
Longtemps restée dans l’ombre des disciplines sportives les plus populaires, la boxe anglaise tente aujourd’hui de se frayer un chemin dans le paysage sportif djiboutien. Porté par la passion et la détermination de quelques jeunes pionniers, ce « noble art » connaît un timide mais réel renouveau, incarné notamment par le club BM Fitness and Boxing et son fondateur, Barakat Mansour.

À Djibouti, la boxe demeure l’une des disciplines sportives les moins développées et les moins médiatisées. Pourtant, à l’échelle internationale, elle jouit d’un prestige particulier et d’une riche tradition. L’absence d’infrastructures adaptées, le manque de visibilité et la faible culture de la discipline auprès des jeunes ont longtemps constitué des freins majeurs à son essor.
Mais face à ces difficultés, une poignée de passionnés refuse de baisser les bras. Parmi eux figure Barakat Mansour, un trentenaire déterminé à redonner ses lettres de noblesse à la boxe anglaise dans le pays.
Du haut de ses 1,70 mètre, ce jeune entrepreneur sportif s’investit depuis plusieurs années pour promouvoir cette discipline qu’il affectionne profondément. Avec quelques amis partageant la même passion, il a décidé de passer à l’action en créant, grâce à leurs propres moyens, un espace entièrement consacré à la pratique de la boxe et du fitness. Baptisé BM Fitness and Boxing, le club s’est progressivement imposé comme un lieu de rencontre et de dépassement de soi. Au fil des années, il a attiré un public de plus en plus diversifié, réunissant jeunes et adultes de différentes nationalités, cultures et origines autour d’une même passion.
Encadrés par des entraîneurs djiboutiens, les membres du club évoluent dans un environnement fondé sur des valeurs de respect, de discipline et de solidarité. Au-delà de l’amélioration de la condition physique, la pratique de la boxe permet également de développer la confiance en soi, la concentration et la force de caractère.
« Nos entraîneurs ne se contentent pas de former des athlètes. Ils accompagnent, conseillent et motivent chacun dans son parcours personnel », explique Barakat Mansour, convaincu que le sport constitue un formidable outil d’épanouissement et d’inclusion.
Dans cette optique, le club accorde une attention particulière aux personnes en situation de handicap ainsi qu’à celles traversant des périodes difficiles. Ici, chaque adhérent est accueilli avec la même considération et bénéficie des mêmes opportunités d’apprentissage et de progression. Au-delà de sa vocation sportive, BM Fitness and Boxing est devenu une véritable communauté où l’esprit d’unité prévaut. Débutants et pratiquants expérimentés s’y côtoient dans une ambiance de soutien mutuel et de convivialité. L’engouement grandissant des jeunes pour cette discipline encourage davantage ses promoteurs. Nombreux sont désormais ceux qui franchissent la porte du club, poussés par la curiosité et l’envie d’enfiler les gants pour découvrir les rudiments du noble art.
Pour vulgariser davantage cette discipline, les responsables du club multiplient les initiatives de sensibilisation, notamment à travers des tournées dans les centres communautaires des différents quartiers de la capitale.
Cette volonté de transmission s’inscrit dans une démarche plus large : bâtir une communauté saine, motivée et unie autour des valeurs positives du sport.
Car la boxe possède également une histoire à Djibouti. Les plus anciens se souviennent encore des figures emblématiques que furent Omar Loula, Hassan Awaleh et d’autres grands pugilistes, ainsi que du mythique cinéma de Paris, qui servait autrefois de cadre aux rencontres de boxe.
Une page du patrimoine sportif national qui, grâce à la passion de jeunes pionniers comme Barakat Mansour, semble aujourd’hui reprendre vie.
Sadik Ahmed








































