
Le collège de Tadjourah a accueilli, samedi 10 octobre, la cérémonie de clôture de la Semaine nationale de l’enseignant. Entre hommages aux éducateurs, expressions culturelles et réflexion sur les nouvelles technologies, cette rencontre a rappelé que l’avenir de l’école dépend autant de sa capacité à évoluer que de la place qu’elle réserve à celles et ceux qui transmettent le savoir.
À Tadjourah, la fin de la Semaine nationale de l’enseignant a donné lieu, samedi matin, à un rassemblement placé sous le signe de la reconnaissance et de la réflexion sur l’avenir de l’éducation. Organisée dans l’enceinte du collège de la ville, la cérémonie a réuni plusieurs responsables régionaux autour d’une question devenue incontournable : quelle place accorder à l’intelligence artificielle dans les apprentissages, sans affaiblir le rôle de l’enseignant auprès des élèves?
Le préfet adjoint, Habib Djilani, le président du Conseil régional, Idriss Ambassa, le directeur régional de l’Éducation et inspecteur de l’Éducation nationale, Ahmed Hamadou Ibrahim, ainsi que l’ancien président du Conseil régional, Hassan Houssein Omar, ont pris part à cette rencontre. Des représentants des autorités civiles, militaires, religieuses et coutumières étaient également présents, aux côtés des acteurs de la communauté éducative.
La cérémonie a débuté par la récitation de versets du Saint Coran par un élève, suivie de l’hymne national.
Le principal du collège, Hassan Ali Hassan, a ensuite ouvert la série des interventions en adressant ses souhaits de bienvenue aux personnalités et aux invités. Pour cette première grande cérémonie organisée depuis sa prise de fonction, il a mis l’accent sur la responsabilité de l’enseignant dans l’accompagnement des élèves, à une époque où les outils numériques modifient progressivement les habitudes d’apprentissage. Le thème retenu pour cette édition invitait précisément à réfléchir à l’équilibre entre innovation technologique et présence éducative. Si l’intelligence artificielle permet d’accéder rapidement à une multitude d’informations, son utilisation à l’école nécessite un encadrement pédagogique. Apprendre ne consiste pas seulement à obtenir une réponse, mais aussi à comprendre, à questionner et à développer son jugement. Autant de compétences dans lesquelles l’enseignant conserve une fonction déterminante. Les élèves ont ensuite apporté leur contribution à la célébration à travers des chants et des danses traditionnels, faisant de la scène scolaire un espace d’expression culturelle autant que d’apprentissage.
Dans son intervention, le directeur régional de l’Éducation, Ahmed Hamadou Ibrahim, a défendu une approche mesurée des nouvelles technologies. L’intelligence artificielle, a-t-il rappelé en substance, doit servir les objectifs pédagogiques sans se substituer à celui qui conduit les apprentissages. Il a également adressé ses encouragements au principal Hassan Ali Hassan, saluant son engagement à la tête de l’établissement.
Le responsable régional a par ailleurs souligné les efforts du ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Moustapha Mohamed Mahamoud, en faveur de la profession enseignante. Le développement de l’école de proximité, l’accès des filles à l’éducation et l’amélioration des conditions de travail des personnels figurent parmi les orientations qu’il a mises en avant.
L’attachement des élèves à leurs enseignants s’est ensuite exprimé sous une autre forme. Un sketch préparé par les professeurs de français Houssein Mohamed et Momina Gaddito, suivi d’un poème déclamé en français par le jeune Daoud Houmed Gaba, a retenu l’attention du public. Ces prestations ont rappelé, avec la sensibilité propre aux expressions artistiques, que la relation entre l’enseignant et l’élève reste un élément essentiel de la vie scolaire. Le président du Conseil régional, Idriss Ambassa, a ensuite insisté sur la responsabilité sociale de l’enseignant, dont le travail contribue à former les générations futures. Il a appelé les parents à prendre une part active dans le suivi des études, notamment en accompagnant leurs enfants dans leurs devoirs et en maintenant un dialogue régulier avec l’école. La réussite scolaire, a-t-il fait ressortir, ne saurait reposer sur les seuls efforts des enseignants.
Dernier intervenant, le préfet adjoint, Habib Djilani, a rappelé que la formation d’un élève se construit progressivement, depuis les premiers apprentissages au préscolaire jusqu’aux exigences du collège et à la préparation du baccalauréat. Il a également souligné la place de la valorisation des éducateurs dans les ambitions de la Vision 2035 portée par le président de la République, Ismaïl Omar Guelleh.
La rencontre s’est terminée autour d’un goûter offert par la direction du collège, avant une photographie réunissant les participants. Au-delà de son caractère commémoratif, cette journée aura surtout mis en évidence un enjeu majeur pour l’école : s’ouvrir aux possibilités du numérique sans renoncer à ce qui fonde sa mission. Les technologies peuvent assister l’enseignant, mais la transmission du savoir, l’éveil de l’esprit critique et la formation humaine demeurent entre ses mains.











































