
Le Secrétariat général du Gouvernement (SGG), M. Almis Abdillahi Mohamed et la représentante du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) à Djibouti, Mme Alessandra Roccasalvo, ont paraphé hier les documents relatifs à une convention d’accord portant sur la mise en œuvre du projet de dématérialisation des archives du Secrétariat Général du Gouvernement. Ce partenariat marque une nouvelle étape dans la modernisation de l’administration publique et le renforcement de la gouvernance numérique en République de Djibouti.

On dit souvent, « qu’un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». Cette phrase, qui est attribuée à Amadou Hampâté Bâ, est souvent ânonnée comme une triste fatalité. Néanmoins, il n’y a pas de fatalité en la matière et la préservation de nos archives est précieuse pour la mémoire de notre pays. « Ce projet nous accompagne dans notre ambition d’assurer la préservation durable de nos archives, de renforcer leur sécurité et leur traçabilité, et de les gérer selon les normes internationales », a déclaré M. Almis Mohamed Abdillahi, Secrétaire Général du Gouvernement, lors de la cérémonie de signature.
Une initiative inscrite dans la vision de modernisation de l’État
Ce projet s’inscrit dans la vision portée par Son Excellence Monsieur Ismaïl Omar Guelleh, Président de la République, visant à préserver, sécuriser et valoriser le patrimoine national « Préserver nos archives, c’est protéger notre identité » dixit le Président Guelleh. Il contribueraà améliorer l’accessibilité des archives, renforcer la gouvernance de l’information, accroître l’efficacité administrative et garantir la continuité de l’action de l’État.
Afin de soutenir cette ambition, outre l’impressionnant bâtiment consacré aux Archives (B.A.N), une infrastructure rare sur le continent africain, l’État consacre depuis 2023, des fonds conséquents destinés à poursuivre la transformation numérique des archives publiques.

Cette dynamique s’appuie sur les résultats obtenus dans le cadre de la dématérialisation du Journal officiel, rendue possible grâce à la conservation de collections archivistiques couvrant plus d’un siècle. Ce projet financé par le Président de la République a permis de numériser et de mettre à la disposition des citoyens, des administrations et de la société civile 126 années de l’histoire juridique de la République de Djibouti, désormais accessibles en ligne. Cette réalisation constitue une référence majeure en matière de préservation et de valorisation du patrimoine documentaire national et démontre le potentiel des technologies numériques au service de l’accessibilité au droit et à la préservation de la mémoire de l’État.
Des résultats déjà significatifs
Depuis le lancement du programme en 2023, plusieurs réalisations majeures ont été enregistrées, avec notamment la réorganisation des espaces de conservation, le traitement de milliers de dossiers, la mise en place d’une chaîne professionnelle de numérisation, le transfert de plusieurs milliers boîtes d’archives aux Archives nationales et la production de plus de 200 000 fichiers numériques sécurisés uniquement pour la Présidence de la République. Ces avancées constituent aujourd’hui une base solide pour accélérer la modernisation de la gestion documentaire de l’État.
Un projet au service de la mémoire institutionnelle
Au cours des dernières années, le Secrétariat général du Gouvernement en partenariat avec le Ministère de la Jeunesse et de la Culture a développé une expertise nationale reconnue en matière de traitement archivistique, de classement, de conservation préventive et de numérisation des archives publiques.
Cette démarche a permis de mettre en place des méthodes et des outils conformes aux standards internationaux, faisant des équipes du Secrétariat Général du Gouvernement une référence nationale dans le domaine de la modernisation archivistique. Fort de cette expérience, le Secrétariat général du Gouvernement en partenariat avec le Ministère de la Jeunesse et de la Culture accompagne déjà plusieurs institutions de l’État, notamment la Primature, l’Assemblée nationale, le Ministère du Travail, de la Formalisation et de la Protection sociale (MTFPS), la Cour suprême ainsi que d’autres administrations. Cet accompagnement porte sur la structuration des fonds documentaires, l’élaboration des instruments de gestion archivistique, le renforcement des capacités des agents et la mise en œuvre de solutions adaptées à la transition numérique. Dans le prolongement de cette dynamique, le programme sera étendu, à compter du mois de septembre, aux institutions supérieures de contrôle dont notamment la Chambre des Comptes et de Discipline Budgétaire (CCDB), l’Inspection Générale des Finances (IGF), l’Inspection Générale de l’État (IGE), la Commission Nationale Indépendante pour la Prévention et la Lutte contre la Corruption (CNIPLC), le Secrétariat Exécutif du Portefeuille de l’État (SEPE), la Direction de la Comptabilité Publique (DCP), la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), ainsi que d’autres organismes étatiques.
Cette nouvelle phase contribuera à l’instauration d’une politique nationale harmonisée de gestion des archives, fondée sur des standards communs et des pratiques uniformisées, tout en renforçant la gouvernance documentaire, la transparence administrative et la préservation du patrimoine documentaire national.
Un modèle pour les administrations publiques
Au-delà de sa dimension technique, ce partenariat traduit une vision commune de la modernisation de l’administration publique, fondée sur la transformation numérique, la transparence et l’amélioration de la gouvernance. À cette occasion, le Secrétaire général du Gouvernement a exprimé le souhait que cette expérience serve de modèle pour l’ensemble des administrations publiques et a mentionné la nécessité d’élargir ce partenariat a de nouvelles initiatives de modernisation des Archives et des patrimoines mais aussi au volet de la légistique et de la consolidation du droit.
Mme Alessandra Roccasalvo, Représentante résidente du PNUD à Djibouti, a déclaré : « Ce partenariat incarne notre engagement commun à faire du numérique un véritable levier de développement, de modernisation de l’action publique et de renforcement des capacités institutionnelles. »
Elle a réaffirmé l’engagement du PNUD à accompagner le Gouvernement de la République de Djibouti dans la mise en œuvre de ses priorités en matière de transformation numérique et de renforcement de la gouvernance publique.
Un appui du PNUD pour accélérer la transformation numérique
Cet appui permettra notamment de poursuivre le traitement archivistique des fonds documentaires, d’intensifier les opérations de numérisation, d’améliorer l’indexation des archives, de renforcer les capacités des équipes nationales et de consolider les mécanismes de sauvegarde sécurisée des données hébergées au DataCenter de l’ANSIE.
Une coopération au service d’une administration moderne
À travers cette lettre d’accord, le Secrétariat général du Gouvernement et le PNUD réaffirment leur engagement commun en faveur de la modernisation de l’administration publique, de la préservation de la mémoire institutionnelle et du développement d’une gouvernance numérique performante.
Cette initiative constitue un projet pilote appelé à être progressivement étendu aux autres institutions publiques afin de contribuer à la construction d’une administration plus efficace, plus transparente et résolument tournée vers l’avenir.









































