
Le ministère de l’Environnement et du Développement durable a organisé, hier matin au Sheraton Hôtel, un atelier consacré au renforcement des capacités et à la validation du « Cadre national de politique des marchés carbone et de l’opérationnalisation de l’Article 6 de l’Accord de Paris sur le climat à Djibouti ».
Présidé par le secrétaire général du ministère de l’Environnement et du Développement durable, M. Dini Abdallah Omar, cet atelier réunit durant deux jours plusieurs acteurs nationaux et internationaux concernés par la politique climatique et les marchés carbones.

La rencontre s’est déroulée en présence notamment du directeur de l’Environnement, M. Idriss Ismaël Nour , du représentant du Centre régional de collaboration de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) pour la région MENA et l’Asie du Sud, du directeur général de l’Agence souveraine carbone de Djibouti, des membres du Comité national directeur du changement climatique, ainsi que des représentants des Nations Unies, des différents ministères, des conseils régionaux, de la société civile et des consultants nationaux.
Avec l’appui technique et financier du Centre régional de collaboration de la CCNUCC pour la région MENA et l’Asie du Sud, cette initiative s’inscrit dans le processus d’élaboration d’un cadre national destiné à encadrer les marchés carbone et à permettre à Djibouti d’opérationnaliser les mécanismes prévus par l’Article 6 de l’Accord de Paris.

Dans son allocution d’ouverture, le secrétaire général du ministère de l’Environnement et du Développement durable a rappelé l’ampleur des défis auxquels le pays est confronté en raison du changement climatique. « Comme vous le savez, le changement climatique constitue aujourd’hui l’un des défis majeurs auxquels notre pays est confronté. La fréquence et l’intensité accrues des sécheresses, des inondations, des vagues de chaleur et de l’élévation du niveau de la mer affectent directement les conditions de vie de nos populations, nos infrastructures, nos écosystèmes naturels, notre sécurité alimentaire ainsi que notre développement socio-économique », a-t-il déclaré.
Face à ces défis, le Gouvernement de Djibouti a placé l’action climatique parmi ses priorités nationales. Cette orientation s’inscrit, selon le secrétaire général, dans la vision du Président de la République, M. Ismaïl Omar Guelleh, également président en exercice de l’IGAD, qui a impulsé la mise en place de l’initiative nationale sur le marché carbone. Cette initiative vise à faire des mécanismes carbone un levier permettant de soutenir l’action climatique, le développement durable, la mobilisation de financements innovants et le renforcement de la résilience de l’économie nationale.
L’élaboration du Cadre national de politique des marchés carbone constitue ainsi une étape importante dans la stratégie climatique de Djibouti. Le pays entend se doter d’un dispositif institutionnel, réglementaire et opérationnel « solide, transparent, crédible et adapté aux réalités nationales ».
L’objectif est notamment de permettre à Djibouti de tirer parti des possibilités offertes par l’Article 6 de l’Accord de Paris, tout en garantissant l’intégrité environnementale, la transparence des transactions, la traçabilité des réductions d’émissions et la protection des intérêts nationaux.
Le secrétaire général a rappelé que le premier atelier national, organisé au mois de février, avait permis d’identifier les secteurs prioritaires ainsi qu’une liste positive de projets susceptibles d’être développés dans le cadre des marchés carbone et alignés sur la Contribution déterminée au niveau national (CDN) révisée de Djibouti.
Les résultats de cette première étape constituent désormais une base de travail pour poursuivre le processus de préparation du pays.
Deux journées consacrées à la formation et à la validation
Ce deuxième atelier national constitue une nouvelle étape dans la préparation de Djibouti à la mise en œuvre de l’Article 6. Il se veut à la fois un espace de renforcement des capacités, de dialogue, de concertation et de validation.
Durant les deux journées, un expert international anime des sessions techniques destinées à approfondir les connaissances des participants sur les différents mécanismes et exigences liés aux marchés carbones et à l’Article 6.
Les échanges portent notamment sur les dispositifs institutionnels, les procédures d’autorisation, les ajustements correspondants, les exigences en matière de communication et de transparence, les systèmes de registres ainsi que les expériences et bonnes pratiques internationales. La première journée est consacrée au renforcement des capacités. Elle permet aux participants de mieux comprendre les mécanismes de coopération prévus par l’Accord de Paris et les conditions nécessaires à leur mise en œuvre au niveau national.
La deuxième journée est, quant à elle, consacrée à la consultation et à la validation du projet de Cadre national de politique des marchés carbone. Les différentes parties prenantes sont appelées à formuler leurs observations, recommandations et contributions afin de parvenir à un document consensuel, opérationnel et adapté aux priorités de Djibouti.
Pour les autorités djiboutiennes, la mise en place d’un marché carbone ne doit pas se limiter à la valorisation financière des réductions d’émissions. Elle doit également contribuer au développement durable, à la création d’emplois, au transfert de technologies, au renforcement des capacités nationales et à la mobilisation de nouvelles ressources financières en faveur de l’action climatique. « La réussite de cette initiative dépendra de notre capacité collective à construire un cadre qui soit à la fois ambitieux et réaliste, attractif pour les investissements climatiques et suffisamment robuste pour garantir la protection des intérêts de Djibouti », a souligné le secrétaire général. Il a également insisté sur la nécessité de veiller à ce que les mécanismes carbone contribuent réellement aux objectifs climatiques nationaux tout en générant des bénéfices économiques, sociaux et environnementaux pour le pays et ses populations.
La participation de l’ensemble des parties prenantes apparaît, dans cette perspective, essentielle. Administrations publiques, collectivités territoriales, partenaires au développement, secteur privé, société civile, institutions de recherche et experts nationaux sont appelés à contribuer à la construction de ce nouveau cadre.
À travers cette démarche, Djibouti entend consolider son dispositif institutionnel et technique et se préparer à une participation effective aux mécanismes de coopération de l’Accord de Paris.
La mise en œuvre de l’Article 6 pourrait ainsi constituer pour le pays un nouvel instrument de mobilisation de financements climatiques, tout en renforçant son action en faveur d’un développement plus résilient et durable.
Zouhour Abdillahi









































