La lutte contre la corruption ne connaît pas de frontières. Face à un phénomène aux ramifications internationales, la coopération entre les institutions chargées de promouvoir la transparence et la bonne gouvernance s’impose comme un levier essentiel pour renforcer les dispositifs nationaux et partager les meilleures pratiques. C’est dans cet esprit que la Commission Nationale Indépendante pour la Prévention et la Lutte contre la Corruption (CNIPLC) a récemment mené deux missions d’envergure en Afrique. L’une, en Côte d’Ivoire, a abouti à la signature d’un accord de partenariat avec la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, tandis que l’autre, à Madagascar, s’inscrivait dans le cadre du mécanisme d’évaluation de la Convention des Nations Unies contre la corruption. Deux initiatives qui illustrent une même ambition : faire de la coopération internationale un moteur de l’intégrité, de la transparence et du renforcement des capacités institutionnelles.

La République de Djibouti poursuit avec détermination son engagement en faveur de la transparence, de l’intégrité et de la bonne gouvernance. À travers deux missions de haut niveau conduites simultanément en Côte d’Ivoire et à Madagascar, la Commission Nationale Indépendante pour la Prévention et la Lutte contre la Corruption (CNIPLC) confirme sa volonté de renforcer la coopération internationale et de partager les meilleures pratiques en matière de prévention et de lutte contre la corruption.

Du 1er au 3 juillet 2026, une délégation de la CNIPLC, conduite par sa présidente, Mme Badria Zakaria Cheik Ibrahim, s’est rendue à Abidjan pour une visite d’étude et d’échange d’expériences auprès de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (HABG) de Côte d’Ivoire. La délégation comprenait également la Secrétaire générale, Mme Bilan Ahmed Ragueh, ainsi que le Directeur des Investigations, M. Hamza Abdi Aden, en présence de l’ambassadeur de Djibouti en Côte d’Ivoire, M. Mohamed Bourhan Ali.

Au cours de cette mission, les responsables des deux institutions ont approfondi leurs échanges autour des principaux instruments de prévention de la corruption. Les discussions ont notamment porté sur les mécanismes d’évaluation de conformité, les systèmes de notation des administrations publiques, les campagnes de sensibilisation, les enquêtes de perception ainsi que les dispositifs institutionnels destinés à promouvoir la transparence et l’intégrité au sein des administrations.

La délégation djiboutienne a également visité plusieurs institutions majeures de l’écosystème ivoirien de lutte contre la corruption, notamment le Pôle pénal économique et financier ainsi que la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire. Ces rencontres ont permis d’élargir les échanges à la coopération judiciaire, au secteur privé et aux mécanismes de prévention des risques de corruption.

Point d’orgue de cette visite, la signature d’un accord de partenariat entre la CNIPLC et la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance vient consacrer la volonté commune des deux institutions de bâtir une coopération durable, structurée autour d’un plan de travail conjoint destiné à favoriser les échanges d’expertise et le renforcement des capacités.

Djibouti, acteur reconnu des mécanismes internationaux d’évaluation

Parallèlement à cette mission en Côte d’Ivoire, une autre délégation de la CNIPLC représentait Djibouti à Antananarivo, du 30 juin au 2 juillet 2026, dans le cadre du deuxième cycle du Mécanisme d’examen de l’application de la Convention des Nations Unies contre la corruption. Composée de M. Djama Souleiman Aboubaker, Directeur de la Coopération internationale et du recouvrement des avoirs illicites, et de M. Yacin Said Chireh, Directeur de la Recherche et de l’Éducation, la délégation djiboutienne a participé, aux côtés de la République-Unie de Tanzanie et de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), à l’évaluation du dispositif malgache de prévention et de lutte contre la corruption. Cette mission consistait à examiner la conformité du cadre juridique et institutionnel de Madagascar avec les dispositions de la Convention des Nations Unies contre la corruption, plus particulièrement les mesures préventives prévues au chapitre II et les mécanismes de recouvrement des avoirs développés au chapitre V.

Les experts internationaux ont été reçus par le Premier ministre malgache, qui a réaffirmé l’engagement de son gouvernement en faveur de la lutte contre la corruption et du bon déroulement de cette mission d’évaluation. Ils ont également rencontré le Premier Vice-président de l’Assemblée nationale ainsi que plusieurs responsables des ministères de la Justice et des Affaires étrangères.

Durant trois jours, les experts ont procédé à un examen approfondi de la législation, des politiques publiques et des mécanismes institutionnels mis en place par Madagascar afin d’apprécier leur conformité avec les exigences de la Convention.

Au-delà de son caractère technique, cette participation illustre le rôle croissant de Djibouti au sein des mécanismes internationaux de coopération. En prenant part à l’évaluation de ses partenaires tout en se soumettant lui-même aux examens prévus par la Convention, le pays contribue activement au renforcement des standards internationaux de transparence, de responsabilité publique et de bonne gouvernance.

À travers ces deux missions complémentaires, l’une tournée vers le renforcement des partenariats bilatéraux en Afrique de l’Ouest, l’autre inscrite dans le cadre multilatéral des Nations Unies, la CNIPLC confirme la place grandissante de Djibouti parmi les acteurs africains engagés dans la promotion de l’intégrité publique. Ces initiatives traduisent une stratégie fondée sur la coopération, le partage d’expériences et le développement de capacités institutionnelles solides, autant d’éléments essentiels pour faire de la lutte contre la corruption un levier durable de développement et de confiance entre les institutions et les citoyens.