L’Assemblée nationale a ouvert, hier lundi 12 octobre, un atelier de formation consacré à la gouvernance pour l’égalité entre les femmes et les hommes et à la budgétisation sensible au genre. Soutenue par le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), cette initiative vise à renforcer les capacités des parlementaires en matière d’examen des finances publiques et de prise en compte des inégalités dans les politiques publiques.

Comment faire du budget de l’État un instrument plus efficace de justice sociale et d’égalité entre les femmes et les hommes ? C’est autour de cette question que s’est ouverte, lundi 12 octobre 2026, à l’Assemblée nationale, une session de formation consacrée à la gouvernance pour l’égalité et à la budgétisation sensible au genre. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée sous la présidence du président de l’Assemblée nationale, Dileita Mohamed Dileita, avec l’appui du Fonds des Nations unies pour la population.

Portée par le Caucus des femmes parlementaires, cette initiative entend consolider les compétences des élus et des instances parlementaires concernées afin de mieux intégrer les enjeux d’égalité dans l’élaboration, l’examen et le contrôle du budget national.

Elle traduit également la volonté de renforcer le rôle du Parlement dans la promotion de politiques publiques plus inclusives.

Les travaux ont réuni les membres du Bureau de l’Assemblée nationale, Amina Abdoulkader Mohamed, cheffe du Bureau du FNUAP à Djibouti, ainsi que des représentants des différentes instances et commissions parlementaires concernées.

Dans son allocution d’ouverture, Dileita Mohamed Dileita a souligné l’importance de cette démarche pour l’exercice des prérogatives parlementaires en matière de finances publiques. Il a rappelé que le budget de l’État ne saurait se limiter à un document comptable retraçant les recettes et les dépenses.

Il constitue avant tout un instrument de mise en œuvre des politiques publiques, de redistribution des ressources et de réduction des inégalités.

Dans cette perspective, l’intégration de l’approche genre dans le processus budgétaire apparaît comme un levier permettant de mieux prendre en considération les besoins des différentes composantes de la population. Il s’agit notamment de veiller à ce que les choix d’affectation des ressources publiques contribuent à réduire les disparités et à favoriser un accès plus équitable aux services et aux opportunités.

Le Caucus des femmes parlementaires au cœur de la démarche

Le président de l’Assemblée nationale a également mis en avant le rôle du Caucus des femmes parlementaires dans la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes. À travers ses travaux, cette instance contribue à faire de cette question un enjeu transversal de l’action législative, mais aussi du suivi et du contrôle de l’action publique.

La budgétisation sensible au genre consiste précisément à examiner les politiques de dépenses et de recettes publiques à la lumière de leurs effets sur les femmes et les hommes. Elle ne signifie pas nécessairement la création de budgets distincts, mais vise à mieux identifier les besoins, à apprécier les conséquences des décisions financières et à orienter les ressources vers des objectifs d’égalité mesurables.

Prenant également la parole, la première vice-présidente de l’Assemblée nationale, Safia Elmi, a profité de cette rencontre pour féliciter Amina Abdoulkader Mohamed à la suite de sa nomination à la tête du Bureau du FNUAP à Djibouti. Elle a salué la qualité du partenariat entre les deux institutions ainsi que leur engagement commun en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Les travaux se sont ensuite poursuivis sous la conduite de Neima Boulhan, présidente du Caucus des femmes parlementaires. Les échanges ont porté sur les enjeux de l’intégration de l’approche genre dans les politiques publiques et dans les différentes étapes du processus budgétaire national.

À l’issue des discussions, plusieurs recommandations opérationnelles ont été formulées afin de renforcer la prise en compte de l’égalité dans les choix budgétaires et d’améliorer les mécanismes parlementaires d’analyse et de contrôle des finances publiques.

Au-delà de la formation, cette initiative ouvre ainsi une réflexion sur la manière de mieux relier les priorités nationales aux besoins réels des populations. En renforçant les capacités des parlementaires et en consolidant la coopération avec le FNUAP, l’Assemblée nationale entend contribuer à une gouvernance budgétaire plus attentive aux inégalités et à une action publique dont les effets puissent bénéficier équitablement aux femmes et aux hommes.