À l’issue de la saison sportive 2025-2026, le secrétaire général de la Fédération djiboutienne de tennis de table, M. Mohamed Segueh Soubane dresse un bilan encourageant des performances du tennis de table djiboutien. Dans un entretien qu’il a accordé au journal « la Nation », il  revient sur les progrès réalisés par les clubs, l’émergence de nouveaux talents, le développement du tennis de table féminin et les ambitions affichées sur la scène régionale et continentale. Le secrétaire général de la Fédération revient  également sur les défis, les réussites et les perspectives d’avenir d’une discipline en pleine évolution.

Comment évaluez-vous la saison sportive 2025-2026 dans son ensemble ?

La saison a été particulièrement satisfaisante. Nous avons observé une progression du niveau technique des joueurs, une participation importante aux différentes compétitions et un réel dynamisme des clubs. Malgré des ressources limitées, la Fédération est parvenue à atteindre l’essentiel des objectifs qu’elle s’était fixés, ce qui témoigne de l’engagement de l’ensemble des acteurs de notre discipline.

Qu’est-ce qui explique, selon vous, la domination de la Garde-côtes Djiboutienne dans la compétition par équipes ?

Cette domination est avant tout le résultat d’un travail rigoureux. Les joueurs s’entraînent avec régularité, font preuve d’une grande discipline et bénéficient d’un excellent esprit d’équipe. Il faut également souligner le rôle déterminant du Colonel Wais Omar  Bogoreh, dont le soutien constant a permis aux athlètes d’évoluer dans de bonnes conditions et de franchir un nouveau palier.

Bourhan Abdirazak s’est une nouvelle fois illustré cette saison. Comment la Fédération accompagne-t-elle les meilleurs talents ?Notre mission consiste à offrir aux meilleurs joueurs un accompagnement technique permanent. Nous organisons des stages de perfectionnement, assurons un suivi individualisé et facilitons, lorsque nos moyens le permettent, leur participation aux compétitions nationales et internationales. Le travail remarquable de nos entraîneurs bénévoles, régulièrement formés, contribue également à maintenir un niveau de performance élevé.

Comment analysez-vous les progrès du tennis de table féminin, notamment après le sacre de Saredo Mahamoud ?

Cette victoire illustre parfaitement les progrès réalisés par le tennis de table féminin à Djibouti. Depuis plusieurs années, la Fédération mène une politique volontariste pour encourager les jeunes filles à pratiquer cette discipline. Aujourd’hui, les résultats obtenus confirment la pertinence de cette stratégie. Nous sommes fiers d’être l’une des fédérations qui investit le plus dans l’accompagnement des sportives, aussi bien sur le plan technique que personnel.

Quels sont les mécanismes mis en place pour détecter les jeunes talents ?

La détection constitue l’une de nos priorités. Nous organisons régulièrement des séances d’initiation dans les Centres de Développement Communautaire (CDC) afin de repérer les jeunes les plus prometteurs. Ils sont ensuite orientés vers les clubs affiliés ou vers l’École de Ping-Pong de la Fédération, où ils bénéficient d’un encadrement spécialisé et de deux entraînements hebdomadaires.

Comment accompagnez-vous les joueurs de deuxième division afin de les préparer à intégrer l’élite ?

Nous considérons ces jeunes comme les futurs représentants du tennis de table djiboutien. Ils bénéficient d’un suivi technique adapté, participent à des stages de perfectionnement et disputent régulièrement des compétitions pour accélérer leur progression. Nous leur donnons également l’opportunité de travailler avec les meilleurs entraîneurs de la Fédération ainsi qu’avec des experts internationaux lors de stages spécialisés.

Quels sont aujourd’hui les principaux défis de la formation des entraîneurs ?

Le développement de nos ressources humaines reste un enjeu majeur. Nous avons besoin de davantage de formations spécialisées, d’outils pédagogiques modernes et surtout d’une salle répondant aux normes internationales. Ces éléments sont indispensables pour améliorer durablement la qualité de l’encadrement.

Quel est l’apport des institutions publiques et des partenaires privés dans le développement du tennis de table ?

Leur soutien est essentiel au fonctionnement de notre Fédération. Grâce à leur accompagnement financier et institutionnel, nous pouvons organiser nos compétitions et poursuivre nos actions de développement. Je tiens notamment à remercier Madame Fatouma Ali Abdallah, Secrétaire d’État chargée des Sports, pour son engagement en faveur des fédérations sportives, ainsi que Madame Aïcha Garad, présidente du Comité National Olympique et Sportif Djiboutien, dont l’implication contribue depuis plusieurs années aux progrès du tennis de table national.

Comment se déroule votre collaboration avec le Secrétariat d’État chargé des Sports ?

Nous entretenons une collaboration étroite autour de plusieurs axes ; l’organisation des compétitions nationales, la préparation des équipes nationales et la promotion du tennis de table auprès des jeunes. Ce partenariat nous permet d’offrir un calendrier sportif régulier et de créer davantage d’opportunités pour les pratiquants.

Quels sont vos projets pour accroître la visibilité du tennis de table ?

Notre ambition est de mieux faire connaître notre discipline auprès du grand public. Nous souhaitons renforcer notre présence sur les réseaux sociaux, développer la couverture médiatique de nos événements et multiplier les démonstrations dans les espaces publics. À plus long terme, notre grand projet est la construction d’un complexe dédié au tennis de table, capable d’accueillir les compétitions nationales et internationales dans des conditions optimales.

Quels sont vos objectifs pour la saison 2026-2027 et votre vision pour les cinq prochaines années ?

Nous souhaitons poursuivre notre développement en augmentant le nombre de licenciés, en renforçant la formation des jeunes et des encadreurs, et en améliorant les performances de nos équipes sur la scène africaine. Nous sommes particulièrement fiers de voir trois pongistes djiboutiens évoluer aujourd’hui dans des clubs français, preuve que notre politique de formation porte ses fruits. À moyen terme, notre ambition est de faire de Djibouti une référence du tennis de table en Afrique de l’Est.

Souhaitez-vous développer davantage de compétitions régionales et internationales ?

C’est une priorité pour la Fédération. Après le succès de la compétition régionale organisée en 2022, nous souhaitons accueillir davantage de tournois internationaux à Djibouti et offrir à nos joueurs plus d’opportunités de se confronter au haut niveau.

Notre position de leader en Afrique de l’Est constitue un véritable atout.

Sous la présidence de Mahamoud Oumar à la tête de la Fédération régionale pour un mandat de quatre ans, Djibouti dispose aujourd’hui d’une place stratégique pour impulser le développement du tennis de table dans toute la sous-région.

Propos recueillis par Souber Hassan