
Le monde rural s’apprête à entrer dans un nouveau cycle de coopération avec le Fonds international de développement agricole (FIDA). Réunis hier au Sheraton, les représentants du gouvernement, du FIDA, de la FAO, des partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs du développement rural ont examiné et validé les grandes orientations du COSOP 2026-2031. Un cadre stratégique appelé à répondre aux principaux défis du secteur, de la rareté de l’eau à la sécurité alimentaire, en passant par la résilience climatique, le développement des activités agro-pastorales et la création de revenus et d’emplois pour les populations rurales.

La cérémonie d’ouverture de cette rencontre a réuni le ministre délégué chargé de la Décentralisation, M. Omar Houssein Omar, ainsi que des représentants des institutions gouvernementales, des directeurs, le représentant de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le directeur régional du FIDA, la directrice pays du FIDA, des partenaires techniques et financiers, des représentants des organisations de la société civile et des acteurs du développement rural.
Les travaux ont débuté par l’intervention de la directrice pays du FIDA, qui a rappelé les principales leçons tirées de la mise en œuvre du précédent COSOP, avant de présenter les objectifs de cette rencontre consacrée à la validation du nouveau programme.
Prenant la parole à son tour, le représentant de la FAO à Djibouti a souligné que le COSOP constitue une opportunité importante pour accélérer la transformation des systèmes agroalimentaires, renforcer la résilience des communautés rurales et créer davantage d’opportunités économiques pour les femmes et les jeunes.
Il a, par ailleurs, salué l’excellente collaboration entre la FAO et le FIDA à Djibouti.
« Les deux institutions partagent une vision commune de la transformation rurale durable et interviennent de manière complémentaire. Alors que le FIDA apporte son expertise en matière d’investissements ruraux et de financement du développement, la FAO contribue à l’innovation technique, au développement des chaînes de valeur ainsi qu’à la mobilisation de financements additionnels pour le climat, la résilience et les systèmes alimentaires durables », a-t-il déclaré.
Le directeur de la Division du Proche-Orient, de l’Afrique du Nord, de l’Europe et de l’Asie centrale, M. Naoufel Telahigue, a fait part de sa satisfaction quant au travail réalisé conjointement avec le gouvernement pour placer le développement durable et l’agriculture au cœur du nouveau COSOP.
Au nom du FIDA et de sa direction, il a notamment mis en avant l’importance accordée à la sécurité alimentaire de la population et à la réduction de la pauvreté, érigées en objectifs principaux et en priorités nationales. Il a également rappelé que le nouveau COSOP, qui constitue le cadre stratégique et programmatique des interventions du FIDA, fait suite au précédent programme élaboré en 2019 et couvrant la période 2019-2025, lequel a fait l’objet d’une évaluation indépendante.

Pour sa part, le secrétaire général du ministère de l’Économie et des Finances chargé de l’Industrie, M. Abdourazak Ahmed Idriss, a indiqué que cet atelier est consacré à l’évaluation de la coopération avec le Fonds international de développement agricole ainsi qu’à l’élaboration du nouveau Programme d’options stratégiques pour le pays, le COSOP 2026-2031. Il a souligné que cet exercice constitue une étape essentielle, puisqu’il doit permettre de tirer les enseignements des interventions passées, de mieux orienter les investissements et de définir des priorités susceptibles d’améliorer durablement les conditions de vie des populations, notamment dans les zones rurales. « Djibouti connaît une dynamique économique soutenue, portée par ses infrastructures portuaires et logistiques, mais cette croissance doit davantage bénéficier au territoire et contribuer à réduire les vulnérabilités liées à la rareté de l’eau, au changement climatique, à la faible productivité et aux difficultés d’accès au financement et au marché», a-t-il déclaré.
Dans cette perspective, M. Abdourazak Ahmed Idriss a indiqué que le COSOP 2026-2031 constitue un outil stratégique. Il mettra l’accent sur des systèmes alimentaires résilients, le développement de chaînes de valeur inclusives, l’accès au marché et au financement, l’implication du secteur privé ainsi que le renforcement des institutions rurales. Une attention particulière sera également accordée aux petits producteurs, aux éleveurs, aux communautés de pêche, aux femmes et aux jeunes agriculteurs, a-t-il ajouté.
En prenant la parole à son tour, le ministre de l’agriculture, M. Radwan Abdillahi Bahdon a souligné l’importance de cet exercice est essentiel, car il permet de tirer les enseignements du cycle précédent, mais surtout de définir ensemble les priorités qui doivent guider notre action au cours des prochaines années. « Notre ambition est claire : construire un monde rural djiboutien plus résilient, plus productif, plus inclusif et créateur d’emplois et de revenus », a-t-il déclaré.
L’eau et la sécurité alimentaire au cœur des priorités
Le ministre a rappelé que Djibouti fait face à plusieurs contraintes structurelles, parmi lesquelles la rareté de l’eau, les sécheresses récurrentes, la dégradation des parcours, la vulnérabilité de l’élevage, la faiblesse des terres cultivables et la forte dépendance aux importations alimentaires.
Face à ces contraintes, il a insisté sur la nécessité d’être « plus innovants, plus efficaces et mieux organisés ». « Comme l’a rappelé Son Excellence le Président de la République, M. Ismail Omar Guelleh, sans eau, point d’agriculture productif, point de sécurité alimentaire ». « Cette réalité doit rester au cœur de notre nation, de notre action. A travers notre coopération avec les FIDA, notamment avec les Progrès et PGIRE, des avancées importantes ont été réalisées dans la mobilisation de l’eau. Les infrastructures rurales, la résilience des communautés et le développement des activités agro-pastorales. Nous devons désormais aller plus loin, assurer la pérennité des infrastructures, renforcer leur entretien et garantir qu’elles puissent produire durablement le résultat attendu. La sécurité alimentaire constitue également une priorité stratégique. Le Président de la République l’a clairement souligné, la sécurité alimentaire est non seulement un enjeu majeur de développement et une exigence morale, mais aussi une garantie de stabilité sociale et politique ».
À l’issue des différentes interventions officielles, les participants ont suivi une présentation animée par le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, M. Ibrahim Elmi Mohamed. Celui-ci a exposé les grandes orientations retenues pour le COSOP 2026-2031 ainsi que les résultats attendus de ce nouveau cycle de coopération.
Pour rappel, le COSOP constitue le cadre stratégique qui oriente, sur cinq ans, la coopération entre le FIDA et Djibouti dans les secteurs de l’agriculture, de la pêche, de l’élevage et de la gestion de l’eau. Il vise à définir les priorités d’intervention destinées à renforcer la sécurité alimentaire et les revenus des populations rurales et côtières du pays.
SOUBER HASSAN










































