Dans le cadre du concours ‘‘Entrepreneurship ELITE’’ organisé en marge des travaux de la 4e édition du C-Star, neuf jeunes entrepreneurs africains ont présenté jeudi leurs projets devant un jury. La startup ‘‘Plastic For Change’’ portée par la Zambienne Mwamba Gladys a remporté le premier prix, les djiboutien Moubarik Mahamoud Moussa et Abdourahman Mohamed Wabérie, l’un porteur de ‘‘Medic Système Inc’’ et l’autre ‘‘AKIRA EV’’ ont respectivement décroché le deuxième et le troisième prix.

Jeudi dernier, dans le showroom du Centre d’exposition international de Red Sea World, neuf entrepreneurs africains, anciens participants du programme C-STAR Youth Innovation and Entrepreneurship, se sont succédé devant un jury composé de professeurs d’université et de représentants d’organisations internationales, d’institutions financières, d’organismes d’investissement et du secteur privé. Particulièrement attentifs, les membres de jury ont évalué les différentes startups en vue de désigner les lauréats porteurs de projets prometteurs méritant d’un financement pour concrétiser.

Porté par la Fondation caritative de China Merchants Group, l’Autorité des Ports et des Zones Franches (DPFZA), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Centre CLE (Centre de Leadership et de l’Entrepreneuriat) et la CAC Bank, ce concours «Entrepreneurship ELITE », organisé pour la première fois dans le cadre de la quatrième édition du China Merchants’ Startups Training for African Regions (C-STAR), a mis en lice deux Djiboutiens, quatre Éthiopiens, une Zambienne, un Ghanéen et un Gambien. Sept projets ont été présentés en présentiel à Djibouti, tandis que deux candidats ont participé à distance.

Les neuf projets présentés couvraient un éventail particulièrement large : fintech, intelligence artificielle, santé, économie circulaire, industrie verte, mobilité électrique et services numériques.

L’IA occupait une place importante dans plusieurs initiatives. Certains entrepreneurs développent directement des produits et services reposant sur cette technologie ; d’autres l’utilisent pour analyser les besoins des consommateurs, améliorer l’efficacité de leurs activités ou élargir l’accès à certains services.

Mais au-delà de la technologie, ce qui ressort des projets est leur ancrage local. Ces jeunes entrepreneurs cherchent à adapter les outils numériques aux réalités des marchés africains et aux besoins de leurs communautés. Une approche qui traduit une évolution de l’écosystème entrepreneurial : il ne s’agit plus seulement d’importer des solutions technologiques, mais de concevoir des réponses à partir des problèmes rencontrés sur le terrain.

Le projet qui a particulièrement retenu l’attention du jury est celui de la Zambienne Mwamba Gladys, fondatrice de ‘‘Plastic For Change’’, qui a remporté le premier prix de 10 000 dollars.

Fondée en 2019, la start-up s’attaque à un double défi : la pollution plastique et l’extrême pauvreté dans les communautés marginalisées. Son modèle repose sur la collecte, le tri et la réintégration des déchets plastiques dans la chaîne de valeur.

L’entreprise dispose aujourd’hui de cinq centres de collecte et affirme avoir déjà touché plus de 1 200 récupérateurs de déchets, tout en contribuant au retrait de plus de 60 tonnes de plastique de l’environnement.

Deux Djiboutiens également dans le palmarès

Les entrepreneurs djiboutiens n’ont pas été en reste. Moubarik Mahamoud Moussa, porteur de Medic Système Inc, a décroché un deuxième prix et une récompense de

 6 000 dollars. Son projet propose de faciliter l’accès aux soins en permettant aux utilisateurs de consulter rapidement un médecin, d’obtenir leur ordonnance puis, si nécessaire, d’être orientés vers des analyses, l’imagerie médicale ou des spécialistes.

Un dispositif qui ambitionne de fluidifier le parcours du patient grâce au numérique et de rapprocher les services de santé des usagers. Son compatriote Abdourahman Mohamed Wabérie, fondateur de AKIRA EV, a obtenu un troisième prix, doté de 3 000 dollars. Sa start-up entend développer à Djibouti un écosystème de mobilité électrique propre, alimenté notamment par l’énergie solaire. À travers ces deux projets, deux enjeux majeurs pour Djibouti apparaissent en filigrane : la transformation numérique des services essentiels et la transition vers des modes de transport plus durables.

Un concours pensé comme un tremplin financier

La compétition ne s’est toutefois pas limitée à la remise de prix. Sept professionnels issus d’universités, d’organisations internationales, d’institutions financières, d’organismes d’investissement et du secteur privé ont évalué les projets selon leur degré d’innovation, leur modèle économique, leur potentiel commercial, leur impact social et leur faisabilité. Particularité du concours de cette édition : les participants de la quatrième promotion de C STAR constituaient le jury public et avaient eux aussi leur mot à dire pour départager les candidats. Une manière de transformer les anciens bénéficiaires du programme en acteurs de l’accompagnement des nouvelles générations et de favoriser la transmission d’expérience entre entrepreneurs.

Rappelons que le concours vise à rapprocher les start-up africaines prometteuses des institutions financières, des investisseurs, des partenaires commerciaux et des réseaux professionnels, afin de les aider à passer de la formation entrepreneuriale à l’expansion sur le marché et à une croissance durable. Les récompenses — un premier prix de 10 000 dollars, deux deuxièmes prix de 6 000 dollars, trois troisièmes prix de 3 000 dollars et trois prix du mérite — constituent ainsi un premier levier financier pour certaines start-up qui cherchent encore à franchir le cap entre prototype, marché et croissance. Il est à noter que la présence active de femmes entrepreneures et de jeunes professionnelles a également marqué l’événement, donnant à voir un écosystème où la place des femmes dans l’innovation prend progressivement de l’ampleur.

À Red Sea World, les applaudissements ont finalement accompagné les lauréats qui repartent des lieux avec des récompenses qui certes permettront pour la plus part parmi eux de mettre en œuvre leurs idées.

Pour C-STAR, la réponse passe par un pari : faire de Djibouti une plateforme africaine où les idées ne s’arrêtent pas au stade de projet, mais trouvent les financements, les partenaires et les marchés nécessaires pour devenir des entreprises durables. Car l’Afrique ne manque pas d’idées. Le défi, désormais, est de leur donner les moyens de grandir.