À Tadjourah, le renforcement de l’offre de soins spécialisés franchit une nouvelle étape. Réuni mardi 18 août sous la présidence du Président de la République, le Conseil des ministres a examiné un projet d’arrêté portant affectation de deux parcelles de terrain au profit de la Fondation Saad Omar Guelleh. Une décision qui vient conforter l’assise foncière d’une initiative sanitaire destinée à rapprocher la prise en charge de l’insuffisance rénale chronique des populations de la région.

Le texte examiné prévoit l’affectation de deux parcelles relevant du domaine privé de l’État et situées dans la région de Tadjourah. La première, d’une superficie de 655 m², comporte des constructions existantes. La seconde, non bâtie, s’étend sur 4 213 m². Ces terrains sont destinés à accueillir un centre de dialyse dans le cadre des actions conduites par la Fondation Saad Omar Guelleh. Cette décision intervient dans un contexte où la question de l’accès aux soins spécialisés occupe une place particulière dans les territoires éloignés de la capitale. À Tadjourah, l’ouverture d’une structure dédiée à la dialyse avait déjà marqué une avancée importante. Inaugurée en août 2025, la Fondation médicale Saad Omar Guelleh avait notamment été dotée d’une unité de dialyse destinée à répondre aux besoins des patients atteints d’insuffisance rénale chronique. Pour ces patients, la dialyse n’est pas un soin ponctuel. Elle nécessite une prise en charge régulière, organisée autour de séances répétées et d’un suivi médical continu. La proximité d’une structure spécialisée constitue dès lors un enjeu majeur, tant pour les malades que pour leurs familles. Avant l’installation de services spécialisés à Tadjourah, les contraintes liées aux déplacements vers Djibouti-ville pouvaient alourdir considérablement le quotidien des personnes concernées. Chaque trajet représentait du temps, des dépenses et une fatigue supplémentaire, auxquels s’ajoutaient les difficultés d’organisation pour les familles accompagnantes. La présence d’une offre de dialyse dans la région contribue ainsi à rapprocher le soin du patient. Elle participe à une meilleure continuité de la prise en charge et traduit, dans les faits, une volonté de réduire les distances qui peuvent encore séparer certaines populations des services médicaux spécialisés. L’affectation des deux parcelles s’inscrit également dans une perspective de consolidation. En mettant à disposition un cadre foncier approprié, les pouvoirs publics accompagnent l’action de la Fondation Saad Omar Guelleh et contribuent à créer les conditions nécessaires au développement durable de ses activités sanitaires.

Pour Tadjourah et les localités environnantes, l’enjeu dépasse donc la seule dimension foncière de la décision. Il touche directement à l’accès aux soins, à la continuité thérapeutique et à l’amélioration des conditions de vie des personnes confrontées à une maladie chronique.

Cette démarche illustre par ailleurs la complémentarité entre l’action publique et les initiatives de solidarité. Lorsque les infrastructures sanitaires se rapprochent des populations, c’est toute la chaîne de prise en charge qui gagne en proximité et en efficacité. Un an après l’inauguration de la Fondation médicale Saad Omar Guelleh, cette nouvelle décision vient ainsi conforter la dynamique engagée à Tadjourah dans le domaine des soins spécialisés. Elle traduit la volonté de donner à cette action une assise durable et de répondre, au plus près des territoires, aux besoins des populations.

À Tadjourah, la santé se construit aussi dans la proximité. Derrière l’affectation de ces terrains se dessine une ambition simple mais essentielle : permettre aux patients nécessitant une dialyse de bénéficier de soins spécialisés sans que la distance ne constitue, à elle seule, une épreuve supplémentaire.

Ali Salfa