De la production à la commercialisation, en passant par la transformation et le transport, le projet Filières Agricoles Résilientes (FAR) entend mobiliser l’ensemble des acteurs des chaînes de valeur agricoles, de l’élevage et de la pêche. Réunis jeudi dernier dans le siège de commune de Boulaos sis au 2ᵉ arrondissement de Djibouti-ville, les acteurs du secteur de cette commune ont été sensibilisés aux dispositifs d’accompagnement, de formation et d’accès au financement proposés par ce programme mise en œuvre par le ministère de l’agriculture, de l’élevage de la pêche, de l’eau et des ressources halieutiques avec l’appui de la Banque Mondiale.

Dans la salle de réunion de la sous-préfecture du 2ᵉ arrondissement, les échanges portent sur une préoccupation concrète : comment accéder aux opportunités offertes par le projet FAR et en tirer profit pour développer une activité économique ? Autour de la table, producteurs, pêcheurs, transformateurs, commerçants et autres professionnels du secteur agroalimentaire sont venus s’informer sur les conditions d’éligibilité, les démarches à suivre et les possibilités de financement disponibles.

Organisé par l’assistance technique du projet, assurée par Microfinanza et CapTech Consulting, en collaboration avec la commune de Boulaos, cet atelier d’information et de sensibilisation marque une nouvelle étape dans le déploiement du programme à Djibouti-ville. La rencontre a notamment réuni le président de la commune de Boulaos, Abdoulkader Iman Aden, le chef du projet FAR, Riccardo Capocchini, ainsi que le coordinateur local, Ali Rouffa Aden, aux côtés des acteurs économiques concernés par les différentes filières.

L’enjeu est de mieux faire connaître un dispositif qui ambitionne de renforcer la compétitivité et la résilience des chaînes d’approvisionnement agroalimentaires du pays. Mais, au-delà de la présentation générale du programme, la rencontre vise surtout à rapprocher les bénéficiaires potentiels des mécanismes d’accompagnement et de financement susceptibles de soutenir leurs projets.

Prenant la parole devant les participants, le chef du projet FAR, Riccardo Capocchini, a rappelé que le secteur agricole ne saurait se résumer aux seules activités de production. Agriculture, élevage et pêche constituent les trois filières concernées, auxquelles s’ajoutent de nombreux métiers indispensables à la circulation et à la valorisation des produits. « Quand on dit secteur agricole, ce n’est pas uniquement la production », a-t-il souligné, en insistant sur la diversité des acteurs qui interviennent tout au long de la chaîne de valeur.

Transformation, transport, commercialisation, fourniture d’équipements et de matériels, prestations de services ou encore formation : autant de maillons qui contribuent au fonctionnement du secteur et peuvent, eux aussi, bénéficier des opportunités offertes par le projet.

Cette approche explique l’intérêt d’étendre les actions de sensibilisation à Djibouti-ville, en complément des campagnes déjà menées dans les cinq régions de l’intérieur. Si les activités de production se concentrent notamment dans les zones rurales, les circuits de transformation, de distribution et de commercialisation mobilisent également des entrepreneurs installés dans la capitale. « C’est pour cela qu’on n’a pas oublié Djibouti-ville », a expliqué Riccardo Capocchini, rappelant que les chaînes de valeur reposent sur une diversité d’intervenants, dont certains ne sont pas directement engagés dans la production.

Les participants ont ainsi été informés sur les procédures de demande de financement, les pièces à réunir, ainsi que les droits, obligations et responsabilités des bénéficiaires. Le rôle de Microfinanza et de CapTech Consulting dans l’accompagnement technique du programme a également été présenté.

L’objectif est de permettre aux porteurs de projets de mieux identifier les possibilités qui correspondent à leurs besoins et de les orienter vers les interlocuteurs compétents, notamment les coachs chargés de les accompagner dans leurs démarches.

Le président de la commune de Boulaos, Abdoulkader Iman Aden, a, pour sa part, mis l’accent sur l’importance de ce projet et sur l’intérêt de mobiliser les acteurs locaux autour de ses objectifs.

L’implication de la commune dans cette initiative traduit la volonté de rapprocher les dispositifs d’accompagnement des professionnels susceptibles d’en bénéficier. Cette première séance de sensibilisation organisée à Djibouti-ville ouvre ainsi un espace de dialogue entre le projet FAR et les acteurs économiques de Boulaos. Elle doit permettre aux bénéficiaires potentiels de mieux cerner les contours du programme, tout en donnant à l’équipe technique une meilleure connaissance des besoins et des préoccupations exprimés sur le terrain.

RACHID BAYLEH