
Venus de 19 pays du continent, 32 jeunes porteurs de projets ont posé leurs valises à Djibouti pour la quatrième édition du China Merchants’ Startups Training for African Regions (C-STAR) dont les travaux ont débuté lundi au Centre d’exposition international du Red Sea World. Inscrite dans la dynamique du FOCAC et du Beijing Action Plan 2025-2027, l’initiative offre des formations spécialisées, un environnement propice aux échanges d’expériences et des possibilités de mise en réseau pour aider ces jeunes africains à transformer leurs idées en projets viables et leurs ambitions en opportunités concrètes.

Le Centre d’exposition international du Red Sea World a accueilli lundi dernier la cérémonie de lancement du C-Star 2026. Dans la salle, les conversations se prolongent, les participants font connaissance et les échanges annoncent déjà la vocation première du C-STAR : créer des passerelles. Ils sont 32, venus de l’Algérie, du Cabo Verde, de la Côte d’Ivoire, de Djibouti, de l’Égypte, de l’Éthiopie, du Ghana, du Kenya, de Madagascar, du Malawi, du Maroc, de la Namibie, du Nigeria, de la République démocratique du Congo, du Rwanda, de la Tanzanie, de l’Ouganda, de la Zambie et du Zimbabwe.
Des parcours différents, des marchés différents, des problèmes parfois très éloignés, mais tous convaincus que l’entrepreneuriat peut devenir un instrument de transformation économique.
L’édition 2026 a d’ailleurs suscité un engouement inédit. Selon les organisateurs, 641 candidatures provenant de 44 pays africains ont été enregistrées. La sélection finale donne naissance à une cohorte présentée comme la plus diversifiée depuis la création du programme.

Une jeunesse africaine réunie autour de l’innovation
Porté par la Fondation caritative de China Merchants Group, l’Autorité des Ports et des Zones Franches (DPFZA), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le Centre CLE (Centre de Leadership et de l’Entrepreneuriat), ce programme organisé encore une fois sous nos cieux, vise à faire de Djibouti, la capitale africaine de l’innovation et de l’entrepreneuriat des jeunes.
La cérémonie de lancement des travaux de la 4e édition du C-Star a réuni au Centre d’exposition international du Red Sea World, le ministre de l’Économie et des Finances, chargé de l’Industrie, M. Ilyas Moussa Dawaleh, alors envoyé spécial du Président de la République, la ministre de l’Économie digitale et de l’Innovation, Mme Safia Mohamed Ali Gadileh, le ministre des Infrastructures et de l’Équipement, M. Saïd Nouh Hassan, l’ambassadeur de Chine à Djibouti, M. Hu Bin, le président de la DPFZA, M. Aboubaker Omar Hadi, le représentant résident par intérim du PNUD à Djibouti, Dr Philippe Clerc, le représentant en Afrique du groupe China Merchants, Alex Qian, du secrétaire général du ministère délégué de l’économie digitale et de l’innovation, M. Abdallah Ibrahim Omar, du directeur général du CLE, M. Chehem Mohamed Abdallah et les 32 lauréats de l’édition de cette année.
Tout ce beau monde adhère au bien-fondé de cette initiative qui se veut un véritable incubateur de talents à l’échelle du continent.
De la formation à l’entrepreneuriat, changer de paradigme
Lors de cette cérémonie, le président de China Merchants Group, Miao Jianmin apparaît sur un large écran posé dans la salle, pour ouvrir le bal d’une série de discours au programme du lancement.
Rappelant l’histoire de cette initiative lancée en 2022 dans le cadre du FOCAC et de la mise en œuvre du plan d’action 2025-2027 de Beijing, M Jianmin a indiqué que le C-STAR a attiré plus de 1 500 jeunes entrepreneurs provenant de 27 pays et régions. Mais les chiffres ne constituent pas, à ses yeux, la finalité du programme. L’objectif est de donner aux jeunes les moyens de construire eux-mêmes leur avenir. « Il vaut mieux apprendre à quelqu’un à pêcher que de lui donner un poisson », a-t-il résumé la philosophie qui sous-tend le programme avant d’appeler les jeunes à faire germer les « graines de l’innovation » dans le terreau de la coopération sino-africaine.
Le président de China Merchants Group a en outre souligné que l’édition 2026 de C-Star accueillera également la toute première compétition d’entrepreneuriat.
« À cette occasion, d’anciens participants remarquables des trois précédentes éditions se réuniront à Djibouti pour présenter leurs idées, partager leurs expériences et apprendre les uns des autres » a-t-il précisé.
Pour le représentant résident par intérim du PNUD à Djibouti, Dr Philippe Clerc, la jeunesse africaine ne doit plus être considérée uniquement comme une bénéficiaire des politiques de développement. Elle doit en devenir l’un des principaux acteurs.
