Placée sous le signe du dialogue intergénérationnel et interculturel, la célébration de la Journée internationale de la paix, organisée hier à la Bibliothèque nationale et aux Archives nationales, a réuni des responsables nationaux et des partenaires internationaux autour d’un idéal commun :préserver la paix, promouvoir la solidarité et renforcer la cohésion sociale. Une occasion de réaffirmer l’importance du dialogue et de la transmission des valeurs de paix aux jeunes générations, dans un contexte régional marqué par de nombreuses crises.

La Bibliothèque nationale et les Archives nationales ont accueilli, hier, la célébration de la Journée internationale de la paix, organisée autour du thème « Investir dans la paix : partout, chaque jour ». Cette rencontre, consacrée au dialogue intergénérationnel et interculturel, a rassemblé plusieurs personnalités, dont la secrétaire d’État chargée des Sports, Mme Fatouma Ali Abdallah, la directrice générale par intérim de l’Agence nationale pour la promotion de la culture (ANPC), Mme Oubah Houssein Bouraleh, le conseiller technique du ministère de la Jeunesse et de la Culture, M. Omar Guedi Ali, ainsi que des représentants du système des Nations unies et un parterre d’invités.

À travers cette célébration, les participants ont mis en avant la nécessité de préserver la paix, de renforcer la cohésion nationale et de faire de la jeunesse une actrice à part entière de la promotion du vivre-ensemble. Les différentes interventions ont également souligné la responsabilité collective de transmettre aux nouvelles générations les valeurs de dialogue, de respect mutuel et de solidarité.

Prenant la parole à cette occasion, la directrice générale par intérim de l’ANPC, Mme Oubah Houssein Bouraleh, a rappelé que la paix ne saurait être considérée comme un acquis définitif. Évoquant le thème « La paix en partage : héritages, voix et futurs », elle a souligné que celle-ci doit être entretenue, transmise et renouvelée par chaque génération. « À Djibouti, nos traditions de dialogue, de solidarité et de médiation constituent un héritage précieux. Cependant, les jeunes ne sont pas seulement les héritiers de ces valeurs : ils sont aussi les acteurs de la paix d’aujourd’hui et de demain », a-t-elle déclaré.

Dans son intervention, Mme Oubah Houssein Bouraleh a également mis en lumière le rôle des différentes structures relevant de l’ANPC dans la promotion d’une culture de paix à travers les arts, la culture, la mémoire et la transmission des savoirs.

Elle a notamment rappelé que le Théâtre des Salines et la Cinématographie favorisent l’expression et le dialogue, tandis que la Bibliothèque nationale et les Archives nationales contribuent à la transmission des connaissances et de la mémoire collective. Le Musée et le Mémorial EEGA préservent, quant à eux, le patrimoine et les enseignements de l’histoire, tandis que le DEFAC participe à la sensibilisation et à la formation des nouvelles générations par les arts et la culture. « Ensemble, ils permettent de mieux se connaître, de respecter notre diversité et de renforcer la cohésion nationale », a-t-elle souligné.

Se réjouissant d’accueillir cette célébration dans un lieu dédié au savoir, à l’histoire et à la mémoire collective, la directrice générale par intérim de l’ANPC a exprimé le souhait de voir cette rencontre favoriser un dialogue ouvert entre les générations et faire émerger des engagements concrets en faveur du vivre-ensemble.

De son côté, la représentante de l’UNESCO, Mme Idil Moussa, a rappelé la portée universelle de cette journée, célébrée chaque 21 septembre depuis son instauration en 1981, et qui invite les gouvernements, les organisations de la société civile et les citoyens à marquer un temps d’arrêt pour réfléchir à la paix.

Toutefois, elle a estimé que le contexte international actuel confère à cette édition une dimension particulière. « Cette année, à Djibouti comme ailleurs dans le monde, nous ne pouvons pas célébrer cette Journée comme les précédentes », a-t-elle fait observer. Évoquant la multiplication des foyers de tension au Proche-Orient, autour de la mer Rouge, dans l’océan Indien et en Europe, Mme Idil Moussa a souligné le caractère désormais interconnecté des conflits contemporains. « Les guerres d’aujourd’hui ne sont plus des tragédies isolées, circonscrites à un territoire ou une région du monde. Elles sont interconnectées, mondialisées, interdépendantes », a-t-elle expliqué, rappelant qu’un conflit éclatant à des milliers de kilomètres peut bouleverser, en quelques jours, la vie de millions de personnes éloignées des champs de bataille.

La représentante de l’UNESCO a ensuite évoqué les répercussions de cette situation sur Djibouti, pays reconnu pour sa stabilité et son hospitalité, mais directement exposé aux conséquences des crises qui secouent la mer Rouge et la Corne de l’Afrique.

Elle a notamment fait référence aux nouvelles vagues de réfugiés et de déplacés arrivant dans le nord du pays. Derrière les chiffres et les statistiques, a-t-elle insisté, se trouvent des femmes, des enfants et des familles entières contraints de tout abandonner pour survivre, et que Djibouti accueille avec solidarité.

