
Là où la sécheresse éprouve les territoires et où chaque réserve d’eau devient une richesse précieuse, la proximité prend tout son sens. Pendant six jours, le Conseil Régional de Tadjourah est allé à la rencontre des populations de neuf localités de la sous-préfecture de Dorra et de Mirgida. Une mission placée sous le signe de la solidarité, de la prévention et de la responsabilité collective, avec une priorité : contribuer à rendre l’eau consommée par les ménages plus sûre et renforcer les réflexes d’hygiène au sein des communautés.

Dans l’arrière-pays de Tadjourah, l’eau raconte à elle seule la rudesse du quotidien. Les longues périodes de sécheresse ont accentué la pression sur les ressources disponibles, contraignant de nombreuses familles à dépendre de retenues à ciel ouvert. Ces points d’eau, indispensables à la vie des communautés, restent néanmoins particulièrement exposés aux souillures, notamment lorsqu’ils sont fréquentés à la fois par les populations et les animaux.
C’est dans ce contexte que le Conseil Régional a déployé une mission de terrain durant six jours. L’objectif n’était pas seulement d’apporter une aide matérielle, mais aussi d’accompagner les habitants dans l’adoption de gestes simples capables de réduire les risques sanitaires liés à la qualité de l’eau.
Au fil des étapes, 460 ménages ont ainsi reçu des seaux et des kits destinés à la purification de l’eau. Chaque distribution a été accompagnée d’explications pratiques sur l’utilisation des comprimés de traitement. Une pédagogie indispensable pour permettre aux familles de transformer l’aide reçue en véritable outil de protection au quotidien.
Car, dans ces zones rurales, la prévention commence souvent par des gestes élémentaires. Les équipes ont consacré une large part de leurs échanges au lavage des mains, à la conservation des aliments, à la protection des boissons et à la nécessité de maintenir les récipients couverts et propres. Des habitudes simples, mais dont l’adoption régulière peut contribuer à préserver la santé des familles. La mission a également mis l’accent sur la gouvernance locale de l’eau. Des comités communautaires ont été constitués et sensibilisés à leurs responsabilités. Leur rôle sera notamment de contribuer à la bonne gestion des points d’eau, de promouvoir les comportements responsables auprès des usagers et de participer à la préservation de cette ressource dont dépend l’équilibre de nombreuses communautés. Mais une mission de proximité ne saurait se résumer à une distribution. Elle est aussi un moment d’écoute. Dans chacune des localités traversées, les habitants ont pu faire entendre leurs préoccupations et exposer les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Les doléances recueillies concernent principalement l’accès à l’eau et les conséquences de la sécheresse, qui continuent de fragiliser les conditions de vie dans plusieurs zones de l’arrière-pays. Cette démarche permet ainsi de rapprocher la décision publique des réalités vécues sur le terrain. Elle offre également une meilleure visibilité sur les besoins prioritaires des communautés et contribue à orienter les interventions futures vers les problématiques les plus urgentes. L’opération a été réalisée avec l’appui de l’UNICEF, dans le cadre du programme WASH, dédié à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement. Un partenariat qui illustre l’importance d’une réponse collective face aux défis liés à la raréfaction de la ressource et à la vulnérabilité des populations rurales.
Au-delà des chiffres et du matériel distribué, cette mission aura surtout porté un message : la protection de l’eau est une responsabilité partagée. Elle repose à la fois sur l’action des institutions, l’appui des partenaires et l’engagement quotidien des communautés.
De Dorra à Mirgida, l’eau demeure plus qu’une ressource : elle est une promesse de vie, de dignité et d’avenir. En portant son action jusque dans les localités les plus éloignées, le Conseil Régional de Tadjourah entend maintenir ce lien de proximité et poursuivre, avec ses partenaires et les communautés, le combat silencieux mais essentiel pour une eau plus sûre et une meilleure résilience face à la sécheresse.
Ali Salfa










































