Face aux effets du changement climatique qui se manifestent différemment selon les territoires, Djibouti renforce la coordination de son action climatique. Réunis hier matin au Sheraton Hôtel, les acteurs institutionnels, régionaux et de la société civile ont examiné et validé les résultats de la mission d’appui à la restructuration et à l’opérationnalisation du Comité national directeur sur les changements climatiques (CNDCC) et à la mise en place des Comités régionaux sur les changements climatiques (CRCC). Une nouvelle architecture appelée à rapprocher les décisions nationales des réalités locales.

Organisé par le ministère de l’environnement et du développement durable en collaboration le PNUD, l’atelier a réuni, hier matin au Sheraton hôtel des représentants des ministères concernés, autorités et conseils régionaux, membres du CNDCC et des futurs comités régionaux, ainsi que représentants de la société civile ont pris part à un atelier consacré à la restitution et à la validation d’une mission destinée à revoir en profondeur le dispositif national de gouvernance climatique.

Le secrétaire général du ministère de l’Environnement et du Développement durable (MEDD), Dini Abdallah Omar, a présidée par la cérémonie d’ouverture en présence du représentant résident adjoint du PNUD à Djibouti, Philippe Clerc, du directeur de l’Environnement du MEDD, Idriss Ismail Nour, ainsi que de plusieurs acteurs engagés dans la lutte contre les effets du changement climatique.

L’enjeu étant de doter le pays d’une architecture de gouvernance climatique plus structurée, capable de mieux coordonner les politiques publiques, d’orienter les investissements et surtout de faire remonter les réalités des régions vers le niveau national.

Du cadre national aux réalités régionales

Créé en 1999, le Comité national directeur sur les changements climatiques constitue le cadre national de concertation et de coordination de l’action climatique. Sa restructuration doit permettre de clarifier son mandat et de renforcer son fonctionnement.

Le nouveau modèle prévoit notamment une instance stratégique, une instance exécutive, des comités techniques consacrés à l’adaptation et à l’atténuation, ainsi qu’un secrétariat permanent. Le CNDCC aura notamment pour mission d’orienter l’action climatique nationale, de renforcer la coordination entre les différents secteurs et d’examiner les stratégies et projets liés au climat tout en assurant le suivi de leur mise en œuvre. Mais la réforme entend surtout donner une dimension territoriale à cette gouvernance.

Cinq Comités régionaux sur les changements climatiques ont ainsi été mis en place à Obock, Tadjourah, Ali-Sabieh, Dikhil et Arta, à l’issue d’une mission conduite du 27 septembre au 1er octobre 2026.

Ces structures régionales vont dorénavant constituer le relais entre les territoires et le niveau national. Elles réuniront autorités locales, services déconcentrés, collectivités territoriales et représentants de la société civile. Leur rôle sera notamment d’identifier les vulnérabilités propres à chaque région, de définir les priorités d’adaptation, de coordonner les interventions et de faire remonter les besoins et les projets vers le CNDCC.

Mieux intégrer les réalités locales

Dans son intervention, le représentant résident adjoint du PNUD à Djibouti, Philippe Clerc, a insisté sur la nécessité de disposer d’institutions solides, de responsabilités clairement définies et d’une coordination permettant de prendre en compte les réalités locales dans les décisions nationales. Cette ambition s’inscrit dans le cadre du projet consacré à l’intégration de l’adaptation au changement climatique dans les processus de planification et de budgétisation à Djibouti, mis en œuvre par le MEDD avec l’appui du PNUD et le financement du Fonds vert pour le climat. Le projet accompagne notamment l’élaboration du Plan national d’adaptation et l’intégration des enjeux climatiques dans les politiques publiques, les plans de développement et les décisions budgétaires. Les consultations menées dans les cinq régions ont permis d’identifier les difficultés du dispositif existant et de proposer un nouveau modèle de gouvernance.  Elles ont également mis en évidence l’importance de la participation des femmes et de la société civile, ainsi que de la prise en compte du genre dans la composition des instances.

Passer de la conception à l’action

Pour le secrétaire général du MEDD, Dini Abdallah Omar, le contexte climatique international impose désormais de consolider la gouvernance, la coordination institutionnelle et les capacités de mise en œuvre. Il a notamment souligné que les effets du changement climatique ne se manifestent pas de la même manière dans toutes les régions du pays, avec des risques, des priorités et des capacités d’intervention variables.

La Contribution déterminée au niveau national révisée en 2025 constitue à cet égard un cadre de référence. Sa mise en œuvre nécessite, selon le responsable, des institutions fonctionnelles, des responsabilités clairement établies et une coordination efficace entre les différents niveaux de gouvernance.

L’atelier d’hier devait passer de la conception institutionnelle à sa mise en œuvre concrète. Les participants étaient appelés à examiner les résultats de la mission, à valider les principales propositions et à préciser les conditions nécessaires à l’opérationnalisation effective du CNDCC et des CRCC.

Les prochaines étapes permettront de finaliser le cadre juridique, de désigner les membres du CNDCC et du CRCC, de mettre en place un secrétariat, de former les acteurs du secteur et d’appliquer les procédures de fonctionnement.

RACHID BAYLEH