Réunie à Rabat aux côtés de plus de 40 pays africains et de partenaires internationaux, la Garde-côtes Djiboutienne a porté la voix de Djibouti au Sommet des Forces Maritimes Africaines (AMFS), confirmant l’engagement du pays dans la sécurisation des espaces maritimes stratégiques de l’océan Indien, du détroit de Bab El-Mandeb et de la mer Rouge.

Dans un contexte marqué par la multiplication des défis sécuritaires en mer, la coopération maritime africaine s’impose plus que jamais comme un impératif stratégique. C’est dans cette dynamique que le Commandant de la Garde-côtes Djiboutienne, le colonel Wais Omar Bogoreh, a pris part au Sommet des Forces Maritimes Africaines (African Maritime Forces Summit – AMFS), qui s’est tenu du 20 au 24 juillet dernier à Rabat, au Maroc. Ce rendez-vous international de haut niveau a rassemblé plus de 40 États africains ainsi que plusieurs partenaires stratégiques, en vue de renforcer la coordination, l’interopérabilité et les capacités collectives face aux menaces qui pèsent sur les espaces maritimes du continent.

Organisé conjointement par les Forces Armées Royales marocaines, le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM) et les Forces navales américaines en Europe et en Afrique (NAVEUR-NAVAF), le sommet a constitué une plateforme majeure d’échanges sur l’avenir de la sécurité maritime africaine.

Djibouti, acteur incontournable de la sécurité maritime régionale

La participation de la Garde-côtes Djiboutienne à cette rencontre illustre la place particulière qu’occupe la République de Djibouti dans l’architecture sécuritaire maritime régionale. Situé à la croisée de certaines des routes commerciales les plus stratégiques au monde, le pays joue un rôle essentiel dans la protection des flux maritimes transitant par le golfe d’Aden, le détroit de Bab El-Mandeb et l’entrée sud de la mer Rouge.

Au fil des années, la Garde-côtes Djiboutienne et la Marine nationale ont développé des capacités opérationnelles destinées à répondre aux enjeux contemporains : lutte contre les trafics illicites, surveillance des eaux territoriales, protection des infrastructures portuaires et contribution aux opérations internationales de sécurisation maritime. Lors de ses échanges en marge du sommet, le colonel Wais Omar Bogoreh a été reçu par l’amiral George Wikoff, Commandant des Forces navales américaines en Europe et en Afrique. À cette occasion, l’amiral américain a présenté ses condoléances à la suite du décès du Ministre de la Défense de la République de Djibouti et a salué l’engagement constant des forces maritimes djiboutiennes dans la préservation de la sécurité des espaces maritimes stratégiques. Cette reconnaissance souligne la confiance accordée aux capacités djiboutiennes et le rôle croissant de Djibouti comme partenaire clé dans les efforts internationaux visant à garantir la liberté de navigation et la stabilité régionale.

Une coopération renforcée avec les partenaires internationaux

Le commandant de la Garde-côtes Djiboutienne a également rencontré le major-général Daniel L. Shipley, commandant des Forces du Corps des Marines des États-Unis en Europe et en Afrique. Les discussions ont porté sur les enjeux liés à la sécurité maritime et sur la contribution active de la Garde-côtes djiboutienne au renforcement de la coopération régionale.

Le major-général américain a exprimé sa reconnaissance pour l’action menée par les forces djiboutiennes dans un environnement maritime particulièrement sensible, marqué par des défis sécuritaires évolutifs nécessitant une coordination accrue entre les différents acteurs.

Dans le cadre de cette dynamique de coopération, le colonel Wais Omar Bogoreh s’est également entretenu avec le contre-amiral Mohamed Tahin, inspecteur de la Marine royale marocaine. Les deux responsables ont échangé sur les perspectives de collaboration dans le domaine maritime, notamment en matière de partage d’expertise, de formation et de développement des capacités opérationnelles.

Vers une nouvelle génération de coopération maritime africaine

Au-delà des rencontres bilatérales, l’AMFS 2026 a permis aux participants d’aborder plusieurs enjeux majeurs pour l’avenir de la sécurité maritime africaine. Les débats ont notamment porté sur l’amélioration de l’interopérabilité entre les forces navales, la mutualisation des renseignements, la coopération régionale et l’intégration des nouvelles technologies au service de la surveillance maritime.

Face à des menaces de plus en plus complexes, allant des trafics transnationaux aux risques pesant sur les grandes voies commerciales, les États africains cherchent à renforcer leurs mécanismes de coopération afin de bâtir une réponse collective et durable.

Pour Djibouti, cette participation s’inscrit pleinement dans une vision stratégique visant à consolider son rôle de plateforme régionale de paix, de sécurité et de coopération. À travers son implication dans les grands forums internationaux consacrés à la sécurité maritime, le pays confirme son ambition d’être non seulement un acteur géographique incontournable, mais également un partenaire opérationnel majeur dans la stabilité de l’une des régions maritimes les plus stratégiques au monde.