
Des autorités locales aux organisations humanitaires, les premières réponses se mettent en place pour accompagner les familles yéménites.
À Markazi, l’urgence humanitaire se traduit d’abord par des gestes concrets. Depuis l’arrivée des premières familles yéménites, les autorités locales, les organisations nationales et les partenaires humanitaires se mobilisent pour répondre aux besoins les plus immédiats.
Jeudi dernier, une importante opération de distribution organisée par l’Union nationale des femmes djiboutiennes (UNFD) est venue renforcer cette première réponse. La cérémonie a réuni le préfet de la région d’Obock, le président du Conseil régional, les responsables de l’UNFD ainsi que plusieurs personnalités locales. L’opération a concerné environ 700 familles, représentant près de 2 800 personnes selon les données communiquées lors de la distribution. Les kits ont été constitués en fonction des besoins essentiels des familles nouvellement arrivées.
Des kits pour les besoins essentiels
Vêtements, couvertures, lait pour les jeunes enfants, produits d’hygiène et matériel de couchage : l’aide apportée par l’UNFD vise à répondre aux nécessités les plus immédiates.
La secrétaire générale de l’organisation, Mme Fatouma Moussa Abdi, souligne la vulnérabilité particulière de cette population, composée notamment de nombreuses mères, de jeunes enfants et de nourrissons. L’organisation de la distribution a été pensée famille par famille afin que chaque foyer puisse recevoir un kit adapté aux besoins de première nécessité.
Au-delà des fournitures, l’action de l’UNFD s’inscrit dans une mobilisation plus large. Son antenne régionale à Obock participe notamment à la préparation des repas destinés aux nouveaux arrivants, matin, midi et soir.
Une présence quotidienne qui témoigne de l’implication des femmes d’Obock dans l’accueil des familles yéménites. Dans les différents témoignages recueillis sur place, la population d’Obock occupe une place particulière. La ville connaît depuis longtemps les réalités de l’accueil des personnes fuyant les violences de l’autre côté de la mer. Cette proximité géographique avec le Yémen fait de la région un point d’arrivée naturel pour les familles contraintes de traverser le golfe d’Aden. Les autorités locales saluent ainsi l’engagement des habitants, qui participent à leur manière à l’effort d’accueil.
À leur arrivée, les réfugiés ont été pris en charge et transportés depuis le port d’Obock vers le site de Markazi. Eau, nourriture et tentes figuraient parmi les premières réponses apportées.
Pour les familles qui ont effectué la traversée dans des conditions éprouvantes, ces premiers secours représentent bien davantage qu’une simple assistance matérielle : ils constituent les premiers signes d’un environnement sécurisé après l’épreuve de la fuite.
Qatar Charity élargit l’assistance
La mobilisation humanitaire s’est également poursuivie avec l’intervention de Qatar Charity.
Vendredi après-midi, l’organisation a engagé une opération de distribution destinée aux familles yéménites nouvellement arrivées. Cette intervention comprend à la fois une assistance matérielle et un travail de suivi et d’évaluation des situations humanitaires. La première phase prévoit notamment la distribution de nattes, de draps, d’oreillers et d’ustensiles de cuisine. Des vêtements sont également destinés aux enfants, aux femmes, aux hommes et aux personnes âgées.
Selon la représentante de Qatar Charity, Ghada Ezzeldin Ahmed, les fournitures disponibles peuvent couvrir environ 2 000 familles. Une première distribution devait bénéficier à 500 familles, tandis que les autres distributions devaient se poursuivre dans les jours suivants en fonction de l’évolution de la situation et de l’arrivée de nouvelles familles.
L’organisation prévoit également des vêtements pouvant couvrir environ 1 000 familles, sur la base de foyers composés de cinq à six personnes.
Au-delà de l’urgence
À Markazi, la réponse humanitaire s’organise donc progressivement autour d’un double impératif : répondre aux besoins immédiats et anticiper l’évolution de la situation. L’enjeu dépasse désormais la seule distribution de produits de première nécessité. Il s’agit également d’assurer un suivi régulier des familles, d’identifier les personnes les plus vulnérables et d’adapter les réponses à mesure que de nouveaux arrivants franchissent la mer. Les premières heures ont été celles du sauvetage et de l’accueil. Les jours qui suivent sont ceux de l’accompagnement.
Dans cette séquence d’exil, les gestes accomplis à Obock — une bouteille d’eau, un repas, une couverture, un vêtement pour un enfant, un matelas, un kit d’hygiène — prennent une dimension particulière. Ils disent à ces familles arrivées après une traversée difficile qu’elles ne sont pas seules.
À Markazi, l’urgence humanitaire se conjugue ainsi avec une autre réalité, plus silencieuse : celle d’un territoire qui accueille, de communautés qui se mobilisent et d’organisations qui cherchent à transformer les premiers secours en une prise en charge plus durable.
Mohamed Chakib











































