Réunis à l’hôtel Sheraton, les représentants des institutions publiques, du secteur privé, du monde universitaire et de la société civile ont engagé une réflexion sur le renforcement du dispositif national de gestion du mercure et des déchets qui en contiennent. Une démarche qui s’inscrit dans la mise en œuvre de la Convention de Minamata et dans la volonté de prévenir les risques de pollution.

La lutte contre les substances dangereuses passe aussi par des lois adaptées, des institutions mieux coordonnées et des mécanismes de contrôle plus efficaces. C’est dans cette perspective que le ministère de l’Environnement et du Développement durable (MEDD), à travers la Direction de l’environnement, a organisé hier, à l’hôtel Sheraton, un atelier de consultation nationale consacré au renforcement du cadre juridique et institutionnel relatif à la gestion écologiquement rationnelle du mercure et des déchets qui en contiennent.

Cette rencontre a rassemblé des représentants de plusieurs départements ministériels, du milieu universitaire et de la recherche, de la société civile ainsi que du secteur privé. Le secrétaire général par intérim du MEDD, également directeur de l’Environnement,  M.Idriss Ismaël Nour, a pris part aux échanges, centrés sur la nécessité de mieux encadrer l’utilisation de cette substance toxique et de limiter ses effets sur la santé humaine et les écosystèmes.

Au-delà de la concertation, l’enjeu est de consolider les instruments juridiques et institutionnels permettant de maîtriser les risques liés à l’ensemble du cycle de vie du mercure, depuis son utilisation jusqu’à la collecte, au stockage et à l’élimination des déchets contaminés. Il s’agit également de clarifier les responsabilités des acteurs concernés et de renforcer la coordination entre les institutions chargées de la prévention et du contrôle des pollutions.

Dans son intervention, Idriss Ismaël Nour a rappelé la dangerosité de cette substance et les précautions qu’impose sa gestion.

« Le mercure constitue une substance particulièrement préoccupante en raison de sa toxicité et de ses effets néfastes sur la santé humaine et les écosystèmes », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité de mettre en place des mesures adaptées de prévention, de contrôle et de gestion.

La Convention de Minamata, un engagement à traduire en actions concrètes

Adoptée en 2013 et entrée en vigueur en 2017, la Convention de Minamata constitue le principal instrument international de lutte contre les effets nocifs du mercure. Elle prévoit des mesures encadrant notamment son utilisation, son commerce, ses émissions et ses rejets, tout en fixant des orientations pour une gestion plus sûre des déchets qui en contiennent.

Djibouti a ratifié cette convention le 23 septembre 2014. Selon les éléments présentés lors de l’atelier, le pays figurait alors parmi les premiers États à y adhérer, témoignant de son engagement dans les efforts internationaux de protection de la santé publique et de l’environnement.

« En tant que partie à cette convention, la République de Djibouti a pris l’engagement de renforcer ses capacités nationales et de progresser vers une gestion plus sûre et plus respectueuse de l’environnement du mercure tout au long de son cycle de vie », a rappelé le directeur de l’Environnement.

La mise en œuvre de cet engagement suppose toutefois de disposer d’un cadre réglementaire cohérent, de compétences techniques suffisantes et de données fiables sur les sources de pollution. À cet égard, une première évaluation de l’utilisation du mercure sur le territoire national avait été réalisée en 2017 par le ministère chargé de l’Environnement. Cette étude avait notamment permis d’établir des estimations concernant les quantités de mercure rejetées dans le pays.

L’actualisation de ces données représente désormais une étape importante pour mieux apprécier la situation nationale, identifier les secteurs concernés et adapter les mesures de prévention aux risques constatés. Une connaissance plus précise des usages et des rejets permettra également d’orienter les interventions des institutions compétentes.

Le renforcement du cadre juridique ne constitue cependant qu’un volet de la démarche engagée. L’efficacité du dispositif dépendra également de la capacité des administrations, des opérateurs économiques et des autres parties prenantes à appliquer les règles et à coordonner leurs actions. La gestion du mercure exige une vigilance particulière à chaque étape, afin d’éviter les manipulations inappropriées, les rejets incontrôlés et les contaminations susceptibles d’affecter durablement les milieux naturels.

Les consultations doivent ainsi contribuer à identifier les lacunes du dispositif existant, à préciser les responsabilités institutionnelles et à formuler des propositions adaptées au contexte national. L’implication du secteur privé, des chercheurs et de la société civile apparaît, à cet égard, essentielle pour faire émerger des solutions applicables et renforcer la sensibilisation aux dangers liés à cette substance.

À travers cette initiative, le ministère de l’Environnement et du Développement durable entend poursuivre les efforts de mise en conformité avec les engagements internationaux du pays, tout en consolidant la gouvernance environnementale nationale.

L’objectif est de faire du renforcement des textes et des capacités institutionnelles un levier concret de prévention des pollutions. Car derrière la question du mercure et des déchets dangereux se joue un impératif qui dépasse le seul cadre réglementaire : protéger la santé des populations, préserver les écosystèmes et réduire les risques environnementaux pour les générations présentes et futures.

Mohamed Chakib