La transition énergétique entre dans une nouvelle phase. À Accra, au Ghana, les discussions consacrées à l’avenir du nucléaire civil en Afrique ont permis de mettre en lumière les ambitions de la République de Djibouti dans un domaine technologique appelé à jouer un rôle croissant dans la diversification des sources d’énergie. Représenté par le ministre de l’Énergie, chargé des Ressources naturelles, Dr Djama Mohamed Hassan, notre  pays a pris part au Sommet États-Unis/Afrique sur l’énergie nucléaire, organisé du 19 au 21 août 2026. Cette rencontre de haut niveau, organisée conjointement par le gouvernement ghanéen, à travers la Commission ghanéenne de l’énergie atomique, et le Département américain de l’Énergie, a réuni des ministres africains et américains, des responsables gouvernementaux, des régulateurs, des investisseurs, des institutions financières ainsi que des représentants de l’industrie nucléaire.

Placée sous le thème « Bâtir et pérenniser la main-d’œuvre africaine du secteur nucléaire », la rencontre a porté sur les conditions nécessaires au développement d’un nucléaire civil sûr, sécurisé et durable sur le continent.

La formation des compétences, le renforcement des capacités institutionnelles, le financement des infrastructures et le transfert de technologies ont occupé une place centrale dans les échanges.

Pour Djibouti, cette participation s’inscrit dans une stratégie visant à préparer les infrastructures et les compétences nécessaires à une économie appelée à poursuivre sa transformation.

La recherche de solutions énergétiques propres, fiables et accessibles constitue en effet un enjeu majeur pour accompagner l’industrialisation, le développement des infrastructures et la croissance des besoins en électricité.

Vers un partenariat stratégique avec les États-Unis

En marge du sommet, le ministre de l’Énergie, Dr Djama Mohamed Hassan, s’est entretenu le 20 août avec une importante délégation du Bureau de l’Énergie nucléaire du Département américain de l’Énergie, conduite par Dr Mike Goff. Les échanges ont permis d’examiner les contours d’une future coopération dans le domaine du nucléaire civil.Trois axes prioritaires ont été identifiés : le transfert de technologies et d’expertise, le développement des ressources humaines et l’accompagnement institutionnel pour la mise en place d’un cadre réglementaire adapté aux exigences internationales.

Une attention particulière a été accordée aux petits réacteurs modulaires, ou SMR, une technologie considérée comme susceptible d’offrir davantage de flexibilité pour certains marchés énergétiques. Pour les autorités djiboutiennes, l’enjeu est d’évaluer dans quelle mesure ces technologies pourraient répondre aux besoins spécifiques du pays.

Le ministre Djama Mohamed Hassan a exprimé la volonté de développer une coopération permettant d’explorer l’utilisation du nucléaire civil pour produire une électricité décarbonée et contribuer au dessalement de l’eau de mer. Une telle orientation pourrait participer à la diversification du mix énergétique et au renforcement de la sécurité énergétique nationale.

De son côté, Dr Mike Goff a présenté les principales technologies actuellement disponibles ainsi que la méthodologie permettant d’évaluer les besoins et de préparer une éventuelle feuille de route. La partie américaine a également réaffirmé sa disponibilité à accompagner le pays dans la concrétisation de ses ambitions énergétiques.

Les deux parties ont par ailleurs réaffirmé leur attachement aux normes internationales de sûreté, de sécurité et de non-prolifération, ainsi qu’aux engagements internationaux placés notamment sous l’égide de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Au-delà des annonces, la rencontre d’Accra marque surtout l’ouverture d’un dialogue appelé à se poursuivre. Pour Djibouti, la question nucléaire ne se résume pas à la production d’électricité. Elle touche également à la formation d’ingénieurs et de techniciens, au transfert de savoir-faire, au développement d’un cadre réglementaire solide et à la capacité du pays à maîtriser progressivement des technologies de pointe.

À l’horizon 2035, cette ambition pourrait contribuer à réduire la dépendance aux combustibles fossiles importés et à soutenir le développement du tissu industriel. Elle suppose toutefois une préparation rigoureuse, des investissements importants et une coopération internationale étroite.

La participation au sommet d’Accra apparaît ainsi comme une première étape dans une réflexion de long terme. En plaçant la formation, la sécurité et le transfert de technologies au centre de cette démarche, les autorités entendent poser les bases d’une nouvelle approche de la politique énergétique, tournée vers la diversification, la modernisation et la maîtrise des technologies de demain.