
Accrochée en permanence sur l’uniforme des agents de la police nationale ou ceux de la sécurité routière, la bodycam s’impose désormais à Djibouti comme un véritable instrument de transparence et de confiance, capable d’apaiser les tensions et de renforcer le lien entre les forces de l’ordre et les citoyens.
Au cœur du centre-ville de Djibouti, un petit boîtier fixé à l’uniforme des policiers est en train de changer la donne. Surnommée caméra-piéton ou bodycam, cette mini-caméra vidéo s’est imposée comme un outil essentiel du quotidien des forces de l’ordre. Sa mission est double : apaiser les tensions sur le terrain et constituer des preuves irréfutables lors des interventions. Loin d’être un simple gadget technologique, elle redéfinit en profondeur la relation entre la Police Nationale et la population djiboutienne.
La bodycam est un petit appareil porté de façon visible sur l’uniforme. Son rôle est de filmer et d’enregistrer les interventions des agents de sécurité et des professionnels de terrain. Elle poursuit trois objectifs majeurs.
D’abord, le désamorçage des conflits. Le simple fait de savoir qu’une caméra filme incite souvent les personnes énervées à se calmer. C’est le principe de la désescalade : la présence de l’objectif impose le respect et fait redescendre la tension, évitant ainsi que des altercations verbales ne se transforment en affrontements physiques. Ensuite, la preuve matérielle. Les images et les sons enregistrés servent de preuves exactes en cas de litige, de plainte ou devant un tribunal. L’image devient alors un témoin impartial, qui ne ment pas et ne subit pas le stress du moment.
Enfin, la protection et la transparence. La bodycam protège les citoyens contre d’éventuels abus de pouvoir, mais elle protège aussi les agents contre les fausses accusations ou les dénonciations calomnieuses. Elle garantit une traçabilité totale des faits.
Sur le terrain, son utilisation ne se fait pas au hasard ; elle est strictement encadrée par des protocoles rigoureux. L’agent doit porter le dispositif de manière parfaitement apparente et a l’obligation légale de prévenir la personne qu’elle est en train d’être filmée. Le déclenchement de l’enregistrement se fait manuellement par une simple pression sur un bouton ou, parfois, automatiquement selon le type d’intervention ou le niveau de menace détecté. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de modernisation des institutions à Djibouti. En intégrant ces technologies, la Police Nationale démontre son engagement en faveur d’une sécurité de proximité, moderne et respectueuse des droits fondamentaux. Les citoyens, d’abord curieux ou méfiants face à cette nouveauté, perçoivent désormais ce boîtier comme une garantie de justice. Pour les policiers patrouillant dans les quartiers animés de la capitale, c’est une assurance de voir leur professionnalisme reconnu à sa juste valeur.
L’impact à long terme de la bodycam dépasse le cadre de la simple collecte de preuves. Elle agit comme un miroir comportemental pour les deux parties. L’agent de police, conscient d’être enregistré, maintient une posture exemplaire en toutes circonstances. Le citoyen, quant à lui, modère ses réactions. Cette double autorégulation contribue à pacifier l’espace public et à restaurer un climat de confiance mutuelle, souvent fragilisé par les rumeurs ou les perceptions biaisées.
Ce dispositif s’impose ainsi comme un véritable bouclier de vérité, indispensable à la justice moderne.
Djibril Abdi Ali









































