Financé par le Japon à hauteur de 2,5 millions de dollars, le projet de l’Agence djiboutienne de développement social (ADDS) a touché des milliers d’enfants, de jeunes et de parents. Au terme de sa mise en œuvre, le défi est désormais de pérenniser les acquis et de poursuivre la lutte contre la malnutrition à travers l’engagement des communautés.

La lutte contre la malnutrition se joue aussi au cœur des familles, dans les quartiers et au plus près des enfants. C’est sur cette conviction que repose le projet « Mobilisation des communautés pour une meilleure nutrition », mis en œuvre par l’Agence djiboutienne de développement social (ADDS) avec le soutien financier du Japon. La clôture de cette initiative a été marquée, lundi 12 octobre, par un atelier organisé au Sheraton Hôtel, consacré au bilan des actions menées, aux résultats obtenus et aux perspectives de pérennisation.

La cérémonie a réuni plusieurs membres du gouvernement, dont la ministre des Affaires sociales et des Solidarités, Ouloufa Ismail Abdo, et la ministre des Femmes et de la Famille, Hana Farah Assoweh. Étaient également présents le secrétaire général du ministère de la Santé, la secrétaire générale de l’Union nationale des femmes djiboutiennes (UNFD), la représentante de la Banque mondiale, le chargé d’affaires de l’ambassade du Japon, le directeur général de l’ADDS ainsi que les présidents des communes de Balbala et de Boulaos. La participation de plusieurs mères conseillères a rappelé la place essentielle des acteurs de proximité dans la sensibilisation des familles et la promotion de meilleures pratiques nutritionnelles.

Doté d’un financement de 2,5 millions de dollars du Fonds japonais pour le développement social (JSDF), le projet avait pour ambition d’accompagner 6 000 bénéficiaires, répartis entre 3 000 enfants de moins de cinq ans, 1 500 adolescents et 1 500 parents. Ses activités ont été déployées dans quatre quartiers de la capitale : Arhiba, Bacha-eau, Qarawil et Wahle-Daba. Pour assurer cet ancrage local, huit associations communautaires ont été mobilisées, faisant des habitants eux-mêmes des acteurs de la prévention et de l’éducation nutritionnelle.

Des résultats concrets, un défi de continuité

Au fil de sa mise en œuvre, le projet a misé sur la formation, la sensibilisation et le dépistage précoce. Au total, 135 agents communautaires et mères conseillères ont bénéficié d’une formation destinée à renforcer leurs capacités d’accompagnement des familles. Parallèlement, près de 1 500 jeunes ont pris part à des clubs consacrés à la nutrition, tandis que 1 243 sessions communautaires ont été organisées pour diffuser les connaissances et encourager l’adoption de comportements favorables à la santé des enfants.

Le dépistage a constitué un autre volet important de l’initiative. Quelque 2 305 enfants ont été examinés au niveau communautaire, notamment grâce à l’outil NutriCollect. Afin de faciliter le suivi de leur croissance, 3 000 tapis de croissance ont également été distribués. Les campagnes menées ont permis d’identifier 532 enfants présentant un retard de croissance et de les orienter vers un suivi adapté.

Ces chiffres traduisent l’importance d’une intervention précoce, particulièrement durant les premières années de la vie, période déterminante pour le développement physique et cognitif de l’enfant. Ils soulignent également le rôle de la proximité : informer les parents, repérer les situations préoccupantes et orienter les enfants concernés vers les dispositifs de prise en charge sont autant d’actions qui peuvent contribuer à prévenir les conséquences durables de la malnutrition.

Au-delà des formations et du dépistage, le projet a aussi produit des outils pédagogiques destinés à inscrire les bonnes pratiques dans le quotidien des familles. Les participants à l’atelier ont ainsi pu consulter des manuels consacrés aux plats typiques de Djibouti et à l’éducation nutritionnelle. En valorisant les habitudes alimentaires locales et en mettant à disposition des informations accessibles, ces supports visent à rapprocher les recommandations nutritionnelles des réalités des ménages.

Les témoignages de mères conseillères engagées dès les premières étapes du projet, ainsi que celui d’une adolescente issue des clubs de jeunes, ont donné une dimension concrète à ce bilan. Ils ont illustré la capacité des communautés à relayer les messages de prévention, à sensibiliser leur entourage et à participer à la diffusion de pratiques plus favorables à la santé. L’implication des femmes et des jeunes apparaît ainsi comme un levier essentiel pour faire de la nutrition une préoccupation partagée au sein des quartiers.

La clôture du projet ne signifie toutefois pas la fin du travail engagé. Les participants ont insisté sur la nécessité de préserver les acquis au-delà de la période de financement et de maintenir la mobilisation des acteurs locaux. La formation des intervenants, la poursuite des actions de sensibilisation et le suivi des enfants identifiés figurent parmi les enjeux qui conditionneront la continuité des efforts.

Pour l’ADDS, cette expérience met en évidence la portée de l’approche communautaire dans le développement social. En associant les familles, les associations, les jeunes et les institutions nationales, le projet a contribué à renforcer les relais de proximité autour de la nutrition. Le véritable enjeu est désormais de faire durer cette dynamique, afin que les connaissances acquises et les mécanismes mis en place continuent de bénéficier aux enfants et à leurs familles.

Car derrière les indicateurs et les résultats chiffrés, l’objectif reste fondamental : permettre à chaque enfant de grandir dans de meilleures conditions, grâce à une alimentation adaptée, à une vigilance précoce et à une communauté suffisamment informée pour agir.