays d’accueil. Pour Djibouti, l’enjeu est désormais double : répondre avec humanité à ceux qui arrivent sur ses côtes tout en mobilisant les moyens nécessaires pour que cette solidarité puisse être durablement assurée.