
L’excitation se lit sur les visages, les embrassades se multiplient et les derniers conseils des parents résonnent dans le hall de l’aéroport international de Djibouti. Pour douze lycéens venus de différents établissements du pays, ce voyage n’est pas seulement le premier vers la Chine ; il marque aussi l’aboutissement de plusieurs mois, voire de plusieurs années d’apprentissage du mandarin. Récompensés pour leur réussite aux épreuves du HSK 1, organisées conjointement par l’École Confucius et l’Ambassade de Chine à Djibouti, ces jeunes s’envolent pour deux semaines d’immersion culturelle et linguistique à Chengdu, dans la province du Sichuan.

Cette initiative illustre la vitalité de la coopération éducative entre Djibouti et la Chine. Au-delà d’un simple séjour de découverte, elle offre à ces élèves l’occasion de pratiquer la langue qu’ils ont apprise en classe, de découvrir une civilisation millénaire et de vivre une expérience qui contribuera à leur développement personnel.
À leur arrivée en Chine, les élèves participeront à un camp d’été organisé à Chengdu. Selon Zhu Zhu, promoteur de l’École Confucius et accompagnateur du groupe, ce programme associe apprentissage du mandarin, ateliers d’artisanat traditionnel, découvertes culturelles et visites des principaux sites de la province du Sichuan.

« Durant ces deux semaines, les élèves apprendront à vivre ensemble dans un environnement totalement différent de leur quotidien. Cette expérience leur permettra de gagner en autonomie, de développer leur sens des responsabilités et d’élargir leur ouverture sur le monde », explique-t-il.
Parmi les bénéficiaires figure Zakarieh, 15 ans, élève en classe de Première S. Entre enthousiasme et appréhension, il confie vivre avec émotion son premier voyage à l’étranger.
« Je suis un peu stressé parce que c’est la première fois que je vais en Chine. J’apprends le chinois pour comprendre le développement de ce pays, acquérir des connaissances et revenir ensuite mettre ce que j’aurai appris au service de Djibouti », affirme-t-il avec conviction.
Dans le hall de l’aéroport, les familles partagent la même fierté. Mme Choukri, venue accompagner sa fille Zahra, voit dans cette opportunité bien plus qu’une récompense scolaire.
« Je remercie l’École Confucius d’offrir cette chance à nos enfants. Aujourd’hui, la Chine occupe une place essentielle dans l’économie mondiale. Maîtriser le mandarin est devenu un véritable atout pour leur avenir. J’encourage tous les parents à inscrire leurs enfants à l’École Confucius, car c’est la langue de demain », souligne-t-elle.
Une coopération éducative qui porte ses fruits
Créée en 2013, l’École Confucius s’est progressivement imposée comme un acteur majeur de la coopération éducative entre Djibouti et la Chine. Elle contribue à la diffusion de la langue chinoise tout en favorisant les échanges culturels entre les deux pays.
Lors de la dernière Journée internationale de la langue chinoise, l’ambassadeur de Chine à Djibouti, Hu Bin, rappelait que « la langue est à la fois un vecteur de civilisation et un pont vers l’amitié », exprimant le souhait de voir davantage de jeunes Djiboutiens apprendre le chinois et devenir des ambassadeurs du partenariat stratégique entre les deux nations.
Cet objectif trouve aujourd’hui un écho particulier auprès de la jeunesse djiboutienne. Longtemps cantonné au milieu universitaire, l’apprentissage du mandarin connaît une progression remarquable dans les collèges et les lycées. Porté par le développement des relations entre Djibouti et la Chine et par les efforts du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, le nombre d’élèves apprenant cette langue a fortement augmenté ces dernières années. Cette évolution traduit une prise de conscience des jeunes quant aux opportunités offertes par la maîtrise du mandarin. Dans un contexte où la Chine occupe une place majeure dans le commerce, les investissements et les échanges internationaux, parler chinois constitue désormais un avantage compétitif pour les études supérieures comme pour l’insertion professionnelle.
Pour les douze lycéens qui viennent de s’envoler vers Chengdu, ce séjour représente ainsi bien davantage qu’un voyage scolaire. Il constitue une immersion dans une culture qu’ils découvrent jusqu’ici à travers les livres et les salles de classe, une occasion unique de mettre en pratique leurs connaissances linguistiques et de mieux comprendre l’un des principaux partenaires de Djibouti.
Au moment d’embarquer, chacun emporte dans ses bagages l’espoir de revenir enrichi de nouvelles expériences, de nouvelles compétences et d’une vision plus ouverte du monde. Une aventure humaine et éducative qui témoigne du rôle grandissant des échanges culturels dans le rapprochement entre les peuples et dans la formation de la jeunesse djiboutienne.
Saleh Ibrahim Rayaleh








































