Une petite fille a été mordue, il y a deux jours, alors qu’elle se rendait à l’école. Un fait divers ? Pas vraiment. Car derrière cette morsure, il y a une inquiétude qui monte dans les quartiers : celle de voir les chiens errants occuper de plus en plus les rues, les marchés et les abords des habitations.
Les parents connaissent cette peur. Le matin, leurs enfants partent seuls à l’école. Ils traversent une ruelle, longent un marché, passent devant une maison. Et parfois, au détour d’un chemin, un chien surgit. L’enfant peut courir, crier, tomber ou être mordu. Aucun parent ne peut accompagner son enfant à chaque coin de rue.
La nuit, le problème devient encore plus visible. Les chiens fouillent les poubelles, dispersent les détritus et se regroupent dans certaines ruelles. Leurs aboiements troublent le sommeil. Ceux qui rentrent tôt le matin, notamment après la prière, peuvent se retrouver face à des animaux dont ils ignorent la réaction.
Il ne s’agit pas de faire des chiens les coupables d’une situation qu’ils n’ont pas créée. Beaucoup ont été abandonnés et se retrouvent livrés à eux-mêmes. Le problème est précisément là : lorsque des animaux domestiques deviennent des animaux errants, leur présence dans l’espace urbain finit par poser une question de sécurité publique.
La morsure est le risque le plus immédiat. Elle peut également exposer à la rage lorsqu’un animal infecté est impliqué. Face à une morsure, la réaction doit être rapide et la prise en charge médicale ne doit jamais être négligée.
Les habitants disent avoir alerté les services compétents. Ils attendent maintenant une réponse. Pas seulement après une morsure, mais avant qu’un autre enfant, un passant ou une personne âgée ne soit victime.
La question n’est donc pas de savoir si l’on aime ou non les chiens. La question est de savoir combien de temps encore des animaux errants peuvent circuler librement dans les quartiers sans qu’une véritable opération de prise en charge soit organisée.
Dans une ville où les rues sont aussi des lieux de vie, de commerce et de passage, la sécurité commence parfois par des choses très simples : des rues propres, des poubelles maîtrisées et des animaux errants pris en charge.
La fillette mordue il y a deux jours doit au moins servir de rappel. Il vaut mieux agir avant la prochaine morsure.
Said Mohamed Halato










































