
À quelques jours de l’ouverture du Forum national sur l’intelligence artificielle — qui accueillera aussi bien des organisations internationales que des entreprises étrangères et des talents de la diaspora —, retour sur le rapport d’évaluation de l’état de préparation (RAM), conduit par le Ministère délégué chargé de l’Economie Numérique avec l’UNESCO, qui servira de socle à l’ensemble des débats.

C’est un document que peu de Djiboutiens ont encore lu, mais qui va structurer trois jours de débats à partir du 1er septembre : le rapport d’évaluation de l’état de préparation à l’intelligence artificielle (RAM) de la République de Djibouti, élaboré avec l’UNESCO. Sa conclusion tient en une phrase : Djibouti se situe à un stade «émergent », avec des fondations institutionnelles réelles mais encore inégalement consolidées.
Concrètement, le pays affiche un indice de préparation à l’IA d’environ 24,5 sur 100, un indice de développement des technologies de l’information nettement plus élevé, à 61,6 — porté par la présence de plusieurs câbles sous-marins internationaux et de centres de données modernes qui font de Djibouti un point de passage stratégique pour les flux numériques entre l’Afrique, l’Asie et le Moyen-Orient. Services publics et la participation citoyenne restent d’importants chantiers.
Le rapport identifie cinq axes d’analyse — juridique et réglementaire, social et culturel, scientifique et éducatif, économique, technique et infrastructurel — sur lesquels le niveau de maturité est jugé « moyen » à « moyen-faible ». Sur le plan juridique, le Code du numérique offre déjà un cadre solide de protection des données, mais aucune loi ne traite spécifiquement de l’intelligence artificielle à ce jour.
Mais le rapport ne se limite pas aux constats : il ouvre sur des opportunités concrètes. Le secteur portuaire, avec le Djibouti Ports Community System et le projet Corridor Vision AI, illustre déjà un usage naissant de l’intelligence artificielle dans la logistique. L’Université de Djibouti, qui a ouvert en septembre 2025 son premier Master en Intelligence Artificielle et Modélisation des Données, ainsi que les jeunes chercheurs distingués à la conférence scientifique internationale ACL 2025 pour leurs travaux sur la langue somalie, témoignent d’une dynamique scientifique naissante mais réelle — celle-là même que le Forum entend mettre en lumière à travers son espace dédié aux talents djiboutiens et de la diaspora. En 2027, l’école 42 ouvrira ses portes et offrira des formations innovantes notamment dans l’IA.
C’est précisément ce diagnostic qui sera présenté en marge du Forum national, avant de servir de fondement à la Stratégie Nationale de l’Intelligence Artificielle qui y sera officiellement lancée. « Un diagnostic honnête est la condition d’une stratégie efficace », résume-t-on au sein du Ministère délégué chargé de l’Économie Numérique et de l’Innovation, qui pilote l’organisation de l’événement.










