Face aux défis du chômage, du changement climatique, de la sécurité alimentaire, de la santé et de l’inclusion financière, les jeunes entrepreneurs peuvent, selon lui, transformer les difficultés en opportunités économiques. Le PNUD entend ainsi soutenir le développement des compétences dans des secteurs émergents comme l’intelligence artificielle, les énergies renouvelables et les économies verte, bleue et créative, tout en reliant compétences, entrepreneuriat, emploi et accès aux marchés. « La formation est essentielle, mais la formation seule ne suffit pas », a-t-il insisté, mettant en avant le besoin de mentorat, d’incubation, d’investissement et d’accès aux marchés. Le président de l’Autorité des Ports et des Zones franches de Djibouti, M. Aboubaker Omar Hadi, a présenté C-STAR comme le prolongement humain de la stratégie économique nationale. Après avoir souligné l’ampleur du programme et la diversité de la cohorte 2026, il a rappelé que les infrastructures portuaires, logistiques et industrielles ne peuvent, à elles seules, produire un développement durable. Leur valeur dépend de leur capacité à favoriser l’émergence d’entreprises, de compétences et de nouvelles activités.
L’ambassadeur de Chine à Djibouti, Hu Bin, a pour sa part replacé C-STAR dans le cadre plus large du partenariat sino-africain. Il a rappelé l’inscription du programme dans le Plan d’action de Beijing issu du FOCAC et son intégration aux activités phares de l’Année 2026 des échanges humains et culturels sino-africains. Il a également insisté sur les nouvelles opportunités liées à l’ouverture du marché chinois et au développement de l’intelligence artificielle.
Djibouti, plateforme des talents et des opportunités
De son côté, la ministre déléguée chargée de l’Économie digitale et de l’Innovation, Mme Safia Ali Mohamed Gadileh, a insisté sur la portée stratégique de Djibouti pour accueillir la quatrième édition du C-Star. Situé au carrefour de l’Afrique, du Moyen-Orient et des grandes routes maritimes internationales, le pays entend convertir cette position géographique en plateforme de talents, d’idées et d’opportunités.
C-STAR doit ainsi permettre aux jeunes de renforcer leurs compétences, mais aussi de bâtir des réseaux durables avec leurs homologues africains et chinois. « Nous souhaitons que Djibouti soit non seulement un lieu d’accueil, mais également un véritable point de convergence des talents, des idées et des opportunités », a-t-elle affirmé.
Le ministre des Infrastructures et de l’Équipement, Saïd Nouh Hassan, qui l’a suivi à la tribune, a établi un lien direct entre le développement des infrastructures nationales et celui du capital humain. Ports, corridors routiers, plateformes logistiques et numériques constituent, selon lui, les fondations de l’ambition portée par la Vision Djibouti 2035. Mais ces équipements ne peuvent produire leur plein potentiel que s’ils sont accompagnés par des entrepreneurs capables d’y injecter innovation et créativité.
Clôturant la série des interventions, le ministre de l’Économie et des Finances, chargé de l’Industrie, Ilyas Moussa Dawaleh, alors envoyé spécial du Président de la République à la cérémonie, a donné au C-STAR une dimension prospective. Il a estimé que l’Afrique des prochaines décennies ne pourra pas reposer uniquement sur les infrastructures et les financements, mais devra s’appuyer sur des entreprises capables de créer de la valeur, des emplois et des technologies. Pour Djibouti, l’enjeu consiste désormais à transformer son avantage géographique en capacités productives, à travers davantage d’industrie, de numérique, d’innovation et d’exportations. Il a surtout proposé de faire évoluer C-STAR vers une véritable plateforme Afrique-Chine dédiée à l’entrepreneuriat, à l’innovation et à l’investissement.
Des certificats pour saluer les partenaires
La cérémonie s’est achevée par une séquence symbolique de reconnaissance. Alex Qian, représentant en Afrique de China Merchants Group, a remis des certificats de reconnaissance à Aboubaker Omar Hadi, président de la DPFZA, à Safia Ali Mohamed Gadileh, ministre déléguée chargée de l’Économie digitale et de l’Innovation, au Dr Philippe Clerc, représentant résident par intérim du PNUD, et à Chehem Mohamed Abdallah, directeur général du CLE. Ces distinctions sont venues saluer l’engagement des institutions partenaires, dont l’appui a contribué à la réussite du programme et à la promotion de l’innovation et de l’entrepreneuriat des jeunes.
À Djibouti, C-STAR apparaît ainsi comme bien plus qu’un rendez-vous de formation. Le programme cherche à créer des connexions entre des jeunes issus de réalités économiques différentes, à rapprocher les écosystèmes africain et chinois et à ouvrir aux entrepreneurs des perspectives dépassant les frontières nationales.
Pour les 32 participants de l’édition 2026, l’enjeu est désormais de transformer les semaines de formation en projets concrets. Pour Djibouti, l’ambition est plus large : conforter son rôle de carrefour régional, non seulement des marchandises et des capitaux, mais aussi des compétences, des idées et de l’innovation.
Le pari du C-STAR tient finalement en une formule : former aujourd’hui les entrepreneurs capables de créer demain la valeur dont l’Afrique aura besoin.
RACHID BAYLEH










































