Le MENFOP a lancé au Centre de formation de l’éducation nationale (CFEN) des ateliers nationaux consacrés à l’expérimentation d’un module de formation destiné aux intervenants en alternatives éducatives. Une initiative qui vise à renforcer les compétences des acteurs de terrain et à améliorer durablement la qualité des apprentissages proposés aux enfants et aux adolescents éloignés du système scolaire.

Le renforcement des compétences des acteurs éducatifs constitue un levier essentiel pour offrir de nouvelles perspectives aux enfants et aux adolescents en situation de rupture scolaire. C’est dans cette optique que se sont ouverts, au Centre de formation de l’éducation nationale (CFEN), les ateliers nationaux d’expérimentation du module de formation des intervenants en alternatives éducatives, sous le parrainage du secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFOP), Mohamed Abdallah Mahyoub. Cette rencontre rassemble une vingtaine de participants, parmi lesquels des enseignants, des chefs d’établissements scolaires et des conseillers pédagogiques. Leur mission est de mettre à l’épreuve un module de formation, d’en évaluer la pertinence et de proposer les ajustements nécessaires avant sa mise en œuvre.

À l’ouverture des travaux, la directrice générale du CFEN, Neima Ismail Hassan, et le conseiller technique du ministre, Abdi Dirir Guirreh, ont souhaité la bienvenue aux participants ainsi qu’à l’expert de la Conférence des ministres de l’Éducation des États et gouvernements de la Francophonie (CONFEMEN).

Prenant la parole, Ayane Osman Abrar, conseillère technique au MENFOP et correspondante nationale auprès de la CONFEMEN, a replacé cet atelier dans le prolongement de la rencontre nationale organisée en août dernier sur la professionnalisation des intervenants en alternatives éducatives. Ce premier rendez-vous avait permis d’établir un état des lieux de la situation et de mieux cerner les besoins en formation et en renforcement des compétences.

La nouvelle étape consiste désormais à confronter le module élaboré aux réalités du terrain. Il s’agit d’en apprécier le contenu, la pertinence et l’adéquation avec les exigences professionnelles des intervenants, afin de l’améliorer avant son déploiement. À cet effet, Ayane Osman Abrar a invité les participants à apporter leurs expériences concrètes et leurs connaissances pratiques, indispensables à la qualité de cette démarche d’expérimentation.

Professionnaliser les acteurs pour améliorer les apprentissages

L’importance de cette initiative a également été soulignée par Abdoulaye Son, conseiller technique dépêché par la CONFEMEN. Celui-ci a présenté les ambitions du projet régional consacré à la professionnalisation des intervenants en alternatives éducatives, mis en œuvre grâce au mécanisme d’appui aux pays (MAP) du programme KIX et coordonné par la CONFEMEN. Au-delà de la conception d’un outil de formation, cette démarche répond à un enjeu fondamental : donner aux intervenants les compétences nécessaires pour accompagner efficacement des publics aux parcours scolaires souvent fragilisés. La professionnalisation des acteurs apparaît ainsi comme une condition déterminante pour améliorer durablement la qualité des apprentissages, renforcer la crédibilité des dispositifs alternatifs et favoriser leur intégration dans les politiques éducatives nationales.

Clôturant les interventions officielles, le secrétaire général du MENFOP, Mohamed Abdallah Mahyoub, a rappelé la vocation première des alternatives éducatives. Ces dispositifs constituent une véritable seconde chance pour les enfants et les adolescents non scolarisés, déscolarisés ou confrontés à des situations de vulnérabilité éducative.

Grâce à des parcours souples et adaptés, ils peuvent permettre aux bénéficiaires d’acquérir les apprentissages fondamentaux, de réintégrer le système scolaire, de poursuivre leurs études, d’accéder à une formation professionnelle ou de favoriser leur insertion socioprofessionnelle.

Toutefois, a-t-il souligné, l’efficacité de ces parcours dépend largement des compétences des femmes et des hommes chargés de les mettre en œuvre au quotidien. La qualité de l’accompagnement pédagogique constitue donc un impératif pour garantir aux bénéficiaires des apprentissages pertinents et des perspectives durables.

Les travaux, qui se poursuivront jusqu’à jeudi, sont animés par Saleh Ali Dimbio, conseiller pédagogique de vie scolaire et expert consultant national. Ils se déroulent sous la supervision d’Ayane Osman Abrar, correspondante nationale auprès de la CONFEMEN, d’Abdoulaye Son, conseiller et expert de cette organisation, ainsi que d’Asma Djamal Mohamed, cheffe du service de l’éducation informelle. À travers cette expérimentation, le MENFOP entend ainsi consolider les bases d’une intervention éducative mieux structurée et plus professionnelle. L’enjeu est de faire des alternatives éducatives un véritable instrument d’inclusion, capable de renouer le lien avec l’apprentissage pour les jeunes qui se trouvent en marge du parcours scolaire classique.