Il était une fois un jeune homme qui venait d’obtenir son diplôme. Le jour de la remise, sa famille était fière, ses amis le félicitaient et même les voisins semblaient partager sa réussite.

« Maintenant, tu es prêt pour la vie ! », lui disait-on.

Le jeune diplômé rentra chez lui, son précieux parchemin sous le bras, avec une idée très claire : trouver un emploi. Mais, avant même de préparer sérieusement son CV, une question le préoccupait déjà :

« Qui connaît quelqu’un qui pourrait m’aider ? »

Il consulta son oncle, puis l’ami de son oncle, qui connaissait lui-même quelqu’un. Ce dernier lui promit qu’il allait voir avec une autre personne, laquelle connaissait certainement quelqu’un d’important.Le jeune homme attendit.Une semaine. Un mois. Une année. Personne ne l’appela.

Au bout de deux ans, il décida enfin d’envoyer quelques candidatures. Un CV. Pas de réponse. Un deuxième.

Toujours rien. Au troisième, il conclut :

« Ce pays ne donne aucune chance aux jeunes ! »

Trois candidatures. Trois ! Voilà donc toute sa stratégie de recherche d’emploi.

Un ami lui suggéra alors d’aller directement rencontrer les entreprises.

Le jeune homme réfléchit et posa la question décisive :

« Mais est-ce que tu connais quelqu’un là-bas ? »

Devant la réponse négative de son ami, il abandonna l’idée.

Ainsi, notre héros passa plusieurs années à chercher quelqu’un qui connaissait quelqu’un, au lieu de chercher lui-même une occasion.

Cette histoire est caricaturale, bien sûr. Mais elle pose une question sérieuse : n’attendons-nous pas trop souvent que les conditions de notre réussite soient créées par quelqu’un d’autre ?

Nous voulons savoir qui va nous aider, qui va financer notre projet, qui va nous recruter et, surtout, si cela va marcher avant même d’avoir commencé. Nous cherchons parfois la garantie de réussite avant d’accepter le moindre risque d’échec.

C’est un peu comme cet homme qui passa des années à chercher la clé parfaite pour ouvrir une grande porte derrière laquelle il imaginait trouver sa réussite. Il demanda conseil à tout le monde. L’un lui recommanda une clé en fer, un autre une clé en or. Un troisième lui expliqua qu’il fallait connaître le gardien.

Il chercha si longtemps qu’il oublia de faire une chose pourtant très simple : essayer d’ouvrir la porte.

Or, la porte n’était même pas verrouillée.

Il suffisait de la pousser.

Nous sommes parfois comme lui. Nous attendons le moment idéal, le financement idéal, le partenaire idéal et les garanties idéales. Mais celui qui veut être certain de réussir avant d’agir risque fort de ne jamais agir.

Le premier pas ne garantit rien. Mais il ouvre une possibilité.

Un jeune diplômé peut envoyer des candidatures, améliorer son CV, rencontrer des professionnels, apprendre de ses refus et recommencer. Un entrepreneur peut commencer modestement, tester une idée, écouter ses premiers clients et corriger son projet. Un porteur d’initiative peut étudier un besoin réel avant de chercher les moyens de le financer.

L’action ne vient pas toujours après la solution. Parfois, c’est en agissant que la solution apparaît.

Il faut également avoir le courage de poser une autre question : pourquoi considérons-nous encore trop souvent que la réussite doit nécessairement passer par un recrutement dans l’administration ?

Un emploi public est évidemment un objectif légitime. Mais lorsque des milliers de candidats se présentent pour quelques dizaines de postes, il faut accepter que cette voie ne peut pas être la seule.

Un concours peut être un objectif. Il ne doit pas devenir une prison.

Il existe d’autres chemins : entreprendre, apprendre un métier, offrir un service, créer une activité, travailler dans le numérique, l’artisanat, la maintenance, la logistique ou encore répondre à un besoin concret.

Il n’est pas toujours nécessaire d’avoir une fortune pour commencer. Il faut parfois simplement résoudre un problème que quelqu’un est prêt à payer pour voir disparaître.

Mais attention : agir ne signifie pas répéter indéfiniment la même chose. La persévérance intelligente consiste aussi à savoir changer de méthode.

Imaginez quelqu’un qui pousse une porte pendant dix ans. Il pousse, insiste, demande conseil et cherche même quelqu’un pour l’aider. Puis un jour, une personne lui fait remarquer l’inscription sur la porte :

« TIREZ ».

Il ne manquait ni de courage ni de persévérance. Il lui manquait simplement une bonne lecture de la situation.

C’est peut-être là la véritable leçon : créons les conditions de notre propre réussite. Cherchons l’emploi, préparons les concours, lançons les projets. Mais pendant que nous attendons une réponse, ne restons pas immobiles.

Apprenons. Essayons. Créons. Corrigeons. Recommençons.

Car un diplôme n’est pas une fin. C’est une graine.

À nous de décider si nous voulons la laisser dormir dans un tiroir ou avoir le courage de la planter.

HA