La Préfecture de Djibouti annonce une vaste opération de remise en ordre des principales artères de la capitale. À compter du 23 août, les occupants d’espaces publics utilisés pour des activités commerciales ou de services non autorisées disposent de quinze jours pour se mettre en conformité. À défaut, des opérations de déguerpissement et de libération des emprises publiques seront engagées à partir du 7 septembre 2026.

La mesure, annoncée dans un communiqué, vise à rétablir l’ordre, la salubrité et l’hygiène dans plusieurs secteurs de la ville.

Elle concerne notamment les garages ambulants, les gargotes et installations de restauration non autorisées, les réparateurs de pneus installés sur la voie publique, les vendeurs de fruits et légumes, les marchands ambulants ainsi que toute autre activité exercée illégalement sur les espaces publics.

La Préfecture invite les personnes concernées à libérer volontairement les emprises occupées et à transférer leurs activités dans des locaux conformes à la réglementation en vigueur. Un délai de quinze jours, allant du 23 août au 6 septembre inclus, leur est accordé pour régulariser leur situation.

Cette annonce intervient alors que l’occupation des trottoirs, des accotements et de certaines voies publiques constitue depuis plusieurs années une réalité visible dans différents quartiers de la capitale. Installations commerciales, ateliers improvisés, points de restauration ou activités de réparation ont progressivement gagné certains espaces initialement destinés à la circulation et à l’usage collectif.

Pour les autorités, l’enjeu est donc de rétablir une utilisation plus ordonnée de l’espace public et d’améliorer les conditions de circulation, de propreté et d’hygiène dans la capitale.

Quinze jours pour se mettre en conformité

Le calendrier fixé par la Préfecture est particulièrement précis. Les personnes concernées disposent jusqu’au 6 septembre 2026 pour prendre les dispositions nécessaires. Passé ce délai, les services compétents procéderont aux opérations de déplacement et de libération des emprises publiques, conformément à la réglementation en vigueur.

La Préfecture précise que ces opérations pourront être effectuées sans autre préavis ni dédommagement. Les éventuels frais liés aux interventions pourront également être mis à la charge des contrevenants.

Le communiqué constitue ainsi un avertissement clair adressé aux occupants concernés : la période accordée doit être mise à profit pour quitter les espaces publics occupés illégalement ou régulariser leur situation lorsque la réglementation le permet.

La décision pourrait toutefois avoir des répercussions importantes pour de nombreux petits acteurs économiques dont les activités se sont développées directement sur la voie publique. Pour certains vendeurs ambulants, réparateurs ou petits restaurateurs, ces emplacements constituent en effet leur principal moyen de subsistance. L’application de la mesure devra donc concilier l’objectif de remise en ordre de la capitale avec la réalité économique des personnes concernées.

Une réaction recueillie à la suite de l’annonce résume d’ailleurs une partie des interrogations suscitées par l’opération. Un citoyen salue le principe de la démarche, tout en appelant les autorités à l’appliquer de manière équitable. « Très bonne initiative », estime-t-il, avant de rappeler que de précédentes tentatives auraient rencontré des résistances face à certains établissements et commerces. Il prévient ainsi que l’opération ne devrait pas, selon lui, se limiter aux petits occupants de la voie publique .Cette réaction pose la question de l’égalité devant la réglementation. La crédibilité de l’opération dépendra en effet de sa capacité à s’appliquer de manière uniforme à toutes les occupations illégales, indépendamment de la taille ou du statut des activités concernées.

Pour les autorités préfectorales, le message est néanmoins sans ambiguïté. La remise en ordre annoncée concerne l’ensemble des activités exercées illégalement sur la voie publique. Le délai accordé doit permettre aux intéressés d’anticiper les opérations et de prendre les mesures nécessaires.

À partir du 7 septembre, l’opération entrera donc dans une nouvelle phase. Son déroulement sera particulièrement suivi par les habitants, les commerçants et les usagers des principales artères de la capitale.

Au-delà du dégagement physique des espaces publics, cette opération pose une question plus large : comment organiser durablement les activités économiques qui occupent aujourd’hui les rues tout en préservant les moyens de subsistance des petits commerçants ?

La réussite de cette initiative ne se mesurera donc pas uniquement au nombre d’emprises libérées. Elle dépendra également de la capacité des autorités à faire respecter les règles de manière équitable, à maintenir durablement les espaces libérés et, lorsque cela est possible, à accompagner les acteurs concernés vers des solutions conformes à la réglementation.

Rendez-vous est désormais pris au 7 septembre. La capitale saura alors si cette nouvelle opération de remise en ordre marque un véritable tournant dans la gestion de l’espace public.