
Recherche scientifique, innovation, technologies vertes et formation des talents autant d’ambitions que Djibouti et l’Italie entendent désormais inscrire sur les pages de leur coopération. Reçu par le ministre de l’Économie et des Finances chargé de l’Industrie, Ilyas Moussa Dawaleh, la ministre de l’Université et de la Recherche, la sénatrice Anna Maria Bernini a engagé des discussions approfondies sur un partenariat appelé à accompagner les ambitions de transformation économique de Djibouti.

Les relations entre Djibouti et l’Italie entrent dans une nouvelle phase, plus ambitieuse, plus diversifiée et résolument tournée vers l’avenir. Hier, dans son cabinet, le ministre de l’Économie et des Finances chargé de l’Industrie, M. Ilyas Moussa Dawaleh, entouré de plusieurs de ses proches collaborateurs dont le secrétaire général de son département ministériel, Abdirazak Ahmed Idriss, a reçu la ministre italienne de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, également sénatrice, Mme Anna Maria Bernini, accompagnée de son chef de cabinet, le professeur Massimo Rubechi, de sa conseillère principale, Mme Stefania Costanza et de l’ambassadeur de la République italienne auprès de la République de Djibouti, Sem Fabrizi.
Si cette rencontre s’inscrit dans le prolongement naturel de la récente visite officielle effectuée à Rome par le ministre djiboutien, elle révèle surtout une évolution profonde des relations entre les deux pays. En effet, à l’heure où la compétition internationale se joue autant sur la maîtrise des technologies que sur les infrastructures, Djibouti et l’Italie choisissent de placer l’université, la recherche scientifique et l’innovation au cœur de leur agenda commun.

Ce changement de cap n’a rien d’anodin. Il traduit la conviction partagée que la compétitivité des économies africaines de demain reposera moins sur leurs ressources naturelles que sur leur capacité à former des compétences, produire de la connaissance et accélérer les transferts technologiques. Durant plusieurs heures, les deux délégations ont exploré les perspectives d’une coopération appelée à irriguer des secteurs stratégiques : enseignement supérieur, recherche scientifique, énergies renouvelables, agriculture intelligente, technologies numériques, innovation industrielle ou encore sécurité alimentaire. Autant de domaines qui constituent aujourd’hui les fondements de la diversification économique engagée par Djibouti.
L’ambition étant de faire émerger des projets concrets associant universités, centres de recherche, entreprises et institutions publiques, afin de transformer les savoirs en leviers de croissance et d’emploi.

Rome et Djibouti, une convergence d’intérêts
Il est à noter que cette visite intervient dans un contexte diplomatique particulièrement favorable. Ces derniers mois, les échanges entre Djibouti et l’Italie se sont intensifiés, portés par une volonté commune de donner davantage de profondeur à une relation historique.
À Rome, fin juillet dernier, le ministre de l’Économie et des Finances chargé de l’Industrie, M. Ilyas Moussa Dawaleh avait multiplié les rencontres avec des responsables gouvernementaux, des universités, des instituts de recherche ainsi que des représentants du secteur privé italien. Ces entretiens avaient permis de mettre en lumière les nombreuses opportunités offertes par Djibouti, devenu en quelques années une plateforme logistique incontournable reliant l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie.
Pour l’Italie, qui cherche à renforcer sa présence économique sur le continent africain, Djibouti apparaît comme un partenaire stratégique, à la croisée des grandes routes commerciales mondiales et au cœur des dynamiques de la Corne de l’Afrique.
Pour Djibouti, l’expérience italienne représente un modèle dans plusieurs secteurs à forte valeur ajoutée, notamment les technologies industrielles, les énergies renouvelables, l’agriculture de précision, la gestion de l’eau, la recherche appliquée et la formation technique.
Miser sur le capital humain
Au cours de sa rencontre d’hier avec la ministre Ilyas Moussa Dawaleh a salué l’excellence des relations historiques qui unissent les deux pays. Il a souligné que les échanges engagés ces derniers mois témoignent d’une volonté politique forte de hisser la coopération bilatérale à un niveau supérieur.
Le ministre a rappelé que plusieurs responsables italiens et acteurs économiques rencontrés lors de sa mission à Rome avaient manifesté un intérêt réel pour les réformes engagées par Djibouti afin d’améliorer son climat des affaires et de soutenir l’investissement. Mais, au-delà des infrastructures et des investissements, c’est bien le développement du capital humain qui apparaît désormais comme la priorité commune. Les discussions ont ainsi porté sur le renforcement des partenariats universitaires, la mobilité des étudiants et des chercheurs, la création de programmes conjoints de recherche, le partage d’expertise scientifique et le transfert de technologies. Pour Djibouti, l’enjeu est majeur. Il s’agit de préparer une nouvelle génération d’ingénieurs, de chercheurs et d’entrepreneurs capables d’accompagner les grandes mutations économiques, énergétiques et numériques qui redessinent le continent.
Une coopération au service de la transformation économique
Le ministre de l’Économie et des Finances chargé de l’Industrie, M. Ilyas Moussa Dawaleh a en outre insisté dans son intervention, sur la volonté du gouvernement de s’inspirer de l’excellence italienne dans plusieurs domaines prioritaires.
Les énergies renouvelables figurent en tête des secteurs concernés. Engagé dans une stratégie visant à accroître la part des énergies propres dans son mix énergétique, Djibouti recherche des partenaires capables d’apporter des solutions technologiques innovantes. Même ambition dans le domaine agricole, où les technologies italiennes pourraient contribuer au développement d’une agriculture intelligente, plus résiliente face aux effets du changement climatique et davantage orientée vers la sécurité alimentaire. La transformation numérique, autre priorité nationale, constitue également un terrain de coopération prometteur, tant pour la modernisation des administrations que pour l’émergence d’un tissu d’entreprises innovantes. À travers ces différents axes, la République de Djibouti poursuit une stratégie de diversification économique visant à compléter sa vocation logistique par une économie fondée sur l’innovation, la connaissance et la création de valeur.
Un partenariat tourné vers l’avenir
Pour clôturer son intervention, le ministre Ilyas Moussa Dawaleh a, après remerciements aux autorités italiennes pour leur engagement constant aux côtés de Djibouti, exprimé le souhait que cette dynamique se traduise rapidement par des projets concrets, des investissements durables et des collaborations scientifiques capables de produire des résultats tangibles pour les deux peuples.
Au-delà des déclarations d’intention, cette visite de la ministre italienne de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, la sénatrice Bernini à Djibouti marque une évolution significative de la coopération entre les deux pays. Dans un monde où la puissance se mesure de plus en plus à la capacité d’innover, de former et de maîtriser les technologies de demain, les Djibouti et Rome ont fait le choix d’investir dans ce qui constitue la ressource la plus stratégique : l’intelligence humaine.
En rapprochant leurs universités, leurs chercheurs, leurs entreprises et leurs institutions, Djibouti et l’Italie dessinent les contours d’un partenariat fondé non seulement sur les intérêts économiques, mais aussi sur la conviction que le savoir demeure le plus sûr moteur d’un développement durable, souverain et partagé.
RACHID BAYLEH









