Mme Idil Moussa a également attiré l’attention sur l’évolution des moyens de guerre et les risques associés aux nouvelles technologies, aux systèmes électroniques et à la puissance destructrice des armes modernes. Selon elle, ces évolutions accentuent le risque d’un engrenage de la violence et d’un cercle vicieux de vengeance, dont les conséquences peuvent échapper au contrôle de ceux-là mêmes qui déclenchent les conflits. Elle a ainsi mis en évidence les incertitudes d’un monde où les effets d’une guerre peuvent largement dépasser les intentions initiales de ses protagonistes.

Le dialogue, socle de la paix djiboutienne

Pour sa part, le conseiller technique du ministère de la Jeunesse et de la Culture, M. Omar Guedi Ali, a rappelé que la paix dont jouit Djibouti est le fruit d’un héritage construit au prix de nombreux sacrifices par les générations précédentes. « Il faut le dire clairement : notre paix est un héritage. Des hommes et des femmes l’ont construite pour nous, souvent au prix de grands sacrifices. Ce qui a apaisé notre nation, ce ne sont pas les armes, c’est le dialogue, c’est la main tendue entre les fils et les filles d’un même pays », a-t-il affirmé.

Dans cette perspective, il a insisté sur la nécessité de préserver cet héritage en privilégiant la parole, l’écoute et la compréhension mutuelle. « Voilà notre plus belle leçon : ce que la parole a construit, c’est à la parole de continuer à le protéger », a-t-il ajouté.

M. Omar Guedi Ali a également rappelé que la paix constitue l’un des fondements de l’identité nationale et un facteur essentiel de la stabilité du pays. Faisant référence aux orientations du chef de l’État, il a souligné que la véritable force d’un peuple réside dans son caractère et dans les valeurs qui guident son action.

« Le Chef de l’État nous le redit souvent : un peuple ne se mesure pas à la hauteur de ses monuments, mais à la force de son caractère. Et notre caractère, à nous Djiboutiens, c’est précisément cela : la paix », a-t-il déclaré. Il a enfin mis en avant le rôle de Djibouti en tant que terre de stabilité, de médiation et de dialogue dans une région confrontée à de nombreux défis, soulignant la contribution du pays aux efforts de paix déployés dans la Corne de l’Afrique.

Intervenant à son tour, la secrétaire d’État chargée des Sports, Mme Fatouma Ali Abdallah, a rappelé que la célébration de la paix s’était déjà exprimée, deux jours auparavant, à travers le sport, au Complexe sportif Roi Fahad.

Le 19 septembre, les activités organisées à cette occasion avaient rassemblé des jeunes, des sportifs et des membres de différentes communautés autour des valeurs de respect, de solidarité, de tolérance et de fraternité. « Aujourd’hui, nous poursuivons ce même engagement à travers le dialogue, les échanges intergénérationnels et les actions de sensibilisation », a-t-elle souligné, mettant ainsi en évidence la complémentarité entre le sport, la culture et le dialogue dans la construction d’une société pacifique.

Dans un monde marqué par les conflits et les incertitudes, la secrétaire d’État a insisté sur l’urgence de promouvoir la paix, rappelant que celle-ci ne se résume pas à l’absence de guerre, mais implique également la sécurité, la dignité, la justice et le respect de l’autre.

« Investir dans la paix, c’est investir dans l’être humain. C’est offrir à nos enfants un environnement sûr, donner à notre jeunesse accès à l’éducation, au sport et à des perspectives d’avenir, et protéger les personnes les plus vulnérables », a-t-elle déclaré.

À cette occasion, Mme Fatouma Ali Abdallah a également porté le message du président de la République, Son Excellence El Hadj Ismaïl Omar Guelleh, en faveur d’un Djibouti uni, solidaire et fidèle à sa vocation de paix, de dialogue et de fraternité.

Elle a souligné que, sous l’impulsion du chef de l’État, Djibouti s’est affirmé comme un espace de stabilité, de médiation et d’hospitalité dans la région. Un pays où les différences, loin de constituer un facteur de division, doivent contribuer à enrichir le destin commun.

La secrétaire d’État a notamment cité l’accueil, à Obock, de milliers de ressortissants yéménites ayant fui la guerre, comme une illustration concrète de cette tradition de solidarité et d’hospitalité. «Lorsque d’autres ne voient que des réfugiés, Djibouti reconnaît avant tout des femmes, des hommes et des enfants qui sont nos frères et nos sœurs en humanité », a-t-elle affirmé.

Au terme de cette célébration, les différentes interventions ont convergé vers un même message : la paix est une responsabilité collective qui exige un engagement quotidien. Entre transmission des valeurs, dialogue entre les générations et respect de la diversité culturelle, cette journée a rappelé que la construction d’une société harmonieuse repose autant sur la préservation des acquis que sur la capacité des nouvelles générations à les faire vivre et à les renouveler.

Mohamed Chakib