
Portée par la passion et la fierté de la Ville Blanche, l’AS Tadjourah a signé une saison historique en décrochant son accession à la Division 1. Dans un entretien exclusif qu’il a accordé au journal “La Nation”, son président, Daoud Ismail Aden, revient sur les clés de ce succès collectif, les moments marquants et les défis qui attendent désormais le club face à l’élite du football djiboutien.

Présentez vous en premier à La Nation, M. Le President.
Je suis Daoud Ismail Aden, Président de l’AS Tadjourah. Natif de Tadjourah, amoureux du football et surtout fier de représenter ma ville, la Ville Blanche. Mon engagement est avant tout une passion : faire rayonner notre région à travers ce sport qui rassemble et qui élève. Ce titre, cette accession, c’est la récompense d’un travail collectif mené avec humilité et détermination.
Quelles ont été les clés du succès de Tadjourah cette saison en Division 2 ?
Les clés sont multiples, mais je les résumerais en trois mots : cohésion, travail et confiance. Nous avons construit un groupe soudé, où l’expérience des anciens a parfaitement accompagné la fougue des jeunes. Le staff a fait un travail remarquable sur la préparation physique et tactique. Et surtout, nous avons toujours cru en nous, même quand certains nous voyaient comme de simples outsiders en deuxième division.
Comment l’équipe s’est préparée mentalement et physiquement pour atteindre la promotion en Division 1 ?
La préparation a été rigoureuse dès la présaison. Physiquement, nous avons mis l’accent sur l’endurance et l’intensité, car le championnat de D2 est exigeant. Mentalement, nous avons travaillé sur la cohésion de groupe et la gestion de la pression. Chaque match a été abordé comme une finale. L’état d’esprit était simple : rien ne nous est dû, tout se mérite. Et les joueurs ont parfaitement intériorisé ce message.
Quels joueurs ou moments marquants ont particulièrement contribué à cette réussite ?
Il serait injuste de citer un nom en particulier, car le titre est collectif. Mais je tiens à souligner l’apport de notre défense, élue meilleure défense du championnat, une charnière exceptionnelle. Notre gardien ghanéen a été monstrueux toute la saison. Et notre numéro 10, natif de Tadjourah, a marqué le but du titre un moment gravé à jamais. Sans oublier nos recrues qui étaient importants. Le moment le plus marquant reste ce but décisif qui nous a offert le titre sur un plateau. Toute une ville a vibré.
Quels renforts ou ajustements envisagez-vous pour rester compétitifs à ce niveau et comment comptez-vous maintenir la motivation et la discipline des joueurs face à un championnat plus exigeant ?
Nous travaillons déjà à consolider notre effectif par le recrutement de deux ou trois joueurs expérimentés, notamment en attaque et en défense, afin d’apporter davantage de maturité et de solidité à notre collectif.
Dans le même esprit, nous allons renforcer notre encadrement technique et médical pour accompagner l’équipe dans cette nouvelle étape. Notre ambition est de préserver notre identité : un jeu rapide, collectif et généreux, tout en progressant sur le plan de l’efficacité offensive et de la rigueur défensive. Le niveau de la Division 1 est évidemment plus élevé : les adversaires sont mieux structurés, plus aguerris, et les rencontres seront plus intenses, tant physiquement que tactiquement. Mais c’est un défi que nous accueillons avec enthousiasme. Nous voulons montrer que notre présence n’est pas symbolique : nous sommes là pour rivaliser et exister pleinement dans ce championnat.
Quelles attentes avez-vous vis-à-vis des autorités sportives pour accompagner le club dans cette nouvelle étape ?
Nous espérons un accompagnement plus structuré : meilleures infrastructures, soutien logistique. La Division 1 est une vitrine pour le football djiboutien. Les clubs méritent d’être épaulés pour élever le niveau général.
Nous sommes prêts à jouer notre rôle, mais nous avons besoin de conditions décentes pour représenter dignement notre Ville.
Quels types de partenariats (publics ou privés) seraient les plus utiles pour le développement du club ?
Nous avons besoin de partenariats durables, pas seulement financiers mais aussi humains et sociaux. L’un de nos plus grands souhaits est de pouvoir offrir à nos joueurs des opportunités d’emploi en dehors du terrain. C’est ce que font déjà la plupart des clubs de première division, et nous voulons nous inscrire dans cette dynamique. Un joueur épanoui professionnellement est un joueur plus serein, plus concentré et plus performant. Nous cherchons donc à établir des partenariats avec des entreprises privées, des institutions publiques qui pourraient accueillir nos joueurs. L’objectif est double : préparer l’après-carrière tout en renforçant la stabilité du groupe. C’est un projet qui nous tient à cœur et qui, nous l’espérons, séduira les acteurs économiques de Djibouti.
Comment le club contribue-t-il au rayonnement du football dans la région de Tadjourah ?
Notre accession en Division 1 est déjà un signal fort pour toute la région. Aujourd’hui, le nom de Tadjourah résonne bien au-delà de nos frontières. Mais concrètement, c’est grâce au travail de la Ligue Régionale de Tadjourah que le football vit dans notre région. Ils organisent les compétitions locales, détectent les jeunes talents et maintiennent une dynamique sportive sur tout le territoire. Nous les saluons pour leur engagement. De notre côté, nous espérons, dans un futur proche, pouvoir collaborer encore plus étroitement avec eux pour renforcer le rayonnement de la Ville Blanche.
Comment le club encourage-t-il les jeunes talents locaux à s’investir dans le sport ?
Aujourd’hui, ce sont surtout les compétitions de la Ligue Régionale qui permettent aux jeunes de se faire remarquer. C’est grâce à ce cadre que nous pouvons repérer les talents qui se démarquent sur le terrain. Et pour ces jeunes, c’est un rêve : porter un jour le maillot de l’AS Tadjourah, représenter leur ville, leur famille. Nous voyons déjà certains d’entre eux émerger. Notre souhait est de structurer davantage ce lien à l’avenir, pour offrir un véritable ascenseur aux jeunes de la région.
Quels projets avez-vous pour renforcer l’ancrage du club dans la communauté ?
Pour l’instant, notre priorité est de nous stabiliser en Division 1 et de construire des bases solides. Le travail de proximité, de détection et d’animation est aujourd’hui porté par la Ligue Régionale, et nous les remercions pour cela.
Dans l’avenir, Inch Allah, nous aimerions développer des projets plus structurants : une académie pourquoi pas. Mais avant tout, notre plus beau projet est de donner de l’espoir à chaque gosse de Tadjourah qui rêve de football. Qu’il sache : le chemin existe. Et l’AS Tadjourah est là pour l’emprunter avec eux.
SOUBER HASSAN










































